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samedi 26 décembre 2009

Le jour de l’espadon

Vendredi 25 Décembre

Nous en avions rêvé, le père Noël l'a fait, enfin presque. Mickaël depuis des jours, que dis je, des semaines, en avait vraiment très envie, un espadon. Moi aussi je dois dire. Et bien, en ce jour de Noël, nos voeux furent presque exaucés. Je vais vous raconter ça et un petit film vous prouvera que j'exagère à peine. Reprenons dans l'ordre, j'espère que vous avez le temps, je suis en verve et dehors, 30/35 noeuds, de la pluie, génois lourd arisé, quasiment en fuite, pas grand chose de plus à faire. Hier soir, vous vous en doutez, nous avons réveillonné. Nous avons retrouvé Marc et ses jeun's, qui nous proposaient de venir à couple. Un peu trop de vagues à mon goût, Marc et d'accord, nous restons à portée de voix et donc, de conserve, Tchaïkovski et Monteverdi passent la nuit de Noël dans les mers du sud ... Au menu, une entrée un peu frugale, saucisson et pâté, pâté en guise de foie gras, c'est tout ce que j'ai trouvé aux Marquises, le pain, de la main de mon bosco. Marc et son équipage vont faire un sort au foie gras aux figues, cadeau de ses cinquante ans. Ensuite Mickaël nous a préparé des côtelettes d'agneau avec une sauce au caramel, succulent, il faut que je note la recette. Fromage, salade de fruit des Marquises, forcément un régal, mais nous calons. Un coup de chaud, un beau coup de soleil et un coup sur la tête ont eu raison de mon appétit, quant à Mickaël c'est peut être un coup de rhum ... Donc, nous finissons la soirée avec un café, une goutte de vieux rhum et un superbe Cohiba, musique et voilà, un Noël inoubliable. En guise de sapin, les 2 génois en ciseaux, le mât et ses guignols, on s'y croirait. Le doux murmure du sillage et des vaguelettes remplace le crépitement des buches dans l'âtre et pour la décoration, et bien tout simplement le ciel. Une voûte céleste comme tout simplement vous n'en avez jamais vue. Imaginez ce que vous avez déjà vu de plus beau, et bien c'est encore mieux, il faut venir ... Mickaël à peine son cigare fini tombe dans les bras de Morphée et moi je profite de la soirée qui s'éternise.



Le "Sapin de Noël" et le Cohiba pour finir le dîner.
(En prime, coup de soleil et épaule en vrac ...)
Et à suivre le lever du jour, un 25 Décembre en plein Pacifique
Pour la voute céleste, pas moyen de photographier, je vous le dit, il faut y aller ...


La nuit avance et petit à petit le bateau reprend le dessus. Le point de 12h GMT à 3 heures du matin et évidemment loi de Murphy oblige, 4 heure du matin, les premiers grains, le temps se gâte, à 7 heure, un gros grain, je réveille Mickaël, le grain passe, nous mettons la ligne et je vais me coucher. A peine 10 minutes, cccrrrrrr, la ligne part en grand, elle casse, heureusement au niveau du leurre et nous voyons un magnifique voilier de 2 mètres, 2 mètres cinquante sauter derrière nous. Trop gros, tant pis, on remet la ligne à l'eau, je retourne dormir, essayer du moins. Dix minutes encore et c'est reparti. Finalement, rien, Mickaël remonte la ligne pour vérifier et à une quinzaine de mètres derrière le bateau, une nageoire, elle suit notre ligne, une première touche, rien, à nouveau la nageoire et boum, badaboum, c'est parti. Nous avons le temps de rouler les génois, le bateau est arrêté, nous réussissons à freiner la ligne avant qu'elle ne parte complètement, Mickaël s'installe, assis sur la jupe et la bataille commence. Lentement, mètre après mètre nous remontons l'animal, un gros thon, un espadon ? Je penche pour un thon, il ne saute pas, en tout cas pas une daurade. Vingt minutes, une demi heure, ça y est, il est tout prêt, un petit film, c'est un espadon, un mètre 80, deux mètres ? Magnifique, mais maintenant il faut le remonter, une autre paire de manche. Il est maintenant le long du bateau, nous le gaffons, attrapons le rostre, c'est trop lourd et puis il a de grandes nageoires qui nous empêchent de le faire glisser. Allongé à l'arrière, j'arrive à passer un bout derrière sa caudale, sa queue, nous tirons, ça y est presque, une première fois, raté. On recommence, à nouveau le long du bateau, à nouveau le bout, et c'est là que j'ai fait une erreur, j'aurai dû demander à Mickael un second bout. Je tire, le corps du poisson est sur la jupe, mais je n'ai qu'une boucle, je n'ai pas pu faire de noeud. Un second bout avec un noeud et c'était bon, je n'y ai pas pensé. Evidemment il se débat, sans ce noeud, la corde finit par glisser et cette fois-ci la ligne casse. Raté ... mais quelle bataille, quelques bleus d'ailleurs, encore un souvenir, une histoire à raconter.

La video, si si, c'est bien un espadon,





Un petit mot sur Tchaiko, ils sont toujours à coté de nous, Marc hésite à s'arrêter à Ahé, ils en ont très envie, mais avec ce temps. Moi, je ne m'arrête pas mais je me connecte pour prendre une météo et leur transmettre les infos, en principe j'aurai un peu attendu, mais c'est Noël, il pourra choisir en connaissance de cause et comme ça vous recevrez ce post.

Mickaël est maintenant plein de souvenirs, la traversée du Pacifique, les Marquises, le combat, j'avais oublié, il est aussi monté dans le mat, nous avions cassé une manille de drisse de génois, il fallait descendre cette drisse, je crois qu'il est au bord du gouffre, la tête pleine, gros coup de barre, après avoir attaqué le nettoyage du four, un nouveau grain, 30/35 noeuds, c'est celui dont je vous ai parlé au début, un des plus gros que nous ayons eu. Trop d'émotions, il s'écroule, un Noël comme ça, il n'est pas prêt d'oublier. Et puis moi, un peu plus blindé peut être, mais quand même ... Allez, j'arrête de vous ennuyer avec ma littérature, mais c'est vrai que j'aurai aimé partager ça avec vous (du coup j'écris trop), que ma petite famille me manque, que j'espère que les enfants ont appréciés leurs cadeaux. Je vous dit à très bientôt.
CM

Pos : 13º03.32'S - 144º07.62'W

dimanche 20 décembre 2009

Arrivée aux Marquises

Hiva Oa au petit matin, l'arrivée parfaite. Mickaël est encore sous le charme. C'est vrai que c'est toujours aussi beau. Le mot est faible, surtout après 25 jours de mer, envoutant peut être.


Nous retrouvons Tchaïkoski, ils sont arrivés hier soir, c'est un peu ce que je pensais, du coup nous les avons réveillé.


Mouillage à Atuona


Je remet un peu d'ordre dans le blog. Nous restons au moins jusqu'à Lundi, formalités d'entrée en Polynésie à faire, quelques courses, on va essayer de réparer les lattes et puis Mickaël et les petits jeunes vont surement en profiter pour se balader. Je ne sais pas si les vieux, Marc et moi, on ne va pas plutôt se reposer. J'ai jeté un rapide coup d'oeil au blog et à vos commentaires. Merci de votre assiduité, par contre une chose à savoir, nous ne les recevons pas en mer, c'est pour ça que vous n'avez pas de réponse. Surtout ne soyez pas vexés ... La suite, je ne sais pas encore. Je pense aller à Tikeau retrouver des amis, Marc a très envie d'aller à Ahé. Nos routes vont donc peut être se séparer pour quelques jours. Ensuite on se retrouve à Moorea, puis Papeete, et oui, il va falloir rentrer en France ...
Je vous laisse, mais rapidement si cela vous dit, allez jeter un coup d'oeil sur les anciens posts, je vais y ajouter quelques photos : le fameux globi, Tchaiko aussi les a vus et même question, c'est quoi ?
A bientôt
CM

mercredi 16 décembre 2009

Le choix du titre

Mardi 15 & Mercredi 16 Décembre

Avec le blog, un autre truc, c'est de trouver un titre. Bon encore une fois pas grand chose de bien extraordinaire à raconter. J'avais une première solution, pour suivre l'histoire de la veille, j'espérai titrer "Mickaël, la revanche". Et bien c'est raté, les poissons triomphent, encore 2 lignes de cassées et un troisième, celui-là nous y avons cru quelques petites minutes, et bien c'était pour mieux nous ... Il nous a fait une purée d'engrenage, le moulinet a rendu l'âme, du coup, évidemment il avait tout fait partir, il a fallu tout rembobiner à la main, une bonne heure d'occupation et à nouveau : boîte pour les repas, thon en boite d'ailleurs, il en reste. Vous avez aussi échappé à "Monteverdi, le bricorama des mers du sud", nous avons remis en état deux lattes, celle du haut devrait tenir, la seconde je suis un peu plus soucieux et il nous en manque encore 2. J'espère en réparer une à Atuona, la dernière c'est râpé, il nous manque un axe, qu'il faudra sans doute commander, cela ne doit pas se trouver facilement. Du coup, au mieux on naviguera avec un ris, dans le petit temps on pourra essayer avec toute la grand voile. Le petit temps, tiens revenons y, vous avez aussi échappé à "Dernière ligne droite", vous auriez pu avoir, "La faute à Mister Grib". Je comptais sur encore 2 jours d'un vent bien établi, dixit Mr Grib, du coup 300 bons milles à bonne vitesse et finir les 200, disons 300 derniers milles plus lentement. C'est raté, le vent nous fait faux bon plus vite que prévu et c'est plutôt 600 milles que nous allons avoir à faire un peu lentement. La risée Yanmar, ça vous avez déjà eu comme titre, donc la risée Yanmar, OK, il nous reste pas mal de fuel, mais pas de miracle, le 18 ça aussi c'est râpé, Le 19 peut être, le 20, j'espère bien et du coup je me reconnecte, je vous fais parvenir toute cette littérature et de ce pas, je jette un oeil au grib. Ensuite, et bien j'espère que cela sera des Marquises que nous donnerons des nouvelles.
A bientôt
CM

Pos : le 15 : 7º18.09'S - 129º13.67'W
Pos : le 16 : 7º54.19'S - 131º24.67'W

GMT - 9

dimanche 13 décembre 2009

Cocotte Minute

Vendredi 11 & Samedi 12 Décembre

Cocotte minute, mais qu'est ce que c'est que ce titre. C'est pourtant simple, depuis que Tchaiko nous a (lâchement) abandonné et laissé seul avec nos ennuis de latte. La réparation n'a encore pas tenue, et bien c'est comme une cocotte dont on a enlevé le clapet, la pression tombe, fffuuuiiiii. Elle est vraiment tombée la pression, j'irai même jusqu'à parler de coup de mou. Nous avons adopté un train de sénateur (train de sénateur, ça a failli être le titre). Un rythme de convoyage tranquille, nous restons avec 2 ris quand nous avons la GV, nous avons même passé une nuit sous génois lourd. On essaye de récupérer un peu de sommeil et pourquoi pas de pêcher, nous allions vraiment trop vite avant. On va encore trop vite, les gros arrachent nos leurres, 3 moulinets entièrement vidés, 4 leurres cassés, les monstres du pacifique vengent leurs frères martyrisés de l'atlantique et puis les petits, surfent, ricochent sur les vagues et se détachent. Il va falloir faire quelque chose, une bonne semaine sans frais et plus de rillettes. Le frigo n'y met pas du sien ... Tchaiko est sûrement loin devant maintenant, nous n'avions tous les deux aucune chance de tenir leur rythme, mais on va pas mal quand même, les Marquises approchent, à peine plus de 1 000 milles, toujours un bon vent et le Pacifique qui prend de l'ampleur, mais à nouveau gris et terriblement vide. Nous avons revu 2 des mammifères dont je vous ai parlé, sans doute de gros globis, la tête est vraiment ronde, quelques hirondelles de mer, bien sur des poissons volants, mais quand même, un grand sentiment de vide. Beaucoup plus vide que les étals de Noël et grand magasins qui doivent être assaillis maintenant. Je vous laisse à vos emplettes et vous dit à bientôt.
CM

Pos : Le 11 à 12:00h GMT : 04º22.96'S - 118º49.00'W
Pos : le 12 : 05º09.26'S - 121º33.54'W

GMT - 8

Dimanche 13 Décembre

Et puis je triche, j'ajoute encore une journée dans le même post. Il ne se passe pas grand chose, c'est toujours aussi vide et aussi grand. J'ai songé à me lancer dans la critique littéraire, je viens de finir un Riel, j'entame un Westlake, mais dans ce registre, j'en connais un dont je n'ai pas le talent, je lui rend hommage et lui conseil donc les deux Westlake que j'ai lu, "Pourquoi moi" et "Les sentiers du désastre". Le Riel n'est pas mal, je l'ai préféré au premier, il a trouvé ses marques et mélange à mon avis avec plus de finesse, humour, loufoquerie et poésie ... un peu la poésie, pas trop quand même. Toujours un train de sénateur, GV 2 ris et Génois lourd en ciseaux maintenant, les Marquises à 900 Milles, le 20 c'est presque sur, le 19, le 18 avec de la chance. Je prend la météo, j'envoie tout ça et je vous souhaite un bon dimanche.
CM

Pos : 06º08.44'S - 124º13.76'W

jeudi 10 décembre 2009

Jet de l’éponge, deux

Mercredi 9 & Jeudi 10 Décembre

Une nuit un peu dure, quelques grains, 32 noeuds ... un peu lège avec la GV en l'air. Des ennuis de latte, la réparation n'a pas tenue. Nous avons aussi un peu abîmé le Lazy bag, je ne sais pas comment, la nuit en prenant les ris sans doute, mais ça m'énerve. Une nouvelle réparation, il faut qu'elle tienne. Mickaël un peu HS, moi, je ne dors pas beaucoup et question manoeuvres, c'est toujours pas ça. J'ai enlevé mon attelle, il y a encore une grosse bosse, je crois que j'irai voir un toubib en rentrant. Du coup, 2 ris, la latte est entre le premier et le second ris et sur Tchaiko, ils piaffent, Jean est pressé, Marc résiste, mais je crois qu'il craque, au petit jour, il nous a attendu, mais je crois que la décision est prise, 1 seul ris et petit à petit ils s'éloignent. A la tombée du jour, ils sont encore bien visibles, leur feu petit à petit s'ammenuise pendant la nuit. C'est finalement si lent que je ne regrette pas de garder mes 2 ris, la latte est protégée et ouf, on se repose, mais zut, ils vont me faire regretter de les avoir attendus ... Mais au petit jeu de la manoeuvre et des quarts, on ne peut pas suivre, jet de l'éponge. Il y a bien encore une petite entourloupe à tenter sur l'arrivée, mais nous en avions parlé, donc ils sont au courant. On verra, quelques milles à reprendre avec un peu d'astuce et de meilleures pannes, et puis ce n'est guère important, nous devrions être sans problème vers le 20, peut être même avant à Hiva oa. La mer est splendide, un peu agitée quand même, mais vraiment belle, les grains se sont apaisés et nous avons vraiment eu une belle, très belle journée.
bientôt
CM


Pos. le 9 : 02º46.12'S - 112º50.96'W
Pos. le 10 : 03º34.92'S - 115º53.33'W

Pacific Express

Mardi 8 Décembre

Celui ci de post est un petit clin d'oeil. Il se reconnaîtra s'il lit encore le blog, je suis sur qu'il doit être en train de rêver au Salon Nautique et bien entendu, s'il désire nous rejoindre aux Marquises vers le 20 Décembre, il est de bienvenue lui aussi. Evidemment palmes, masques, tuba de rigueur, escale prévue entre autre à Tikehau.
Bon revenons à nos moutons et à notre "Pacific Express". Pour les moutons, ça tombe bien, on en a un stock là, tout autour de nous, la mer est maintenant définitivement bleu, le vent toujours bien établi, adonne lentement et visiblement nos amis de Tchaiko sont pressés, du coup ça allume un peu. Côte à côte, (on ne lâche plus) nos 2 catas tracent leurs sillages dans le pacifique, inexorablement les milles défilent et défilent vite. Une voie de chemin de fer, la vraie voie, une de chaque coté quoi, quatre rails, sauf que nous allons tout les deux dans le même sens. On dirait deux locos lancées à pleine allure, bon je te l'accorde Jean Charles, ce n'est pas le TGV, mais bon ça a quand même pas mal d'allure, une silhouette qui pourrait évoquer une vielle petite locomotive à vapeur et en lieu et place de fumée, le triangle blanc des voiles. On a fait quelques photos et quelques films, vous verrez ça à notre retour. Ce que vous ne verrez pas par contre, on en rêvait depuis longtemps, Mickaël encore plus que moi je crois, ben, c'est l'espadon qu'on a raté hier. Il était beau, ce coup on l'a vraiment bien vu, bien ferré aussi et puis le temps de rouler le génois, toute la ligne part, le moulinet se vide une minute, deux minutes qui nous laisse le temps de l'admirer et salut, il embarque tout ... pas de photos mais un souvenir.

Ce que vous verrez aussi mais mal, de grands mammifères, franchement je ne sais pas exactement, 6/7 mètres de long, des globicéphales peut être, mais ils semblaient plus vifs et plus gros que ceux que je connais, une variété d'orques sans doutes, pas des épaulards, ils étaient marrons unis et avec une tête plus ronde. Une espèce spéciale "Pacifique", les photos sont moyennes, à vos encyclopédies ... et à bientôt.


CM

Pos : 02º02.26'S - 109º51.28'W

lundi 7 décembre 2009

Beau temps

Lundi 7 décembre

Le retour ? Rien n'est moins sur, je pense qu'il nous faut gagner au moins un degré si ce n'est deux, mais soyons honnêtes, la situation s'améliore nettement, le soleil fait de plus en plus d'apparition, de moins en moins de grains, le vent est d'une régularité impressionnante. Sur plusieurs jours, de 15 à 20 noeuds, quelques rares risées à 22/23, à peine plus de 10° de variation et question route, nous avons dû ralentir un peu, encore un boîtier de latte qui a sauté, notre réparation n'a pas tenue très longtemps. On passe donc avec deux ris et le bateau marche encore très correctement. On tente une réparation plus sérieuse, une perceuse et deux vis nous auraient bien aidée, mais ça on a pas. On essaye le mastic epoxy et on laisse sécher, si ça ne tient pas, ben on sera em ... avec un ris ou la GV haute. Toujours un peu seul dans cette immensité, les pros nous manquent avec les vacations radios, recettes de cuisine et autres considérations sur les meilleurs réglages et la route à suivre, allez dans moins de deux semaines on se retrouve à Hiva Oa, et question cuisine, c'est le poisson qui vient à manquer, plus rien depuis que nous avons touché ce vent de sud. Enfin plus rien, des touches "eeenormes", 2 lignes cassées d'un coup et un monstre, j'ai aperçu son dos, j'ai essayé de ferrer des deux mains, les 2 gants ont fumé et paf tout a cassé, on ne peut pas tout avoir ! Les Marquises à moins de 2 000 miles.

Pos : 01º17.96'S - 106º50.52'W

GMT - 7

La ligne

Dimanche 6 décembre

Et bien oui, c'est bien l'autre coté du monde, ou presque ... Tout a changé, du moins pour quelques heures. Dès l'approche de la ligne le beau temps revient.

Le passage, il ne faut pas rater la photo, et bien elle sera ratée. Marc avec Tchaïko va "tricher",
il passera la ligne 3 fois ...


19h39'02 : ça y est la ligne par 102° 23 70, beaucoup plus à l'Ouest que la dernière fois. Avec le beau temps la mer retrouve sa couleur bleu, la magie des mers du Sud opère encore une fois. Des poissons volants fusent de partout. Un immense banc de dauphins vient nous tenir compagnie comme pour nous souhaiter la bienvenue, il y en a partout, ça saute de tout les cotés. Même un improbable chalutier, je dirai coréen à son allure, le nez dans la plume, croise notre route à moins d'un mille.

L'après-midi s'écoule au soleil, nous larguons notre second ris, le bateau marche bien et nous célébrons tranquillement le passage, oh, pas grand chose, nous ne sommes que deux, mais Neptune a eu droit à son verre de Champagne.

Champagne et cigare ...


Et puis avec la nuit, retour aux vieilles habitudes, retour des nuages, le vent forcit à nouveau, polaires de rigueur. Allez, si je lis bien les gribs, 2 jours, 3 jours encore à ce régime et les isobares s'inclinent lentement pour s'orienter Est Ouest, l'alizé et le beau temps ?
Une dernière chose, l'autre coté du monde, c'est vrai que nous avons de plus en plus le sentiment d'y être. Surtout le matin, tôt, l'heure à laquelle j'écris ces lignes, le jour n'est pas encore levé est pourtant je viens de noter notre position de 12h GMT ... Nous allons passer aujourd'hui à GMT - 7, 8 heures de décalage avec la France.
Nous vous embrassons très fort.
CM

Pos : 00º33.38'S - 104º17.65'W

dimanche 6 décembre 2009

C’était le Nord

Samedi 5 décembre

Et je pourrais presque le dire avec l'accent chti, encore une nuit pluvieuse, agitée, un second ris à 2h du mat, veste de quart, pantalon de ciré, polaires. Et bien le nord, on ne va pas le regretter, d'autant plus que c'est l'hiver qui approche et ben nous demain, c'est l'été, le sud ... A votre avis, quand on va passer la ligne ça va changer ?
A demain, de l'autre coté du monde
CM

Pos : 00º16.97'N - 101º27.62'W

vendredi 4 décembre 2009

La grande muraille

Lundi 30 Novembre, Mardi 1er, Mercredi 2, Jeudi 3 & Vendredi 4 Décembre

Je vous avais donc laissé sur cette panne de 220. En fait un fusible que je pensais remonté, et bien non, il n'était pas enclenché. Pourquoi a t'il sauté ? Mystère et question acrobatie, me glisser sous la table à carte et dans le local électrique ce n'est pas encore ça avec mon épaule. Cela va de mieux en mieux, je fais attention, mais bon, je n'ai encore qu'une main et encore, quand ça bouge ... Du coup Mickael est au turbin, il assure, cela lui plaît bien et c'est lui qui s'est pris au jeu, il veut arriver avant les "pros" à Hiva Oa. On a continué assez fort jusqu'à être sur d'être sorti du pot au noir. Depuis deux jours, cela semble être le cas et depuis hier soir nous avons infléchi notre route et mis le cap directement sur Atuona. 180 milles, 200 milles, chaque jour, brique par brique nous la démontons notre muraille de Chine, l'équateur. Nous devrions passer demain en fin de soirée et ce courant de sud devrait nous emmener encore un bon moment. L'ordi à notre vitesse actuelle nous donne une ETA le 16, à 6 noeuds nous y serions le 21 dans la soirée, tranquille je dirai le 20. Nous avons depuis deux jours, adopté un train de sénateur, il reste quand même 2 500 milles, plus encore des Marquises à Papeete, donc pas question d'abîmer le bateau maintenant que le plus dur est fait. Donc 1 ris dans la GV et Génois lourd, à 60° du vent qui oscille entre 15 et 20 noeuds, mais le cata aime bien cette allure. Nous avons depuis la dernière fois, perdu tout contact avec nos acolytes. J'ai eu des nouvelles de Satie via l'Iridium, il semble un peu décrocher, sans doute ses ennuis de boîtier de latte, nous avons eu les même, mais ce n'est pas la première fois et nous avons pu réparer. Tchaiko ne doit pas être bien loin, peut être même devant si il a infléchi sa route avant moi ou s'il continue à mettre du charbon, mais connaissant Marc, je pense que comme moi il a du ralentir pour ne rien abîmer. J'ai cru comprendre que sa balise n'émettait plus, ça va sans doute revenir, tenez moi au courant. Par contre pour sa VHF, j'avais eu le souci sur Albinoni, Marc l'avez eu sur St Saens, de mon coté aussi cela commence à battre la breloque, faudrait songer à mettre un support plus sérieux ... Une chose, pour ceux qui me lisent et pensent à Marc ou ses équipiers, ne vous faites pas de souci, le temps est vraiment très maniable, il y a très, très peu de bateaux autour de nous, ni baleine, ni orque, ni grand Kraken, au mieux quelques poissons volants, la météo est bonne pour les jours à venir, allez dans deux semaines les portables vont fumer ... Du coup, c'est vrai que nous aussi ils nous manquent, on se retrouve bien seul dans cette immensité, toujours un peu triste, toujours ce ciel plombé des mauvais jours du golfe de Gascogne. Rien à voir avec mes précédentes traversées, mais prenons le verre à moitié plein, on va vite ...
A bientôt donc, dans deux trois jours à l'occasion d'un prochain grib.
On vous embrasse très fort
CM

Pos à 12:00h GMT
le 30/11 : 4° 27 58 N - 87° 29 82 W
le 1/12 : 3° 59 68 N - 89° 59 73 W
le 2/12 : 3° 27 27 N - 92° 32 93 W
le 3/12 : 2° 18 12 N - 95° 18 56 W
le 4/12 : 1° 13 14 N - 98° 27 22 W

vendredi 27 novembre 2009

Le passage du canal

Mardi 24 & Mercredi 25 Novembre

Mardi 15 heure locale, accompagné de Tchaïkovski, nous quittons Shelter Bay, nous avons rendez vous sur le Flat avec nos pilotes, enfin l'attente s'achève. En fait pas tout à fait, nous allons encore attendre les pilotes jusqu'à 20 heure. A notre bord 2 handliners, des pros fournit par Stanley pour compléter l'équipage et un équipier pour juste la traversée du Canal, Pierre. Il laisse son bateau à Shelter Bay, repart à Tahiti retrouver sa Vahiné et reviendra en Février pour traverser son bateau. Il vient "s'entraîner" et profiter du lift vers l'aéroport. A bord, ça roule les handliners très pros maîtrisent la manoeuvre, Mickael secondé par Pierre l'intendance. Si cela roule à bord, c'est nettement moins soft pour le premier passage d'écluse. Les pilotes nous ont mis, Marc et moi, de part et d'autre d'un motor boat américain un peu plus gros que nous. Au départ, ils pensaient même que c'était un voilier ... et dès l'entrée de la première écluse, c'est le distribil ... trop à droite et Marc se retrouve coincé contre le mur, les pilotes pas d'accord, le skipper du Motor boat qui nous fait un caca nerveux, ça commence bien. Tellement bien que l'on décide de quitter ce brave homme et en accord avec les pilotes, nous nous mettons Marc et moi à couple pour les écluses suivantes. La sérénité revient à bord et comme Marc en est quitte pour une défense écrasée, nous profitons des deux secondes écluses et laissons notre américain cafouiller dedans, il en sera de même le lendemain d'ailleurs.

La première écluse avec le motor boat américain, les autres sans ... et nous le laissons "cafouiller".

Par contre nous ne profiterons pas du mouillage du Lac Gatun. Les pilotes nous laisse sur une bouée, malheureusement trop près de trois bateaux plus gros, eux aussi sur une bouée. Les pilotes nous indiquent qu'ils ne devraient pas s'y trouver, malheureusement ils y sont, et pendant la nuit, viendront contre nous. Rebelote, bricolage jusqu'à ce qu'on trouve une solution assez satisfaisante, mais une nuit bien courte ...

Le lendemain matin, 6 heures arrive les pilotes, le RV était à 7 ... du coup rien de près, mais bon autant en finir rapidement. Notre pilote nous le connaissons, Mr Mc Lean, la dernière fois nous avions passé ensemble le premier jeu d'écluse, c'est un bon, je suis rassuré.

Au petit matin, nous quittons le mouillage du lac Gatùn

Un temps maussade, la traversée du lac Gatun, avec au loin les bancs de nuages coincés entre les collines et les arbres immenses. Les travaux le long des berges continuent, j'ai l'impression que chaque jour le canal change d'aspect et puis au loin le ciel qui s'obscurcit et alors que nous arrivons dans le passage le plus étroit, "Gaillard cut", la trouée dans ce qui reste à Panama de la cordillère des Andes, un grain "énorme", un grain de pluie, pas plus de 18/20 noeuds de vent, mais un déluge, des trombes d'eau. Les pilotes nous demandent d'allumer nos feux de navigation, le trafic du canal est interrompu pendant presque deux heures. Les pilotes nous demandent ensuite de rester en stand by, Marc et moi nous nous faisons rincer, une conclusion s'impose d'ailleurs, il nous faudra tous les deux de nouvelles vestes de quart. Petit à petit nous arrivons sous le pont du Centenaire, le tablier, loin au-dessus de nous, déverse par tous ces dégorgeoirs de véritables cataractes d'eau. Finalement, les pilotes nous mettent le long d'un quai, nous attendons la fin du déluge et la reprise du trafic.

Le grain approche, le trafic s'arrête et nous attendons "singing in the rain"

Marc et moi, nous allons nous faire offrir une nouvelle veste de quart ...

La suite, sans histoires, les équipiers peuvent enfin admirer sereinement le canal, ses écluses, Miraflores, l'entrée dans le Pacifique, le pont des Amériques, et voilà et de trois ...

Nos deux bateaux se séparent avant de passer sous le pont des Amériques

CM

mercredi 10 juin 2009

Tikehau - Le jour de la Manta : Merci Jean François

Un petit retour en arrière, à Tikehau. Nous ne vous avions pas raconté, mais franchement un truc de fou. D'abord un grand merci à Jean François, lui et son copain Roger nous on fait découvrir un petit bout de leur paradis. C'est vrai que nous n'avons pas eu les conditions idéales, trop de vent, le mouillage très agité et pas moyen de naviguer dans le lagon. Mais grâce à Jean François nous avons pu aller nous balader. Et pour vous donner une petite idée de ce paradis, je vais essayer de vous mettre quelques photos à commencer par le top du top : j'en rêvais et c'est fait, nager avec des raies mantas. Je croyais que ce n'était pas la saison, Jean François : "je vais te montrer, tu vas voir, elles habitent là"




Palmes, masques, tuba, elles sont bien là, deux, trois mètres en dessous, je pense en avoir vu au moins trois et elle se laisse même approcher (voir la dernière photo, son oeil et la bouche). Tristan et moi y avons gagné une belle otite, mais le spectacle valait vraiment le déplacement, oui le déplacement, les 10 000 milles ...

Ballade sur les motus, picnic, et pêche dans les hoas, Jean François nous à organisé la totale.

Pêche dans les hoas, après avoir barré le hoa, une battue et en principe des poissons plein le filet, là, trop de vent, trop de courant, mais quand même suffisamment de poissons pour le dîner.

mercredi 3 juin 2009

Escale à Rangiroa

Encore une traversée qui s'achève, des Marquises aux Tuamotus. Rondement menée, je vous donne la météo, c'était simple : sur toutes zones Polynésie 20/25 noeuds, rafales à 30/35. Je vous dis ça parce que la suite est intéressante. Donc la traversée rapide, au portant, encore une fois le plein de poissons. Ils m'ont encore cassé pas mal de lignes, il y a eu quelques touches impressionnantes, je me demande ce que cela pouvait bien être, mais nous en avons remonté quelque uns, en particulier une bonite record, une bonne quinzaine de kilos. Et puis, après un savant calcul (savant j'exagère un peu) nous décidons de faire un stop à Rangiroa. Nous aurions été trop tard pour entrer de jour à Tikehau alors plutôt que de passer une nuit de plus en mer à attendre devant la passe, nous avons préféré entrer à Rangiroa. Je crois que l'équipage a apprécié, Lisa, en particulier. Donc Rangiroa, toujours pour avoir le plus de lumière possible je choisis la passe la plus à l'Est, la passe de Tiputa. Et bien j'en connais une qui maintenant ne va plus regarder Trousse Chemise de la même façon. Je vous donne un extrait du guide : La passe est le siège des courants les plus violents, pouvant aller de 6 noeuds en temps normal à 8/10 noeuds dans les plus mauvaises conditions. En vrai, cela donne à l'extérieur un beau mascaret, en forme de grand accent circonflexe, compte tenu de la météo (que je vous ai déjà donné, le tout établi depuis déjà 4 jours), la mer est disons, un peu grosse et légèrement perturbée. Surf sur les vagues du mascaret en visant la zone qui parait la plus calme, puis virage à droite, serrer la droite de la passe, surveiller le speedo, "alors on avance encore ?". Tristan devant l'ordi surveille tout ça. L'eau passe du bleu foncé du grand large, au blanc du mascaret, puis au turquoise avec la remontée des fonds. Dans la lumière qui décline avec le soleil qui descend dans notre dos, impressionnant mais superbe aussi et pour parfaire le spectacle de gros dauphins viennent nous accompagner et sautent de part et d'autres du bateau et puis tout d'un coup tout se calme et vous voilà au milieu d'un lac. Un lac immense, on ne voit pas les rives, le lagon est long de 45 milles et large de 18. Virage à droite vers le mouillage du Kia Ora, la carte postale, et là surprise : "Christophe ?". A l'arrière d'un cata de 60 pieds, Christian Corvellec, le responsable Dream Yacht à Tahiti à qui nous devons livrer le bateau. Une partie de la soirée à bord et rendez vous pris à Moorea dans quelques jours. Baignade, encore des grains pendant la nuit et le lendemain départ vers Tikehau notre escale aux Tuamotus ou nous allons retrouver Jean François.
A demain donc.

CM

Arrivée à Tikehau

Après le petit déjeuner, départ vers Tikehau. Une petite navigation dans le lagon. Malheureusement, il y a toujours beaucoup de vent, donc les eaux sont troubles, et oui, tout ne peut pas être parfait ... Non, je ne plains pas, j'explique ... On ne voit donc pas bien les fonds et on se remet à la carte et au chenal indiqué. Nous sortons cette fois çi par la passe d'Avatoru, beaucoup plus facile (et puis on s'habitue à tout, n'est ce pas). C'est quand même très joli (quand je dis très joli, c'est que je ne trouve pas les mots pour décrire, pas tant le paysage mais l'ambiance), Laurence et Tristan on fait des photos. Dehors, toujours du vent, du portant, 4 heures de navigation et sous le vent de Tikehau la mer s'aplatit, encore une bonite et une magnifique coryphène (peut être notre plus grosse) qui casse la ligne à 2 mètres du bateau, Tristan et moi avons pris le fil et le plomb qui restait en pleine poire ... c'était le dernier hameçon. La passe (elle est sous le vent, donc plus tranquille) et à nouveau le calme du lagon. Un mouillage à l'abri dans un grand cirque de corail, baignade, visite du motu sous le vent avec ses cocoteraies, son hoa et sa plage de corail.






Grain sur Tikehau


Nous quitterons ce mouillage pour aller au village retrouver Jean François qui atterrit dans quelques heures et qui va nous guider dans la découverte de ce lagon. Je vous abandonne donc sur cette terrifiante perspective.


J'ai oublié de vous dire, juste pour en remettre une couche, tout ça est désert, nous sommes seuls au monde, pas un bateau au mouillage ...


Tout le monde pense quand même à tout le monde, et moi particulièrement à Sabine. Je t'appelle.

CM

Quelques photos "terrestres". C'est tout petit, mais très ... joli ...