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mardi 24 mai 2011

N’importe quoi

Mardi 24 Mai

J'ai bien réfléchi, en fait non peut être pas tant que ça, mais ça n'a pas pas beaucoup d'importance. Donc pourquoi n'importe quoi, cela aurait pu être"100 Milles", "Hudson, en direct du Pacifique, fin des émissions" que sait je ? Et bien c'est "N'importe quoi", en vrac mes dernières impressions. Grosse Fatigue, grosse n'exagérons rien, fatigue quand même un peu, mon épaule ne me lâche guère et le temps non plus. Le temps, rien de très grave finalement, mais ça nous nous en rendons compte après. Cette nuit, 1h du mat., tout le monde dort, un gros nuage, pas facile à estimer de nuit, le vent rentre, 18 noeuds, 20 noeuds, 24, 26, bon, il faut que cela cesse, je suis avec le léger et la grand voile haute, 27 ... ouf ça redescend; et la pluie, zut, à peine à une journée de Tahiti, toujours haut et bas de ciré, c'est quoi ces conneries ... J'ai fait quelques photos de jour, je vous montrerai, mais, il faut savoir que le vent monte, monte, monte, tourne, tourne, avant hier GV à contre, encore de nuit, tout le monde dormait, j'ai tout affalé, 2 heures au moteur avant que cela revienne à la normale. De 2 à 4 ça se calme, je recommence à 7h, rebelote. Tout bien pesé, rien de grave mais le grib ne nous annonçait que du bonheur, j'ai connu pire, mais bon si près de l'arrivée, j'aurai aimé un moment de calme et de sérénité. C'est vrai quoi, ça fait maintenant 80 jours, 80 jours que j'ai quitté Canet ... et finalement la fatigue s'accumule, d'autant plus que Murphy ne nous lâche pas, je pique un roupillon (d'aucun vous dirons que c'est mon obsession) de 10 à 12, à 12h, midi, je me réveille, j'ai faim ... un coup d'oeil sous les bancs du carré, j'ai envie d'un riz nouveau, dans les réserves, il y a du Siam, du Louisiane que sais je ? Juste envie de changer du Basmati. Ah oui j'oubliais de vous dire, hier, chasse à l'espadon, raté, mais quand même une belle daurade, 125 cm ... je ne peux pas les peser ... Donc que faire avec la daurade. Je me perd, je vous ai prévenu, "N'importe quoi" ... Donc coup d'oeil sous les bancs du carré. Zut, j'aurai du m'abstenir, sous les bancs du carré, il y a des bacs, dans ces bacs, Riz, céréales, nouilles, semoules, purée et, et ... flotte ... le tout baigne dans 2 cm d'eau, commence tout juste à moisir, tout est foutu, pas grave nous sommes arrivé, mais bon, il faut nettoyer, moi qui partait faire le déjeuner ... Merci Murphy ... Et sinon quoi d'autre, non c'est vrai ça, "N'importe quoi", nous on veut des nouvelles sérieuses, et bien, nous arrivons, un peu de mal à réaliser, encore une nuit, celle là, quoiqu'il arrive, je m'en fout je réduit, je ne veux plus le moindre ennui, demain, escale à Mooréa. Nettoyage du bateau, rangement, et puis j'espère que mes deux petits jeunes iront se balader un peu, moi, je connais, si le bateau est rangé, je dors ... Demain, en heure locale, je suis perdu, TU - 10, 12 heures de moins qu'en France, donc demain, Mardi, Mercredi Papeete, les papiers, les billets et retour en France ... j'ai l'air pressé, ben oui un peu, j'aimerai bien passer un peu de temps en famille avant Yang Tsé ... et puis d'un autre coté ... le Pacifique ... si je pouvais ... et non, je ne peux pas. Donc d'ici 24 heures attendez vous à ce que les portables chauffent un peu et d'ici là ... en direct du Pacifique ; 00h54 TU, Mooréa à exactement 100 milles, 9 980 milles depuis le départ Hudson, fin des émissions et à bientôt pour de nouvelles aventures ...
CM

dimanche 22 mai 2011

Vent d’Ouest ?

Dimanche 22 Mai

Peut être notre dernier message, Hudson est encore en mer, mais plus pour très longtemps ... du moins j'espère. 330 Milles à parcourir, avec du vent d'Est, de l'alizé, moins de deux jours. Mais, et c'est pourquoi je me connecte, pour l'Alizé, on reviendra. Au départ des Marquises, un grib prometteur, cette dernière ballade devait reprendre des allures de TGV, et bien c'est raté. Nous avons quitté avec regrets, du moins je l'espère pour mes petits jeunes car j'espère bien que cela leur a plus. je leur laisse le soin de vous raconter "leurs" Marquises. Donc nous avons quitté Atuona jeudi dernier, dans la matinée pour nous, ensuite une petite escale à Tahuata, dans la baie de Hanamoena. Pour ceux qui ne connaissent pas, quand on peut y mouiller, pas toujours, c'est une des deux seules plages de sable blanc des Marquises, parait'il, c'est assez beau je dois le dire, et mes deux jeunes sont des veinards. A l'entrée du mouillage 2 belles raies Mantas, nous mouillons et plusieurs raies tournent encore autour du bateau, évidemment à l'eau, et du coup ils ont pu voir les raies qu'ils ne verront pas à Tikehau. Un seul défaut, le mouillage commence a être bien connu, 14 bateaux avec nous, on se croirait presque aux Lavezzi en Août, moins les Jets Skis ... Tikehau ? Jean François n'y sera pas, du coup je taille la route directement, Mooréa, pour ranger et nettoyer le bateau avant d'en finir au Quai des Douanes de Papeete. Tout a une fin, et je préfère ne pas trop trainer, après le vent d'Ouest "Hudson", le vent d'Est "Yang Tse", le prochain bateau, il attend à La Rochelle pour une transat. Ah oui, ce vent d'Ouest. Et bien après une trentaine d'heures à un bon 8 noeuds de moyenne, le vent commence à tomber, l'occasion de faire un coup double, 2 jolis thons jaunes, encore de la chance, nous nous étions contenté de bonites, enfin des thons, ne reste plus que l'espadon. A croire que Neptune veut que nous l'attrapions, une nuit, assez désagréable je dois dire, gros grains, vent dans tous les sens, et fin du film, vent d'ouest, dans ce coin, à cette époque !!! Et puis 5 heure ce matin, brrrrrroummmmm, moteur ... Donc une petite incertitude sur ces derniers milles, d'autant plus qu'au vu du Grib, je n'ai pris que 2 bidons de fuel à Atuona, je suis un peu juste pour tout faire au moteur, mais, je vous laisse, le vent rentre. Et bien évidemment tout le monde embrasse tout le monde, à bientôt, le 25, sans doute à Moorea.
CM

dimanche 15 mai 2011

300 Milles

Et bien c'est ce que je craignais, le vent nous lâche, il ne reste plus "que" 300 milles, 288 exactement, trois fois rien avec un peu de vent, la galère dans la pétole. Et rien à faire, le vent devrait revenir le 17, si il ne nous avait pas lâché, nous y serions déjà, d'ici le 17 je m'attend au pire. Le bateau commence à fatiguer un peu, il y a deux nuits nous avons cassé notre premier élément d'accastillage, le pontet de la retenue de bôme à fini par lâcher, un joli trou dans le pont. Bon pas très grave, il ne pleut pas et j'ai bricolé une retenue avec la cadène ça marche aussi bien. La cadène d'étai du génois léger commence aussi à faire la gueule, elle est ... grise ... grise de la poussière d'aluminium accumulée depuis, depuis pas mal de milles en fait. En plus le Pacifique se la joue Méditerranée, un petit clapot désagréable de travers qui secoue le bateau pour pas grand chose. Quand est ce qu'on arrive ? Vous connaissez l'histoire, sur l'autoroute, les gamins après 2 heures de route. Et bien moi mes petits jeunes ... je sens la tension monter, il faut qu'on arrive ... Et bien les enfants, pas demain, après demain ? après après demain ? Et oui, ce n'est pas dans 1/4 d'heure, 1/2 heure, 1 heure, nous comptons encore en jours, en jours de 24 heures. Vincent a fait un petit calcul, Antoine, encore un peu terrien se demandait, grosso modo, Tahiti, en voiture, 10 000 milles, 18 000 kilomètres ce n'est pas sorcier, Oui mais si tu le rapporte en temps, ça c'est moi ... Et Vincent fait le calcul : tu as fait 225 000 km en voiture, à 100 km/h de moyenne pendant ces 3 mois. Je vous laisse vérifier, mais bon, c'est à peu près ça, et bien, bon an mal an, la voiture fatigue et les chauffeurs un peu aussi. Allez arrêtons de nous plaindre, les tchèques ou les polonais prendrons le boulot sinon ... et oui encore une grosse bonite ce matin, zut encore une bonite, je veux un thon ... ou une vache. Prochaines nouvelles, et bien sans doute des Marquises, le 17 ? Il doit y avoir du WIFI et du téléphone portable, attention, c'est cher, très cher et d'ici là et bien tout le monde embrasse tout le monde
CM

Pos : le 11 : 07 35 35 S - 123 53 23 W, le 12 : 08 18 09 S - 126 33 97, le 13 : 08 50 56 S - 129 37 23 W, le 14 : 09 18 41 S - 132 50 68 W

lundi 9 mai 2011

Vavavoum

Samedi, Dimanche & Lundi, 7,8 & 9 Mai

Je vous avais laissé sur une belle série, série en cours et bien effectivement la série continue, et elle continue bien. Je crois que je n'avais jamais été aussi vite, aussi longtemps depuis que j'avais arrêté de faire des courses : le 7 : 220 milles et ensuite, 239 & 238, 1 116 milles en 5 jours, 4 jours et demi pour 1 000 milles. Bon c'est pas Groupama, mais pour un cata de croisière, somme toute assez confortable, pas mal non ... et la série est toujours en cours, puisque le vent est de la partie. Le Pacifique commence à ressembler à sa légende, n'exagérons rien, ce ne sont ni les 40ième rugissants, ni les 50ième hurlants, nous pourrions parler de 10ième "Soufflants". Le vent bien établi au Sud Est, la houle qui a pris de l'ampleur, l'océan respire enfin ... et, c'est ce que j'avais dit à Vincent : "Tu vas voir, le Pacifique, on touche l'alizé, 18,20 noeuds, on se cale à 110, 120° et vavavoum, 180 milles par jour" En fait, un peu plus de vent, 20/22 noeuds, nous sommes maintenant avec Génois lourd et GV à 1 ris, bien calé, et c'est presque 240 milles par jour, pour peu que le courant y mette du sien. Encore le courant, mais comment fait t'il pour savoir si il y a du courant ? Ben c'est simple, nous avons SPD & SOG, autrement dit Speed, vitesse sur l'eau, une roue qui tourne dans l'eau et SOG speed on ground, ça c'est le GPS. En principe on profite d'un endroit sans courant pour étalonner SPD = SOG et ensuite si SPD est plus grand que SOG, c'est que le courant est contre nous. Il n'est plus contre nous, mais très proche de 0. Dans ce coin, nous devrions avoir du courant équatorial favorable, un bon noeud, soit 24 milles par jour, alors 260 milles ? Ne rêvons pas, je dois prendre un grib, mais en principe le vent tombe un peu demain et adonne sur la fin de parcours, si il adonne, fini, nous ne sommes plus calé, on ne joue plus avec le vent vitesse et sans spi, on devrait ralentir, on va voir. Un peu de repos ne serait pas mal non plus, nous sommes quand même un peu en mode guerre des tranchées, hublots et capots fermés, une ou deux inondations suite à quelques oublis, reste encore les fuites. Quart de nuit, souvent à la barre, ciré obligatoire, sinon douche garantie, avec ce radeau de survie trop bas, il écope gentiment chaque grosse vague et c'est la douche au poste de barre, j'espère juste que nous n'allons pas le perdre ... ça cogne pas mal aussi, on pourrait sans doute aller plus vite en larguant le ris, mais là je ne garantie plus l'intégrité des emménagements, ils vont s'envoler ... Et sinon quoi d'autres, et bien rien, toujours le désert, même plus de calamars, nous avons arrêté de pécher et seuls quelques dauphins viennent nous rendre visite, et encore subrepticement et toujours de nuit. Oh la la, vivement les Marquises ! Quand ça ? 1 200 milles, moins de 6 jours ? On peut rêver ... Le 16 serait pas mal déjà, l'équipage va t'il survivre à tant de tension, le capitaine a t'il encore assez de cigarettes ?
CM

Pos le 7 : 05 03 74 S - 110 03 41 W, le 8 : 05 47 76 S - 113 59 06 W, le 9 : 06 35 62 S - 117 53 91 W

samedi 7 mai 2011

210

Mercredi, Jeudi & Vendredi 4,5 & 6 Mai

210, 209, 163,166 & 198, ce sont les milles parcourus depuis les Galapagos. 210 au 250, 209 au 251, 163 au 251, en plus nous sommes pile sur la route. Moi qui craignait quelques calmes après les Galapagos, du calme à 160 milles par jour et bien je suis preneur. Et puis ça y est, le mur des 200 milles allègrement franchi, et encore sans le courant, pour peu que le courant y mette du sien, tiens c'est vrai ça depuis le départ presque toujours contre le courant, disons 80% du temps, bizarre, bizarre. En tous cas depuis 2 jours, Hudson est passé en mode TGV et ses coques tracent 2 profonds sillons, comme 2 rails argentés qui se perdent dans la nuit et dans l'immensité du Pacifique. Et chaque nuit, des nuits noires en ce moment, le ciel est souvent couvert, pas d'étoiles, pas de lune, quelques grains, quelques gouttes de pluies et derrière nous un sillage incandescent qui brille des éclats du plancton dérangés par nos étraves. De part et d'autres jaillissent comme des traits de lumières de nombreux calamars et plus inquiétants, de longues trainées approchent de nous, en fait quelques dauphins qui viennent voir ce que c'est que cet engin perturbateur. De jours, c'est moins impressionnant, plus de phosphorescence et surtout le désert, cette fois ci, c'est grève, à part les poissons volants, 2 daurades ont finies dans l'assiette, quelques touches ratées, nous allons un peu vite, mais foin de requins, orques, baleines et autres globicéphales. Une consolation, les calamars, le matin ils remplissent le pont, hier soir de quoi faire un repas complet, un super risotto préparé par Vincent, je m'étais tapé l'épluchage, un peu fastidieux mais ça vaut le coup d'autant plus que mes deux jeunes sont friands de Chipirones ... Petite, grosse interruption, Vincent a fini le repas, encore de la daurade, christophine, carotte et aubergine, euh non courgette, donc super repas, je me suis régalé et, et ... encore une daurade. Je vais donc essayer de conclure rapidement, il faut aller la découper. Donc, et bien, du vent, encore du vent, le grib est pas mal pour les 3 jours à venir, il va peut être falloir que nous manoeuvrions un peu, 1 ris ? Pour l'instant, c'est génois léger, GV à 110° du vent, vent qui souffle entre, allez disons 15 et 22 noeuds. Cela pourrait forcir un peu, quoiqu'il arrive sans doute encore 3/4 jours à cette vitesse. Il nous reste au moment ou j'écris ces lignes, TU - 7 ici, 9 heures de décalage avec la France, quand je fais le point de 12h TU, il fait maintenant nuit noire, donc il nous reste 1 860 milles avant les marquises, 4 jours, allez 800 milles, 1 000 milles ensuite, 5 jours ? Disons 7, 11 à 12 jours grand maximum, donc le 18, le 16 au plus tôt. Encore un peu d'eau douce, le bricolage du groupe tiens encore, pour charger les batteries, c'est moteur, je fais donc encore un peu attention à notre niveau de fuel, c'est pas encore 100% gagné, il faut encore entretenir un peu de suspens, mais bon, j'ai connu des situations plus difficiles ... Et puis quelques nouvelles, j'ai cru comprendre que Ben était tombé sur un os, que Marine passe au second tour, tiens c'est les sondages qui font les élections ? Plus la peine d'aller voter ... Bon, je reste en mer ... Il faut peut être que je songe à des "nouvelles du Pacifique", pas encore d'humeur ... et si, une dernière chose, il semble vraiment que nous soyons loin de tout, loin des satellites aussi, j'ai eu beaucoup de mal a établir une connexion aujourd'hui, donc pour la suite je ne vous promet rien, mais ne vous inquiétez pas, si pas de nouvelles, bonne nouvelle, ou plutôt, panne ou grosse flemme. Comme d'habitude, tout le monde embrasse tout le monde, et soyez sur que nous pensons très fort à vous.
CM

Pos : le 4 : 02 59 60 S - 99 36 07 W, le 5 : 03 39 69 S - 103 01 24 W, le 6 : 04 20 75 S - 106 27 40 W

samedi 23 avril 2011

Quelques Images

Allez très vite quelques images.


D'abord le coup de vent, 50 noeuds à l'anémomètre, pendant 3 heures nous avons eu 50 noeuds établis avec une rafale à 60 noeuds. Un petit film, avec 50 noeuds, c'est pas tous les jours quand même.


Quelques poissons, Yannick avec une belle daurade et surtout le thazard, au cas où vous ne m'auriez pas cru ... C'est mon plus gros, et Vincent n'est pas peu fier ... il y a de quoi, il s'est bien battu.



Attente

Arrivée à Panama Lundi matin très tôt, 1 heure locale, une mauvaise surprise nous attend. Il y la queue devant le canal ... et avec la semaine sainte cela se gâte encore, personne, ou tout du moins pas grand monde ne travaille, même la free zone ferme. Les bateaux qui attendent à Shelter Bay, attendent depuis une semaine, deux semaines, voir trois ... Rendez vous avec l'agent dès le matin, le lendemain 10 heure, le "mesurer", pour l'instant tout va bien et Mercredi matin, nos amarres, nos pneus sont à bord, mais mauvaise nouvelle : passage : pas avant le 5 Mai, ouille ... A moins de s'offrir un pilote plus gradé, un pilote de gros bateaux. Et bien c'est ce que nous allons faire. En effet la marina est assez chère et finalement 15 jours de plus payent en partie la différence. Un problème, trouver du cash, bon on y arrive et ce matin, enfin la confirmation, nous passons demain ... enfin j'espère, tant que je ne suis pas avec le pilote à bord je me méfie. Nous sommes prêts, les courses sont faites. Vincent et Antoine ont attaqué un grand nettoyage du bateau suivi d'une belle coupe de cheveux, mode GI, normal finalement nous sommes dans l'ancienne base américaine. Je vous laisse, pas très inspiré quand même, cette attente et cette incertitude m'ont enlevé toute verve littéraire, cela devrait revenir dans le Pacifique, j'espère. A bientôt.
CM

jeudi 10 mars 2011

Baptême du feu

Désolé, j'ai un peu tardé à mettre le blog à jour. Au début manque d'inspiration, moteur, monotone, toujours le moteur bâbord qui ratatouille mais pas grand chose à raconter, si juste une visite surprenante un phoque !!! La Méditerranée décidément ne m'inspire pas beaucoup. Et puis comme prévu le vent a fini par tourner et forcir et du coup, j'ai plutôt l'embarras du choix question titre. Cela aurait pu être "Tempête au large d'Almeria", "60 noeuds" (la plus forte rafale), "21 noeuds" (2 pointes à plus de 20 noeuds) ... Reprenons le cour des événements, le vent tourne enfin à la hauteur d'Ibiza et petit à petit forcit, la moyenne accélère, nous sommes lundi en fin d'après midi, le 7. Grand voile et Génois léger en ciseaux, à la tombée de la nuit, nous affalons la GV, M. Butterfly est de retour, les 2 génois en ciseaux, à 21h TU, Solent seul et ça continue de forcir, à minuit le vent est établi à trente noeuds. Pour l'instant pas d'inquiétude, grib nous annonce 30 à 32 noeuds, je m'attend donc à ce que cela forcisse encore, j'ai prévenu, dans les parages du cap Gata nous pourrions avoir des rafales à 45/50 noeuds. 176 miles sur la route, 206 au loch, et oui en plus nous avons le courant dans le nez, la mer se forme, mais elle va rester maniable et nous sommes au portant, plein vent arrière, la calvacade dure, deux pointes à plus de 20 noeuds. La Meteo espagnole, rassurante, "No gale Warning", 5 à 6, ils n'ont sans doute pas les mêmes cartes que nous ... Le vent forcit, la nuit passe la journée et en fin d'après midi, vavavoum, 50 noeuds établit, se ne sont pas que des rafales, les rafales sont à 60. A sec de toile, toujours vent arrière nous faisons encore des descentes de vagues à 10/12 noeuds. De ma petite expérience, cela doit être mon n°3, je n'ai eu que deux fois plus de vent que ça. On essaye de faire films et photos, mais comme d'habitude cela ne rend pas, il faut y être, le bruit, les embruns qui volent et je ne m'appelle pas Conrad pour vois le décrire. Et en plus ça mouille et il fait froid, la mer est noire, le ciel aussi, pas gai cette fois ci la med. La cabine de Benoît est une vrai piscine, le capot fuit et en plus il a sans doute pris froid, le pauvre est malade depuis deux jours, ce n'est pas le mal de mer, une mauvaise crève et avec ce temps ... Et oui, je ne parlais pas de l'équipage, le baptême du feu pour certains, et bien, si je n'en parle pas, c'est que tout va bien, parfaitement bien, les quarts se succèdent, on se réchauffe comme on peut, on se restaure, très correctement, le bateau reste confortable, un sacré bon bateau. Bon je parle en général, en détails nous aurons notre lot d'ennui, j'y reviens.
Et puis tout à une fin, même l'enfer sans doute. D'un seul coup le vent tombe. Ouf c'est fini. Oui , le coup de vent c'est fini, l'enfer pas tout à fait. Nous devons être sous le front, le vent tourne brutalement et passe Ouest/Nord Ouest, une vingtaine de noeuds, évidemment pile dans le nez, au moteur pour adapter la toile, le bâbord cale, je suis à la barre, difficile de tenir le bateau bout au vent, Yannick va purger le circuit et la vis casse, sans doute un défaut et probablement la cause de nos soucis, mais du coup plus de moteur. Et nous allons passer la nuit sous une pluie d'enfer, avec la foudre qui tombe bien près de nous, le feu d'étrave tombe en panne, avec cette visibilité nous ne sommes guère rassurer, mais ouf, Hudson est équipé d'un tricolore en tête de mat. Enfin une bonne nouvelle. La météo aussi : Est 4 à 5, pour l'Est on repassera, mais finalement le vent s'oriente bien Nord et du coup nous progressons facilement vers Gibraltar. Sans la pluie, le brouillard et le clapot désagréable qui suit ces voltes faces du vent, ce serait presque des conditions idéales. Je songe même à prendre une douche, raté, plus d'eau dans ma salle de bain, zut ... Avec toute cette eau les ennuis électriques commencent. Allez c'est une autre histoire. En fin d'après midi nous sommes à Gibraltar, ouf une pause dans ce monde de brutes, on va pouvoir penser nos plaies, je pense que nous allons ensuite tailler directement la route vers la Martinique, deux dépression nous barrent la route des Canaries. Et puis un petit coup de blues, Benoît renonce, moi qui voulait lui faire connaitre les mers du sud, raté. Bon je le comprend, il n'a pas vraiment été bien et à priori on ne va pas avoir beau temps tout de suite, tout de suite ... Il va me manquer, un grand merci à lui et à tout l'équipage qui a plus que vaillamment supporté cette épreuve, j'ai même l'impression que cela va leur faire un gros souvenir.
Et ce sera la conclusion de ce post un peu long, j'espère aussi la conclusion de la med, pour cette fois en tout cas. Je vous dit à très bientôt et ce sera des nouvelles de l'Atlantique.

Christophe

Le rocher

Escale à Southampton, euh non pardon Gibraltar

dimanche 6 mars 2011

Test Iridium

Un titre technique ? Pas très romantique n'est ce pas ? Cela aurait pu être aussi "Test Blog". Juste avant de partir, je me suis aperçu que mon blog ne marchais plus, à priori c'est réglé et si effectivement vous lisez ce message c'est que tout est réglé, ma connexion iridium et mon blog. C'est un peu comme "Hudson" d'ailleurs, tout va finir par être réglé. Le moteur Babord ratatouille, calé 2 fois, un peu de bricolage, cela semble OK maintenant. Tiens et puisque l'on parle moteur, un intermède technique, c'est effectivement beaucoup mieux qu'avant : un test pleine vitesse, 10 noeuds, 10 noeuds 5, 3 100 tours à bâbord, 3 000 à tribord; 5,5 noeuds sur un moteur, c'est presque 400 tours de mieux qu'avec l'ancienne version. Sinon, une fuite d'eau circuit d'eau douce bâbord, juste après le filtre, un coup de scotch électrique, on fera mieux à la prochaine escale, rien de grave. A nouveau l'alternateur Bâbord, comme sur Vostok, il ne charge pas le circuit principal, c'est peut êtr
e voulu, étonnant quand même. Allez j'arrête avec la technique, un peu de météo, et là le titre cela aurait pu être "Chat Noir", c'est vrai depuis que nous sommes arrivés à Canet, pas trop de chance quand même, enfin nous partons, d'aucuns nous disent qu'il y a encore un peu de tram, vent de Nord, portant, et bien non c'est raté, vent de Sud dans le nez, ensuite passé le Cap Creus, quand on met un peut d'ouest dans la route vent ... Sud Est, toujours dans le nez. Remarquez quand je parle de vent, une très grosse rafale à 14 noeuds, quelques bourrasques terrifiantes à 12 et le reste, tempête de risées à 5 noeuds, donc moteur, moteur, et moteur, déjà plus de 24 heures. Allez encore une journée comme ça, ce qui laisse le temps à tout le monde de prendre ses marques, de s'installer un peu. Cuisine aussi, j'ai tenté les pommes de terres aux oignons à la cocotte, Sylvie, j'ai du oublier quelques choses, ce n'était pas vraiment comme à la maison, il faut que tu me renvoie la recette précise ... Allez je vous laisse, je teste l'envoi, je vous dis à très bientôt et comme d'habitude tout le monde embrasse tout le monde.
CM

Pos le 6/03 à 12 h GMT : 40 54 72 N - 2° 18 18 E à 9 637 NM de Papeete ...

samedi 5 mars 2011

555


Et bien ça commence bien, c'est quoi ce titre, un premier 5, 5 Mars, facile, ensuite les deux suivant, je vous laisse deviner. Et puis le 5 c'est un peu mon chiffre porte bonheur, alors j'espère que cela va nous porter bonheur, vous le savez bien, les marins sont à peine superstitieux. Et voilà, après presque une semaine à Canet, quelques rebondissements, imprévus et autres grosses averses, quelques rencontres sympathiques et l'aide de toute l'équipe du chantier nous voilà près, un complément de fuel et c'est parti. Je reviendrai bien évidemment vous donner des nouvelles, à priori pas trop de vent au début, un peu plus au sud de l'Espagne et une première partie de l'Atlantique qui s'annonce un peu compliquée à négocier. Donc peut être escale à Almerimar ou Gibraltar pour le fuel et une traversée directe jusqu'en Martinique. C'est une hypothèse, on verra dans 4/5 jours.
D'ici là, "Hudson" est maintenant un navire en mer et je salue tous mes amis et fidèles lecteurs et surtout je souhaite un très très bon anniversaire à ma petite, non ma grande Sarah chérie. 
CM

Ps : pour les initiés, pour nous suivre, la balise, le site habituel et la combinaison habituelle.