Affichage des articles dont le libellé est Pacifique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Pacifique. Afficher tous les articles

samedi 26 décembre 2009

Le jour de l’espadon

Vendredi 25 Décembre

Nous en avions rêvé, le père Noël l'a fait, enfin presque. Mickaël depuis des jours, que dis je, des semaines, en avait vraiment très envie, un espadon. Moi aussi je dois dire. Et bien, en ce jour de Noël, nos voeux furent presque exaucés. Je vais vous raconter ça et un petit film vous prouvera que j'exagère à peine. Reprenons dans l'ordre, j'espère que vous avez le temps, je suis en verve et dehors, 30/35 noeuds, de la pluie, génois lourd arisé, quasiment en fuite, pas grand chose de plus à faire. Hier soir, vous vous en doutez, nous avons réveillonné. Nous avons retrouvé Marc et ses jeun's, qui nous proposaient de venir à couple. Un peu trop de vagues à mon goût, Marc et d'accord, nous restons à portée de voix et donc, de conserve, Tchaïkovski et Monteverdi passent la nuit de Noël dans les mers du sud ... Au menu, une entrée un peu frugale, saucisson et pâté, pâté en guise de foie gras, c'est tout ce que j'ai trouvé aux Marquises, le pain, de la main de mon bosco. Marc et son équipage vont faire un sort au foie gras aux figues, cadeau de ses cinquante ans. Ensuite Mickaël nous a préparé des côtelettes d'agneau avec une sauce au caramel, succulent, il faut que je note la recette. Fromage, salade de fruit des Marquises, forcément un régal, mais nous calons. Un coup de chaud, un beau coup de soleil et un coup sur la tête ont eu raison de mon appétit, quant à Mickaël c'est peut être un coup de rhum ... Donc, nous finissons la soirée avec un café, une goutte de vieux rhum et un superbe Cohiba, musique et voilà, un Noël inoubliable. En guise de sapin, les 2 génois en ciseaux, le mât et ses guignols, on s'y croirait. Le doux murmure du sillage et des vaguelettes remplace le crépitement des buches dans l'âtre et pour la décoration, et bien tout simplement le ciel. Une voûte céleste comme tout simplement vous n'en avez jamais vue. Imaginez ce que vous avez déjà vu de plus beau, et bien c'est encore mieux, il faut venir ... Mickaël à peine son cigare fini tombe dans les bras de Morphée et moi je profite de la soirée qui s'éternise.



Le "Sapin de Noël" et le Cohiba pour finir le dîner.
(En prime, coup de soleil et épaule en vrac ...)
Et à suivre le lever du jour, un 25 Décembre en plein Pacifique
Pour la voute céleste, pas moyen de photographier, je vous le dit, il faut y aller ...


La nuit avance et petit à petit le bateau reprend le dessus. Le point de 12h GMT à 3 heures du matin et évidemment loi de Murphy oblige, 4 heure du matin, les premiers grains, le temps se gâte, à 7 heure, un gros grain, je réveille Mickaël, le grain passe, nous mettons la ligne et je vais me coucher. A peine 10 minutes, cccrrrrrr, la ligne part en grand, elle casse, heureusement au niveau du leurre et nous voyons un magnifique voilier de 2 mètres, 2 mètres cinquante sauter derrière nous. Trop gros, tant pis, on remet la ligne à l'eau, je retourne dormir, essayer du moins. Dix minutes encore et c'est reparti. Finalement, rien, Mickaël remonte la ligne pour vérifier et à une quinzaine de mètres derrière le bateau, une nageoire, elle suit notre ligne, une première touche, rien, à nouveau la nageoire et boum, badaboum, c'est parti. Nous avons le temps de rouler les génois, le bateau est arrêté, nous réussissons à freiner la ligne avant qu'elle ne parte complètement, Mickaël s'installe, assis sur la jupe et la bataille commence. Lentement, mètre après mètre nous remontons l'animal, un gros thon, un espadon ? Je penche pour un thon, il ne saute pas, en tout cas pas une daurade. Vingt minutes, une demi heure, ça y est, il est tout prêt, un petit film, c'est un espadon, un mètre 80, deux mètres ? Magnifique, mais maintenant il faut le remonter, une autre paire de manche. Il est maintenant le long du bateau, nous le gaffons, attrapons le rostre, c'est trop lourd et puis il a de grandes nageoires qui nous empêchent de le faire glisser. Allongé à l'arrière, j'arrive à passer un bout derrière sa caudale, sa queue, nous tirons, ça y est presque, une première fois, raté. On recommence, à nouveau le long du bateau, à nouveau le bout, et c'est là que j'ai fait une erreur, j'aurai dû demander à Mickael un second bout. Je tire, le corps du poisson est sur la jupe, mais je n'ai qu'une boucle, je n'ai pas pu faire de noeud. Un second bout avec un noeud et c'était bon, je n'y ai pas pensé. Evidemment il se débat, sans ce noeud, la corde finit par glisser et cette fois-ci la ligne casse. Raté ... mais quelle bataille, quelques bleus d'ailleurs, encore un souvenir, une histoire à raconter.

La video, si si, c'est bien un espadon,





Un petit mot sur Tchaiko, ils sont toujours à coté de nous, Marc hésite à s'arrêter à Ahé, ils en ont très envie, mais avec ce temps. Moi, je ne m'arrête pas mais je me connecte pour prendre une météo et leur transmettre les infos, en principe j'aurai un peu attendu, mais c'est Noël, il pourra choisir en connaissance de cause et comme ça vous recevrez ce post.

Mickaël est maintenant plein de souvenirs, la traversée du Pacifique, les Marquises, le combat, j'avais oublié, il est aussi monté dans le mat, nous avions cassé une manille de drisse de génois, il fallait descendre cette drisse, je crois qu'il est au bord du gouffre, la tête pleine, gros coup de barre, après avoir attaqué le nettoyage du four, un nouveau grain, 30/35 noeuds, c'est celui dont je vous ai parlé au début, un des plus gros que nous ayons eu. Trop d'émotions, il s'écroule, un Noël comme ça, il n'est pas prêt d'oublier. Et puis moi, un peu plus blindé peut être, mais quand même ... Allez, j'arrête de vous ennuyer avec ma littérature, mais c'est vrai que j'aurai aimé partager ça avec vous (du coup j'écris trop), que ma petite famille me manque, que j'espère que les enfants ont appréciés leurs cadeaux. Je vous dit à très bientôt.
CM

Pos : 13º03.32'S - 144º07.62'W

jeudi 24 décembre 2009

Départ retardé

Mercredi 23 et Jeudi 24 Décembre

Et oui, le départ des Marquises fut plus difficile que prévu. Une excuse, alors que nous étions justement sur le départ, un appel VHF :

Satie : "J'arrive, je suis à 4 milles de l'entrée".

Bon, Marc et moi sommes d'accord, nous l'attendons. Les 4 milles durent un peu, le mouillage, le récit des aventures. Satie a eu des problèmes de lattes comme nous, mais en prime ces ennuis ont provoqué une déchirure de la grand voile. Pas très grave, mais qui l'empêche de naviguer sans 2 ris. Sinon, tout va bien. Le temps passe et puis nous décidons d'organiser un dîner tous ensemble, après tout, nous allons passer Noël en mer et ils nous faut rejoindre Papeete assez vite. Marc et moi, nous avons du frais, nous apportons la viande, les légumes, les fruits. Claudine, Clothilde et Michel, l'équipage de Satie découvrent les pamplemousses des Marquises et nous accueille à leur bord.

Le lendemain matin, je crois que Marc doit retourner en ville et Mickaël n'arrive pas à s'arracher. Il a un truc à finir, un souvenir, il veut encore trouver quelques fruits, et, et, ben il a pas envie de partir. Question fruits, Mickaël les adore, et là il faut dire qu'il est gâté. Le pamplemousse est tout simplement inimitable, une fois que vous avez goûté le pamplemousse des Marquises, les autres ... Je ne suis pas loin de penser que pour les mangues c'est un peu pareil. Les avocats, ils sont petits, sauvages, délicieux et Jean a découvert ce que pouvait être un avocatier aux Marquises, il s'attendait à un arbuste de deux, trois mètre, il est tombé sur un "baobab". Citrons verts, papayes, ananas et bananes viennent compléter l'avitaillement, nous ne manquerons pas de fruit d'ici à Papeete. Pour les légumes un petit maraîcher fournit tomates, aubergines, choux, tout va bien quoi.
Et finalement en fin de matinée, on y arrive, Marc part le premier, Mickaël est encore à terre, décidément il a du mal à s'arracher. Et un peu de mal ensuite à arracher l'ancre du second mouillage : "Allez tire Mickaël, tu peux le faire". Il finit par le faire. Nous retrouvons Marc devant Tahuata : "Un petit détour par la plage d'Hanamoeane", c'est pas loin, la plus belle plage des Marquises. Marc et moi nous la connaissons, pas les petits jeunes, allez on y va. Un tout petit détour, avec ce vent de Nord Ouest le mouillage est impraticable, la plage toujours aussi belle, mais le temps franchement pluvieux n'incite pas à la baignade.


Bon les jeunes vous avez vu, quelques photos, Jean pique une tête, 3 minutes dans l'eau et c'est parti, nous quittons les Marquises. Cap vers les Tuamotus si le temps le permet, sinon, directement Mooréa ou Papeete. Nous prendrons les instructions en route.

Pour aujourd'hui, le titre aurait pu être "Le jour des monstres". Encore une histoire de pêche, j'espère juste que demain ce ne sera pas "Dinde aux Marrons". Nous l'attendons la dinde. Une Dinde coryphéne, Dinde thazard ou même une petite Dinde bonite. Nous n'avons pas trouvé de volaille digne de ce nom aux Marquises, si nous ne péchons pas et bien ce sera quelques petites côtelettes d'agneau, remarquez c'est mieux que des boites ... Donc les lignes sont à l'eau, un massacre ... de ligne. Les 2 plus impressionnantes : le moulinet part, crrrrrrrrrrr, la ligne défile, je met le frein, j'essaye, il ne reste plus que 2/3 mètre de fil et paf, cassé. Le moulinet est brûlant, jamais vu ça. Bon pas cassé comme l'autre. Dans la soirée, une touche sur chaque ligne. Raté. Mickaël remet le petit fil qui sert d'alarme sur la ligne à main et d'un seul coup, un grand paf, il a rien vu, moi non plus, la ligne est partie instantanément, l'amortisseur avec, le fil, et celui là c'est du gros, cassé net. Mickael se remet doucement, un petit rhum pour passer une grande frayeur, il a encore tous ses doigts ... A force de voir partir les lignes et bien nous n'avons presque plus de fil : un moulinet et peut être une ligne à main, pas plus et pour l'instant, uns seule petite bonite qui nous fait le repas d'aujourd'hui, mais nous n'aimerions pas être "marrons" demain.

Enfin et surtout en fin de journée nous avons décidé de tailler la route directement vers Moorea. Une météo très moyenne, bon on ne va pas se plaindre, il fait plus chaud qu'en France, mais j'ai encore pu constater que ma veste de quart était poreuse, un nouveau grain énorme, de la pluie, de la pluie pendant deux heures, nous avons d'ailleurs perdu de vue Tchaiko sous ce grain. Nous risquons de devoir urger en permanence si nous allons à Tikeau et mes amis n'y serons pas. On se retrouve donc tranquillement à Papeete ou nous devrions passer le 1er de l'an. Une chose est certaine, ce sera Noël en mer. Une première pour moi et bien sur pour Mickaël.
Noël c'est dans quelques heures, à peine en France, 11 heures après pour nous, alors bien sur, nous vous souhaitons tous un très joyeux Noël et moi évidemment j'embrasse très très fort ma petite famille.

Joyeux Noël

CM

Pos : le 23, 12h GMT : 10º30.21'S - 140º18.99'W
le 24 : 11º41.22'S - 142º22.36'W

lundi 21 décembre 2009

Départ Marquises

Les formalités sont faites, l'avitaillement aussi, encore deux trois détails à régler, finir de remonter les boitiers de latte entre autres (pourvu que cela tienne) et nous repartons. Nous devons livrer les bateaux avant le 31 à Papeete, on va essayer, la météo est moyenne. Rien d'insurmontable, mais nous allons quand même faire attention, du nord ouest ??? Avec des rafales 35/40 noeuds, donc "tranquille", on va éviter de casser si près du but. Escale rapide aux Tuamotus si le temps le permet, avec ce vent de Nord/Nord Ouest, plein de mouillages sont devenus impraticables (Fatu Hiva, Tahuata) et certaines passes risquent d'être difficile. On va voir. Pas de nouvelles de Satie au moment ou j'écris ces lignes. Nous repartons donc Marc et moi pour une dernière étape, semi montagneuse ... 600 milles jusqu'aux Tuamotus, 800 jusqu'à Tahiti. A très bientôt, dans deux ou trois jours, sans doute une connexion pour un point météo.
CM

vendredi 18 décembre 2009

Retard

Jeudi 17, Vendredi 18 Décembre

Je vous avez laissé en espérant ne plus me connecter avant les Marquises. C'est raté, une dernière connexion, un peu pour la forme il est vrai, disons plutôt pour le confort. On va essayer d'optimiser notre atterrissage aux Marquises. Prévu au petit jour le 19, Samedi. Au petit jour pour nous c'est donc 5/6h locale, donc vers 15h en France. Le vent effectivement nous a fait faux bond, une petite bulle, juste sur notre route, 400 milles avant l'arrivée, ça me rappelle quelque chose, Lorient St Barth, il y a longtemps, longtemps ... Et vous pouvez regarder sur les Pilots Charts la probabilité de calme à cet endroit, à cette époque, 0, 1%, à non il y a une petite zone à 2%, ça doit être ça. Encore mieux, pour le 19 au matin (la nuit pour nous), c'est un peu pour ça que je me connecte car j'ai du mal à y croire, Mr Grib annonce 10/12 noeuds d'Ouest/Nord Ouest. 10/12 Noeuds grib, c'est du vent, peut être un peu trop pour notre GV rafistolée, donc je vais faire attention, mais de l'Ouest/Nord Ouest alors là ??? C'est bientôt Noël, non ? Je fonce prendre un ticket de Loto ...
D'autant plus, un vrai coup de chance cette fois ci, disons de la chance dans nos petits soucis. Nous avions perdu un axe de coulisseau de GV. Tombé du mat, je ne faisais pas trop d'illusion, j'avais trouvé une rondelle rescapée, déjà étonnant, mais l'axe. Et bien, finalement il s'était glissé sous un capot et c'est en vérifiant le niveau d'essence que j'ai mis la main dessus. Du coup, si je trouve une perceuse et quelques vis à Atuona, j'espère remettre complètement en état la GV.
A part ça, pas grand chose, la mer est plate, les poissons ont disparu, Mickaël, je le sent, commence à trouver le temps long. La risée Yanmar, à nouveau, deviens la risée Y'en a marre. Moi je ne plains pas trop, au départ (de Panama), l'ETA était pour le 22, puis petit à petit nous avons grignoté, jusqu'à ce que le 20 devienne une certitude, puis le 19. Le 19, avec l'aide de "Y'en a marre" on va y être. 23 jours pour traverser, la dernière fois, il est vrai nous avions ralenti sur la fin, 25 jours. Finalement des conditions assez exceptionnelles et puis nous ne sommes que deux et encore, 1 et demi. Tchaiko ne doit plus être loin lui. Je ne pense pas qu'il soit déjà arrivé, peut être à portée de portable, dans ce cas vous avez déjà des nouvelles et sinon ça ne va pas tarder. Et puis je profite de ces moments plus calmes pour reposer mon épaule, pour lire. Je rattrape mon retard, j'ai avalé 2 Vargas, un bon, un moins bon. J'attaque un PD James, quart d'heure "polars". Et puis surtout je profite de ces dernières nuits. Nous avons eu un temps couvert une bonne partie de la traversée. Cette fois çi, un ciel ... un tout petit quartier de lune qui se couche juste après le soleil, sur la même photo : Le soleil, la lune et Jupiter, demain Mercure devrait s'y mettre aussi. Et puis Orion apparaît tout de suite, avec Orion, Sirius, Canopus, je crois que ce sont mes préférées. Canopus qui clignote, Sirius la plus lumineuse des étoiles et Betelgeuse qui a peut être disparue. Deneb que l'on peut voir en même temps, pas très longtemps en début de nuit, je l'aime bien aussi, elle est moins spectaculaire, elle est en fait vraiment très très loin, 3 229 années lumière (Sirius n'est qu'à 8,6 années), mais c'est une étoile gigantesque : 160 000 fois plus lumineuse que le soleil. Elle se trouve dans le Cygne, ça j'ai encore des progrès à faire, le Cygne pour moi c'est un arc. Orion un papillon. La symbolique des constellations reste un mystère et ne me dite pas que vous ne connaissez pas la grande casserolle, la petite casserole et le W de Cassiopée. Ah, et puis j'allais oublier, à l'autre bout de la voie lactée, la croix du sud, celle ci, je me la garde, vous ne pouvez pas la voir, ... Je vous abandonne, le vent se lève, du Nord Ouest justement, 10 noeuds, j'éteins le moteur, génois lourd ? Bientôt si ça forcit encore un peu, pourvu que la grand voile tienne, encore 170 milles. A bientôt, de vive voie j'espère.
CM

Pos : le 17 : 8º30.62'S - 133º43.09'W
le 18 : 9º09.88'S - 136º12.83'W

mercredi 16 décembre 2009

Le choix du titre

Mardi 15 & Mercredi 16 Décembre

Avec le blog, un autre truc, c'est de trouver un titre. Bon encore une fois pas grand chose de bien extraordinaire à raconter. J'avais une première solution, pour suivre l'histoire de la veille, j'espérai titrer "Mickaël, la revanche". Et bien c'est raté, les poissons triomphent, encore 2 lignes de cassées et un troisième, celui-là nous y avons cru quelques petites minutes, et bien c'était pour mieux nous ... Il nous a fait une purée d'engrenage, le moulinet a rendu l'âme, du coup, évidemment il avait tout fait partir, il a fallu tout rembobiner à la main, une bonne heure d'occupation et à nouveau : boîte pour les repas, thon en boite d'ailleurs, il en reste. Vous avez aussi échappé à "Monteverdi, le bricorama des mers du sud", nous avons remis en état deux lattes, celle du haut devrait tenir, la seconde je suis un peu plus soucieux et il nous en manque encore 2. J'espère en réparer une à Atuona, la dernière c'est râpé, il nous manque un axe, qu'il faudra sans doute commander, cela ne doit pas se trouver facilement. Du coup, au mieux on naviguera avec un ris, dans le petit temps on pourra essayer avec toute la grand voile. Le petit temps, tiens revenons y, vous avez aussi échappé à "Dernière ligne droite", vous auriez pu avoir, "La faute à Mister Grib". Je comptais sur encore 2 jours d'un vent bien établi, dixit Mr Grib, du coup 300 bons milles à bonne vitesse et finir les 200, disons 300 derniers milles plus lentement. C'est raté, le vent nous fait faux bon plus vite que prévu et c'est plutôt 600 milles que nous allons avoir à faire un peu lentement. La risée Yanmar, ça vous avez déjà eu comme titre, donc la risée Yanmar, OK, il nous reste pas mal de fuel, mais pas de miracle, le 18 ça aussi c'est râpé, Le 19 peut être, le 20, j'espère bien et du coup je me reconnecte, je vous fais parvenir toute cette littérature et de ce pas, je jette un oeil au grib. Ensuite, et bien j'espère que cela sera des Marquises que nous donnerons des nouvelles.
A bientôt
CM

Pos : le 15 : 7º18.09'S - 129º13.67'W
Pos : le 16 : 7º54.19'S - 131º24.67'W

GMT - 9

Journal de bord

Lundi 14 Décembre

Un truc de bien avec le blog, c'est que cela "oblige" un peu à tenir un journal de bord. Remarquez, on met ce qu'on veut et on le raconte comme on veut. Mais aujourd'hui pas vraiment beaucoup d'histoires à part nos petits ennuis qui continuent. A croire que depuis que Tchaïko nous a quitté, la poisse est retombée sur le bateau. Ce coup ci, encore un problème de latte, mais ce n'est pas le boîtier cette fois, c'est le coulisseau, il y a un axe, fixé par une petite vis de serrage, la petite vis dévissée fout le camp, l'axe ensuite et comme d'habitude en pleine nuit, 4h du mat (Murphy oblige), j'entend un glissement, zzziiiiip, je me dit "Zut, encore un coulisseau qui descend". Gagné, du coup, on affale la GV, avec 3 lattes qui ne tiennent plus cela devient compliqué. Et pourtant nous étions prudent, 2 ris dans la GV à 120° du vent avec 20/22 noeuds. Bon heureusement le vent tourne, nous sommes passés avec les génois en papillon et petit à petit nous nous retrouvons pile sur la route. Cela devrait durer jusqu'au bout, ouf, par contre le vent devrait faiblir et donc on va sans doute bien ralentir dans quelques heures. Le 18 peut être, un miracle, ce serait bien d'arriver tôt le 18, c'est vendredi, gendarmerie ouverte et magasins ouverts, je trouverai peut être de quoi faire les réparations, sinon il nous faudra attendre lundi. Ah si une petite histoire, histoire de pêche à nouveau, il y avait longtemps. Nous avons raté coup sur coup une belle dorade et un thazard, Mickaël était furieux, faut dire qu'il n'a qu'à s'en prendre à lui, la dorade presque remontée, à quelques mètres du bateau, s'enfonce dans une vague et plutôt que de donner du mou, Mickaël se la joue dresseur de fauve, paf, un coup de poignet énergique, "Au pied ma grande". Ben tiens la grande, doigt d'honneur, le coup de poignet énergique, tu parles, elle se casse ... Quant au thasard, un moment d'hésitation au moment de donner un coup de gaffe, "J'ai eu peur d'abîmer le bateau", et le thasard profite du répit, une dent bien placée coupe la ligne ... Cassoulet en boite pour le dîner.
A bientôt.
CM

Pos : 6º45.13'S - 126º46.46'W

dimanche 13 décembre 2009

Cocotte Minute

Vendredi 11 & Samedi 12 Décembre

Cocotte minute, mais qu'est ce que c'est que ce titre. C'est pourtant simple, depuis que Tchaiko nous a (lâchement) abandonné et laissé seul avec nos ennuis de latte. La réparation n'a encore pas tenue, et bien c'est comme une cocotte dont on a enlevé le clapet, la pression tombe, fffuuuiiiii. Elle est vraiment tombée la pression, j'irai même jusqu'à parler de coup de mou. Nous avons adopté un train de sénateur (train de sénateur, ça a failli être le titre). Un rythme de convoyage tranquille, nous restons avec 2 ris quand nous avons la GV, nous avons même passé une nuit sous génois lourd. On essaye de récupérer un peu de sommeil et pourquoi pas de pêcher, nous allions vraiment trop vite avant. On va encore trop vite, les gros arrachent nos leurres, 3 moulinets entièrement vidés, 4 leurres cassés, les monstres du pacifique vengent leurs frères martyrisés de l'atlantique et puis les petits, surfent, ricochent sur les vagues et se détachent. Il va falloir faire quelque chose, une bonne semaine sans frais et plus de rillettes. Le frigo n'y met pas du sien ... Tchaiko est sûrement loin devant maintenant, nous n'avions tous les deux aucune chance de tenir leur rythme, mais on va pas mal quand même, les Marquises approchent, à peine plus de 1 000 milles, toujours un bon vent et le Pacifique qui prend de l'ampleur, mais à nouveau gris et terriblement vide. Nous avons revu 2 des mammifères dont je vous ai parlé, sans doute de gros globis, la tête est vraiment ronde, quelques hirondelles de mer, bien sur des poissons volants, mais quand même, un grand sentiment de vide. Beaucoup plus vide que les étals de Noël et grand magasins qui doivent être assaillis maintenant. Je vous laisse à vos emplettes et vous dit à bientôt.
CM

Pos : Le 11 à 12:00h GMT : 04º22.96'S - 118º49.00'W
Pos : le 12 : 05º09.26'S - 121º33.54'W

GMT - 8

Dimanche 13 Décembre

Et puis je triche, j'ajoute encore une journée dans le même post. Il ne se passe pas grand chose, c'est toujours aussi vide et aussi grand. J'ai songé à me lancer dans la critique littéraire, je viens de finir un Riel, j'entame un Westlake, mais dans ce registre, j'en connais un dont je n'ai pas le talent, je lui rend hommage et lui conseil donc les deux Westlake que j'ai lu, "Pourquoi moi" et "Les sentiers du désastre". Le Riel n'est pas mal, je l'ai préféré au premier, il a trouvé ses marques et mélange à mon avis avec plus de finesse, humour, loufoquerie et poésie ... un peu la poésie, pas trop quand même. Toujours un train de sénateur, GV 2 ris et Génois lourd en ciseaux maintenant, les Marquises à 900 Milles, le 20 c'est presque sur, le 19, le 18 avec de la chance. Je prend la météo, j'envoie tout ça et je vous souhaite un bon dimanche.
CM

Pos : 06º08.44'S - 124º13.76'W

jeudi 10 décembre 2009

Jet de l’éponge, deux

Mercredi 9 & Jeudi 10 Décembre

Une nuit un peu dure, quelques grains, 32 noeuds ... un peu lège avec la GV en l'air. Des ennuis de latte, la réparation n'a pas tenue. Nous avons aussi un peu abîmé le Lazy bag, je ne sais pas comment, la nuit en prenant les ris sans doute, mais ça m'énerve. Une nouvelle réparation, il faut qu'elle tienne. Mickaël un peu HS, moi, je ne dors pas beaucoup et question manoeuvres, c'est toujours pas ça. J'ai enlevé mon attelle, il y a encore une grosse bosse, je crois que j'irai voir un toubib en rentrant. Du coup, 2 ris, la latte est entre le premier et le second ris et sur Tchaiko, ils piaffent, Jean est pressé, Marc résiste, mais je crois qu'il craque, au petit jour, il nous a attendu, mais je crois que la décision est prise, 1 seul ris et petit à petit ils s'éloignent. A la tombée du jour, ils sont encore bien visibles, leur feu petit à petit s'ammenuise pendant la nuit. C'est finalement si lent que je ne regrette pas de garder mes 2 ris, la latte est protégée et ouf, on se repose, mais zut, ils vont me faire regretter de les avoir attendus ... Mais au petit jeu de la manoeuvre et des quarts, on ne peut pas suivre, jet de l'éponge. Il y a bien encore une petite entourloupe à tenter sur l'arrivée, mais nous en avions parlé, donc ils sont au courant. On verra, quelques milles à reprendre avec un peu d'astuce et de meilleures pannes, et puis ce n'est guère important, nous devrions être sans problème vers le 20, peut être même avant à Hiva oa. La mer est splendide, un peu agitée quand même, mais vraiment belle, les grains se sont apaisés et nous avons vraiment eu une belle, très belle journée.
bientôt
CM


Pos. le 9 : 02º46.12'S - 112º50.96'W
Pos. le 10 : 03º34.92'S - 115º53.33'W

Pacific Express

Mardi 8 Décembre

Celui ci de post est un petit clin d'oeil. Il se reconnaîtra s'il lit encore le blog, je suis sur qu'il doit être en train de rêver au Salon Nautique et bien entendu, s'il désire nous rejoindre aux Marquises vers le 20 Décembre, il est de bienvenue lui aussi. Evidemment palmes, masques, tuba de rigueur, escale prévue entre autre à Tikehau.
Bon revenons à nos moutons et à notre "Pacific Express". Pour les moutons, ça tombe bien, on en a un stock là, tout autour de nous, la mer est maintenant définitivement bleu, le vent toujours bien établi, adonne lentement et visiblement nos amis de Tchaiko sont pressés, du coup ça allume un peu. Côte à côte, (on ne lâche plus) nos 2 catas tracent leurs sillages dans le pacifique, inexorablement les milles défilent et défilent vite. Une voie de chemin de fer, la vraie voie, une de chaque coté quoi, quatre rails, sauf que nous allons tout les deux dans le même sens. On dirait deux locos lancées à pleine allure, bon je te l'accorde Jean Charles, ce n'est pas le TGV, mais bon ça a quand même pas mal d'allure, une silhouette qui pourrait évoquer une vielle petite locomotive à vapeur et en lieu et place de fumée, le triangle blanc des voiles. On a fait quelques photos et quelques films, vous verrez ça à notre retour. Ce que vous ne verrez pas par contre, on en rêvait depuis longtemps, Mickaël encore plus que moi je crois, ben, c'est l'espadon qu'on a raté hier. Il était beau, ce coup on l'a vraiment bien vu, bien ferré aussi et puis le temps de rouler le génois, toute la ligne part, le moulinet se vide une minute, deux minutes qui nous laisse le temps de l'admirer et salut, il embarque tout ... pas de photos mais un souvenir.

Ce que vous verrez aussi mais mal, de grands mammifères, franchement je ne sais pas exactement, 6/7 mètres de long, des globicéphales peut être, mais ils semblaient plus vifs et plus gros que ceux que je connais, une variété d'orques sans doutes, pas des épaulards, ils étaient marrons unis et avec une tête plus ronde. Une espèce spéciale "Pacifique", les photos sont moyennes, à vos encyclopédies ... et à bientôt.


CM

Pos : 02º02.26'S - 109º51.28'W

lundi 7 décembre 2009

Beau temps

Lundi 7 décembre

Le retour ? Rien n'est moins sur, je pense qu'il nous faut gagner au moins un degré si ce n'est deux, mais soyons honnêtes, la situation s'améliore nettement, le soleil fait de plus en plus d'apparition, de moins en moins de grains, le vent est d'une régularité impressionnante. Sur plusieurs jours, de 15 à 20 noeuds, quelques rares risées à 22/23, à peine plus de 10° de variation et question route, nous avons dû ralentir un peu, encore un boîtier de latte qui a sauté, notre réparation n'a pas tenue très longtemps. On passe donc avec deux ris et le bateau marche encore très correctement. On tente une réparation plus sérieuse, une perceuse et deux vis nous auraient bien aidée, mais ça on a pas. On essaye le mastic epoxy et on laisse sécher, si ça ne tient pas, ben on sera em ... avec un ris ou la GV haute. Toujours un peu seul dans cette immensité, les pros nous manquent avec les vacations radios, recettes de cuisine et autres considérations sur les meilleurs réglages et la route à suivre, allez dans moins de deux semaines on se retrouve à Hiva Oa, et question cuisine, c'est le poisson qui vient à manquer, plus rien depuis que nous avons touché ce vent de sud. Enfin plus rien, des touches "eeenormes", 2 lignes cassées d'un coup et un monstre, j'ai aperçu son dos, j'ai essayé de ferrer des deux mains, les 2 gants ont fumé et paf tout a cassé, on ne peut pas tout avoir ! Les Marquises à moins de 2 000 miles.

Pos : 01º17.96'S - 106º50.52'W

GMT - 7

La ligne

Dimanche 6 décembre

Et bien oui, c'est bien l'autre coté du monde, ou presque ... Tout a changé, du moins pour quelques heures. Dès l'approche de la ligne le beau temps revient.

Le passage, il ne faut pas rater la photo, et bien elle sera ratée. Marc avec Tchaïko va "tricher",
il passera la ligne 3 fois ...


19h39'02 : ça y est la ligne par 102° 23 70, beaucoup plus à l'Ouest que la dernière fois. Avec le beau temps la mer retrouve sa couleur bleu, la magie des mers du Sud opère encore une fois. Des poissons volants fusent de partout. Un immense banc de dauphins vient nous tenir compagnie comme pour nous souhaiter la bienvenue, il y en a partout, ça saute de tout les cotés. Même un improbable chalutier, je dirai coréen à son allure, le nez dans la plume, croise notre route à moins d'un mille.

L'après-midi s'écoule au soleil, nous larguons notre second ris, le bateau marche bien et nous célébrons tranquillement le passage, oh, pas grand chose, nous ne sommes que deux, mais Neptune a eu droit à son verre de Champagne.

Champagne et cigare ...


Et puis avec la nuit, retour aux vieilles habitudes, retour des nuages, le vent forcit à nouveau, polaires de rigueur. Allez, si je lis bien les gribs, 2 jours, 3 jours encore à ce régime et les isobares s'inclinent lentement pour s'orienter Est Ouest, l'alizé et le beau temps ?
Une dernière chose, l'autre coté du monde, c'est vrai que nous avons de plus en plus le sentiment d'y être. Surtout le matin, tôt, l'heure à laquelle j'écris ces lignes, le jour n'est pas encore levé est pourtant je viens de noter notre position de 12h GMT ... Nous allons passer aujourd'hui à GMT - 7, 8 heures de décalage avec la France.
Nous vous embrassons très fort.
CM

Pos : 00º33.38'S - 104º17.65'W

dimanche 6 décembre 2009

C’était le Nord

Samedi 5 décembre

Et je pourrais presque le dire avec l'accent chti, encore une nuit pluvieuse, agitée, un second ris à 2h du mat, veste de quart, pantalon de ciré, polaires. Et bien le nord, on ne va pas le regretter, d'autant plus que c'est l'hiver qui approche et ben nous demain, c'est l'été, le sud ... A votre avis, quand on va passer la ligne ça va changer ?
A demain, de l'autre coté du monde
CM

Pos : 00º16.97'N - 101º27.62'W

vendredi 4 décembre 2009

La grande muraille

Lundi 30 Novembre, Mardi 1er, Mercredi 2, Jeudi 3 & Vendredi 4 Décembre

Je vous avais donc laissé sur cette panne de 220. En fait un fusible que je pensais remonté, et bien non, il n'était pas enclenché. Pourquoi a t'il sauté ? Mystère et question acrobatie, me glisser sous la table à carte et dans le local électrique ce n'est pas encore ça avec mon épaule. Cela va de mieux en mieux, je fais attention, mais bon, je n'ai encore qu'une main et encore, quand ça bouge ... Du coup Mickael est au turbin, il assure, cela lui plaît bien et c'est lui qui s'est pris au jeu, il veut arriver avant les "pros" à Hiva Oa. On a continué assez fort jusqu'à être sur d'être sorti du pot au noir. Depuis deux jours, cela semble être le cas et depuis hier soir nous avons infléchi notre route et mis le cap directement sur Atuona. 180 milles, 200 milles, chaque jour, brique par brique nous la démontons notre muraille de Chine, l'équateur. Nous devrions passer demain en fin de soirée et ce courant de sud devrait nous emmener encore un bon moment. L'ordi à notre vitesse actuelle nous donne une ETA le 16, à 6 noeuds nous y serions le 21 dans la soirée, tranquille je dirai le 20. Nous avons depuis deux jours, adopté un train de sénateur, il reste quand même 2 500 milles, plus encore des Marquises à Papeete, donc pas question d'abîmer le bateau maintenant que le plus dur est fait. Donc 1 ris dans la GV et Génois lourd, à 60° du vent qui oscille entre 15 et 20 noeuds, mais le cata aime bien cette allure. Nous avons depuis la dernière fois, perdu tout contact avec nos acolytes. J'ai eu des nouvelles de Satie via l'Iridium, il semble un peu décrocher, sans doute ses ennuis de boîtier de latte, nous avons eu les même, mais ce n'est pas la première fois et nous avons pu réparer. Tchaiko ne doit pas être bien loin, peut être même devant si il a infléchi sa route avant moi ou s'il continue à mettre du charbon, mais connaissant Marc, je pense que comme moi il a du ralentir pour ne rien abîmer. J'ai cru comprendre que sa balise n'émettait plus, ça va sans doute revenir, tenez moi au courant. Par contre pour sa VHF, j'avais eu le souci sur Albinoni, Marc l'avez eu sur St Saens, de mon coté aussi cela commence à battre la breloque, faudrait songer à mettre un support plus sérieux ... Une chose, pour ceux qui me lisent et pensent à Marc ou ses équipiers, ne vous faites pas de souci, le temps est vraiment très maniable, il y a très, très peu de bateaux autour de nous, ni baleine, ni orque, ni grand Kraken, au mieux quelques poissons volants, la météo est bonne pour les jours à venir, allez dans deux semaines les portables vont fumer ... Du coup, c'est vrai que nous aussi ils nous manquent, on se retrouve bien seul dans cette immensité, toujours un peu triste, toujours ce ciel plombé des mauvais jours du golfe de Gascogne. Rien à voir avec mes précédentes traversées, mais prenons le verre à moitié plein, on va vite ...
A bientôt donc, dans deux trois jours à l'occasion d'un prochain grib.
On vous embrasse très fort
CM

Pos à 12:00h GMT
le 30/11 : 4° 27 58 N - 87° 29 82 W
le 1/12 : 3° 59 68 N - 89° 59 73 W
le 2/12 : 3° 27 27 N - 92° 32 93 W
le 3/12 : 2° 18 12 N - 95° 18 56 W
le 4/12 : 1° 13 14 N - 98° 27 22 W

dimanche 31 mai 2009

Les émissions reprennent

Dimanche 31 Mai

Elles reprennent oui mais sans doute pas pour très longtemps. Elles reprennent parce qu'il ne faut surtout pas manquer à ses devoirs. Tristan souhaite donc un très bon anniversaire au skipper du célèbrissime "Aquavit". Evidemment je m'associe à lui - dites 33 docteur, ah non c'est plus ... ouille cela ne nous rajeunit pas. Je lui souhaite donc un très bon anniversaire et plein de succès avec Aquavit évidemment.

Laurence pour sa part souhaite un bon anniversaire à son frère Frédéric.

Les émissions reprennent puisque Lisa est à bord, de nouveaux lecteurs ? Oui elle va bien, un petit mot dans le blog ? Peut être pas tout de suite ! Des conditions un peu musclées pour une première grande navigation, mais j'ose espérer qu'elle en profite quand même. En tout cas le GO fait son maximum et les poissons aussi. Nous lui avons déjà remonté une superbe daurade et trois bonites, en cuisine ça s'active.

Elles reprennent parce que nous sommes à nouveau en mer, parce que la nuit est longue et que notre ami Murphy fait des siennes. Le coup du grain de 5 heure du matin, cela fait trois nuits qu'il frappe et du coup (tiens je me répète) je vais être obligé de faire appel à Mr Grib. Nous sommes sous 1/2 Solent au portant dans une mer disons formée. Nous avons quitté les Marquises un peu plus tôt que prévu et nous sommes maintenant en route vers les Tuamotus et l'atoll de Tikehau (complètement à l'ouest de l'archipel).

Elles ne reprennent pas parce que je suis en verve, l'inspiration n'est pas au rendez vous, je suis un peu cassé par ces trois nuits et cette mer un peu "dérangée".

Nous devrions être à Tikehau le 1 en fin de journée, si nous sommes trop tard nous attendrons le lever du soleil, le 2. D'ici là, l'équipage reprend papier, crayons et prépare les prochains posts et, une fois remis, remis de quoi, du choc des Marquises ou des dernières nuits un peu speed, j'espère que chacun vous donnera ses impressions sur les Marquises.

Je reviendrai, à suivre, dans un post séparé sur notre escale aux Marquises. Un bref exposé un peu technique et quelques trucs à l'intention de BriseGalets qui doit être sur nos pas.

Tout le monde embrasse tout le monde, très très très fort.

CM

Pos : Le 29 - 12h GMT : 10º21.82'S - 138º47.98'W

Laurence : bisou spécial à Fred : happy birthday ! sans oublier Lynn. J'espère que les nouvelles sont bonnes et vous voir bientôt.

Le 30 - 12h GMT : 11º33.40'S - 140º50.82'W
Le 31 - 12h GMT : 12º57.41'S - 143º39.12'W

dimanche 24 mai 2009

A demain

Samedi 23 Mai

Et oui, demain nous devrions toucher notre terre promise. Les Marquises (Hiva Hoa) ne sont plus maintenant que 110 milles devant nos étraves. Après quelques hésitations et un grib bien pessimiste, le vent est revenu, un bel alizé. Avec l'alizé les poissons, encore une bonite et un superbe coup double, 2 belles daurades en même temps, sauf qu'avec nos bricolages cela devient plus dur de les remonter. La première a lâchée après quelques minutes, la seconde, sur la plage arrière, une bonne secousse et elle s'est aussi libérée, nous qui espérions les servir à Lisa qui nous rejoint demain ... Il nous reste quelques heures et quelques nouveaux bricolages pour espérer corriger le tir. Rangement au programme, un inventaire de ce qu'il nous reste et pour conclure en beauté cette traversée, je laisse la parole à Alain, il insiste. Je crois que vous allez assister à un assassinat en règle dont je lui laisse l'entière responsabilité.

Elite et ratures,

Accueillons ce soir notre prestigieux invité du jour, qui pour avoir trop squatté les étranges lucarnes et ne pas vous lasser, apparaîtra masqué et sous un pseudonyme. Pour ménager son incommensurable modestie nous avons, hélas, dû travestir le titre de son dernier chef d'oeuvre.
Cher Jonc d'Ormessan, parlez-nous de ce magnifique "presque rien sur pas grand-chose" qui constitue la somme d'une vie de lecture et de luxure. Permettez moi une question délicate : lorsque vous écrivez, page 121 "Si l'homme ne pensait pas il y aurait peut-être quelque chose, mais ce quelque chose ne serait rien" faites vous allusion à votre roman ou à votre vie ?
En effet mon cher Vidpot, je tente de décrire le sidérant vide intersidéral que cachent de surabondants empilements de culture et de confiture de cette oeuvre, auprès de quoi les minces inventaires de Prévert et la petite verve de Rabelais ne sont que pipi de Chat.
Cher Jonc, vous êtes aussi connu pour votre carrière de séducteur, vous déclarez au chapitre consacré à l'amour que "Dans la passion tout est bon comme dans le cochon" confirmez vous cette affirmation ?
Cher Vidpot, la réponse figure à la page 241, je me cite donc. "Rien ne m'embête comme ces gens qui s'obstinent à parler de moi. Qui parle de moi ? C'est moi bien sûr".

Concluons cette passionnante émission en donnant l'adresse de l'auteur pour le féliciter ou demander le remboursement de presque tout : Jean d'Ormesson, château d'Ormesson, route d'Ormesson, à Ormesson. Le code postal apparaît en bas de l'écran.

A la rentrée nous vous recevrons à nouveau, cher Jonc pour votre nouveau livre en cours d'impression : "rien sur rien et réciproquement"

Alanus Vidpotus

NDLR : Toutes les citations sont rigoureusement exactes.

Je vous l'avais dit, ces propos n'engagent que lui, bon une chose est sûre, je ne lirai pas ce bouquin.
Vous pouvez peut être vous attendre à quelques coups de fils, mais il risque d'être un peu tard, un pronostic, disons vers minuit heure française.
A très bientôt

CM

Pos : 09º38.07'S - 135º48.35'W

vendredi 22 mai 2009

Le mettre d’orthographe

Jeudi 21 Mai

Décidément ce n'est pas mon truc, l'orthographe, je m'aperçois, ou plutôt on m'a gentiment fait remarquer que dans mon post "Pêche & déboires", j'avais forcé. Passé mettre dans l'art de ... et pourquoi pas le maître étalon mon cher mètre ... J'imagine que mes enfants se marrent. M'enfin, j'ai dû écrire ça vite fait à 3 h du mat (GMT, locale, française, je ne sais plus, j'ai la tête en bas. Des excuses, des excuses. Bon sur ces bonnes paroles et ces plates excuses, n'y revenons pas s'il vous plaît, ben je vous laisse, comme ça j'aurai plus de choses à raconter demain ...
Les Marquises à 400 milles
Tout le monde embrasse tout le monde

CM

Pos : 09º24.68'S - 130º55.82'W

PS : demain, vous aurez peut être droit à une superbe explication météo sur l'alizé d'ouest, et oui, je ne suis pas le seul à faire des "fôtes".

Le temps s’immobilise

Vendredi 22 Mai

Je vous épargne la petite histoire de l'alizé d'ouest, demain peut être, sinon sûrement un jour au bistro et je cède donc la parole à Tristan, lui aussi frappé par cet étrange symptôme, tout le monde se met à écrire :

"Le temps s'immobilise...", mais oui bien sûr ! Moi j'ai plus l'impression qu'on s'enlise, on pêche, mais on n'avance pas. J'aime bien le suspens mais je serais pas contre un petit cliffanger (une orthographe pour cet anglicisme, quelqu'un ?), de l'action quoi. Elle sont où les mers déchaînées du Pacifique. Qui à dit que c'était galère. Sortons les rames justement, je n'en peu plus de voir les Marquises toujours plus proches sur la carte et toujours plus loin en ETA calculée.
Hier soir j'ai fait la lecture des deux premiers chapitres du conte que je suis en train d'écrire (non publiable mais potentiellement réalisable) à l'équipage, une petite histoire de princesse pleine de magie. J'ai commencé la mise en place de l'histoire, la création des personnages en quittant Panama (oui, encore une fois on a le temps et je le prends). Laurence a bien aimé mais je m'attendais à des critiques sèches et cinglantes de la part de Christophe et Alanus Apostrophus. Au lieu de cela, j'ai eu droit à un "Bon, il donne quoi ce rosé argentin" entre les deux chapitres, à une question, une petite remarque et un "imbuvable" à la fin. Lucide, j'ai bien compris qu'on parlait du vin et donc, modestement, je me suis couché en pensant que j'étais un génie.
Sur ce... Je dois finir 58 autres chapitres, je suis dans un bon élan d'assurance, qu'on réserve ma place au panthéon, Napoléon ne remplis pas assez d'espace.

Tristan

Une petite rectification, ce n'était pas du rosé argentin mais une improbable et totalement imbuvable bibine française dont nous tairons le nom, et nous n'avions qu'une marge de critique assez faible : juger de l'intérêt du scénario : "Oui Tristan, nous avons compris - Oui Tristan c'est original" Pour le reste, et bien oui Tristan, t'as encore un peu de boulot. Mais avant fini donc de découper cette dernière bonite.
A bientôt donc.

CM

Pos : 09º32.98'S - 133º24.53'W

mardi 19 mai 2009

Pêches & Déboires - Suite & fin

Lundi 18 Mai

Je vous aurai bien proposé Litres & Râtures, suite, mais non, manque d'inspiration, les collaborateurs n'ont pas fini leurs fiches de lectures, des excuses, Alain, des excuses, tout ça pour dire que l'émission n'est pas prête. du coup plus modeste, je conclu le post Pêches & Déboires. Il y a sans doute un dieu du marin affamé, en tout cas du marin lassé du chorizo Panaméen. Et oui, à peine ces lignes écrites, celles du précèdent post, que paf, d'autres lignes se sont mises à parler, un coup triple (on a de la chance, on avait 3 lignes à l'eau), 2 coryphènes et un thazard, et tout le monde dans le bateau.

Et ce matin, repaf, un coup double, une ligne cassée et une autre daurade. Donc, je me tais, j'arrête de me plaindre, nous avons du poisson quasiment jusqu'aux Marquises. Nous sommes passés mettre dans l'art de la découpe, ce qui m'a d'ailleurs valu un nouveau coup de chaleur hier, mais celle de ce matin, un chef d'oeuvre, une découpe, oui on peut le dire, je suis assez fier.

La première étape la peau


Il ne reste plus qu'à tirer les filets

Nous entamons le concours de gastronomie avec en exclusivité un meli mélo de poissons, daurade et Thazard péché du jour. Moi je suis sur que même chez Le Divellec vous ne trouverez pas ça, le "péché du jour", no way ...
Voilà, c'est donc tout pour aujourd'hui, les Marquises sont à un peu plus de 800 milles devant nous, le vent toujours favorable et il fait toujours aussi beau, ce qui ne nous empêche pas de penser à vous.
Tout le monde embrasse tout le monde

CM

Pos : 08º40.30'S - 123º54.38'W

dimanche 17 mai 2009

Litres et Râtures

Dimanche 17 Mai

Je m'incline, Alain, après plusieurs heures d'effort, nous a préparé une nouvelle publication, je n'insiste donc pas sur nos banals rencontres, trois beaux requins qui sont venus glisser dans les vagues de notre sillage : Alain "Mais non ce sont des dauphins" - Oui, Alain, des dauphins gris, avec un aileron, qui ondulent et ne respire pas ... A noter aussi le retour des phaétons ou paille en queue, ces jolis oiseaux, un peu stupides, il leur faut une bonne dizaine de plongeons avant de comprendre que nos leurres, c'est du plastoc, de la ficelle.

Alain :

Litres et Râtures

Ce titre et un hommage à Bernard Pivot et à sa cultissime émission consacrée à Bukovski, que nous tenterons d'égaler. (Pivot, pas Bukovski). Que lit-on à bord d'Albinoni ? Notre éclectisme est tel que nous devons envisager la chose sous l'angle chronologique et commencer par le grand maître Homère, en mer, quelle mise en abyme !

L'Odyssée disons le tout net n'est pas crédible. Soit Ulysse est un marin complètement nul qui a mis plusieurs années pour parcourir moins de deux mille milles, et son titre d'Ulysse aux mille ruses est totalement usurpé, soit il le mérite et le récit de ses aventures farfelues n'est qu'un habile tissu de mensonges destiné à masquer ses amours coupables avec Calypso, puis Circé la magicienne puis Nausicaa. Crédule Pénélope !

L'énorme (merci Fabrice Lucchini de m'avoir soufflé) William Shakespeare a beaucoup pompé Homère pour écrire ses tragi-comédies Périclès, le conte d'hiver, et la tempête. Ces trois pièces, fort distrayantes et pleines de sentiments puissants, abusent des éléments déchaînés, vents titanesques et vagues monstrueuses déclenchées par Posidon , grand ébranleur du sol. Reconnaissons lui d'avoir tout inventé dans le théâtre moderne, mais tout de même il a un peu forcé sur les effets spéciaux.

Il lui sera tout pardonné pour avoir écrit ses 154 sonnets, une oeuvre indispensable et inépuisable ou tout est dit de l'amour et de ses tourments, de la décrépitude et de la mort. Posologie minimale 3 par jour, plus en cas de spleen, aucun risque d'overdose. Conditionnement recommandé : la traduction de Pierre Jean Jouve chez Gallimard.
On peut aussi consulter "le retour des sonnets, 2" sur ce blog. Mais l'original reste inégalé.

Sautons allègrement trois siècles et demi, parfaitement inintéressants, et Victor Hugo plus grand poète français hélas, pour atteindre 1953 et "l'usage du monde" de Nicolas Bouvier.
Un dépaysement total : l'errance de deux artistes de la yougoslavie Titiste à Kaboul et Kyber Pass aux confins de l'Inde. C'est juteux, décalé, adjectivé, plein de sons, de lumières et de portraits inattendus. Bien qu'ils voyagent en Fiat (pas lux) n'hésitons pas à paraphraser Renault : "c'est pas l'homme qui prend la route, c'est la route qui prend l'homme". Cet ouvrage utile aux nuls en mécanique plaira aussi à celles qui on fait Paris-Persépolis en 2 CV et ceux et celles qui ont visité l'Afghanistan en Traction. Pour le prix de 8 litres d'essence voyagez chez vous. Merci judicieuse Judith inconnue.

Mais Christophe s'impatiente en régie, nous devons rendre l'antenne, vous pouvez reprendre une activité normale pendant une très longue page de publicité. Ne manquez pas notre prochaine émission "avec le rouge je suis noir" ou un grand auteur aura la part beyle.

Alanus Pollackus

Et moi qui n'est lu que trois livres, qui bloque devant un Cossery, mais comment est ce possible? Lobotomisé par les mers du sud, je rend hommage Alain et ses lectures et impatient j'attend la suite ... dans trois jours.

CM

Sans transition et entre parenthèses, je souhaite, poussé par la nostalgie d'une vie antérieure, une bonne fête à tous les Norsks!
Tristan

Pos : 07º59.78'S - 121º44.37'W

GMT - 8

Pêches & déboires

Samedi 16 Mai

La situation devient tragique. Alors que notre frais n'est depuis longtemps qu'un souvenir, que le dernier Chorizo Panaméen a péri noyé dans une boite de Paella Rochelaise, amoureusement préparé par Tristan, la pêche tourne à la catastrophe. Les poissons du Pacifique sont décidément trop gros. Hier, une première ; des gens me l'avaient raconté, je ne l'avais pas encore vu. Un hameçon tordu, ouvert quoi, peut être un requin ? Ce matin, chouette une touche, rien de cassé, tout le fil part, nous avons le temps d'arrêter le bateau (nous étions sous solent seul), il tire fort, on gagne mètre après mètre, sans doute un thon, et puis une grosse vague, une embardée et paf, encore cassée. Il ne nous reste que 4 hameçons, 2 plombs et de la ficelle ... Sinon, pas grand chose, ah si, on a aperçu un voilier (un bateau, pas le poisson) au coucher de soleil, appel VHF, sans antenne c'est sans doute pas terrible, donc pas de réponse et il a disparu pendant la nuit. Alain après son sublime effort est maintenant un peu fatigué, mais il m'a promis qu'il travaillait à un nouveau post, et oui, c'est pas si simple ... mais je crois qu'il va se lancer dans la critique littéraire, on verra.
Voilà, tout le monde embrasse tout le monde, très fort.

CM

Pos : 07º30.30'S - 119º06.34'W