CM
Pos : le 11 : 07 35 35 S - 123 53 23 W, le 12 : 08 18 09 S - 126 33 97, le 13 : 08 50 56 S - 129 37 23 W, le 14 : 09 18 41 S - 132 50 68 W
Un livre de bord, quelques récits de croisières en voilier, pour donner des nouvelles à nos familles et aux amis et pour ceux que notre expérience peut intéresser.
Pos : le 11 : 07 35 35 S - 123 53 23 W, le 12 : 08 18 09 S - 126 33 97, le 13 : 08 50 56 S - 129 37 23 W, le 14 : 09 18 41 S - 132 50 68 W
Et oui les bonnes choses ont une fin, fin de série, une dernière journée à 202 milles et puis ça y est, le vent faiblit et adonne. Zut, on se voyait déjà ... pas en haut de l'affiche, mais au mouillage aux Marquises. Et bien, il va falloir patienter, 3 jours au moins devant nous sans trop de vent, ah si nous avions un spi ... Alors les Marquises, quand ? Tahiti, quand ? Je n'en sais plus trop rien, d'autant plus que question Gas Oil, on a ce qu'il faut, mais pas plus, plus question de journées au moteur. Allez, je reprend un grib, soyons optimiste, dans ce coin il y a toujours du vent, sinon, les Marquises à 6 noeuds et bien ce sera le 17 Mai. Et puis du coup, un peu moins de tension à bord, si tension il y avait, sans blague, il n'exagère pas un peu de temps en temps, allez savoir ... Panneaux ouverts, séchage, on refait une séance Groupe + Dessal, pour récupérer un peu d'eau, on a remis une ligne et puis cette nuit, j'en ai profité pour me faire une séance étoile, ça y est je crois que je localise sans hésiter Arcturus, après la grande ourse, Antares, dans le Scorpion, celle là ça fait un moment en fait que je l'ai repéré, et puis une que vous avez peu de chance de voir, Alpha du centaure, la troisième plus lumineuse après Sirius et Canopus, elle est très sud ... Et une heure avant le lever du jour (tiens nous sommes passé à TU - 8), 3 planètes d'un coup, Vénus, Mercure et Jupiter, on les voit bien, Mars apparait un peu après mais trop tard, la lumière naissante du soleil est déjà trop forte, on ne la voit pas. Bon, vous l'aurez compris, en gros rien de spécial, juste un grib pour voir si ... Et comme d'habitude, tout le monde embrasse tout le monde.
CM
Pos le 10 : 07 07 97 S - 121 14 34 W à 1 061 milles des Marquises
Je vous avais laissé sur une belle série, série en cours et bien effectivement la série continue, et elle continue bien. Je crois que je n'avais jamais été aussi vite, aussi longtemps depuis que j'avais arrêté de faire des courses : le 7 : 220 milles et ensuite, 239 & 238, 1 116 milles en 5 jours, 4 jours et demi pour 1 000 milles. Bon c'est pas Groupama, mais pour un cata de croisière, somme toute assez confortable, pas mal non ... et la série est toujours en cours, puisque le vent est de la partie. Le Pacifique commence à ressembler à sa légende, n'exagérons rien, ce ne sont ni les 40ième rugissants, ni les 50ième hurlants, nous pourrions parler de 10ième "Soufflants". Le vent bien établi au Sud Est, la houle qui a pris de l'ampleur, l'océan respire enfin ... et, c'est ce que j'avais dit à Vincent : "Tu vas voir, le Pacifique, on touche l'alizé, 18,20 noeuds, on se cale à 110, 120° et vavavoum, 180 milles par jour" En fait, un peu plus de vent, 20/22 noeuds, nous sommes maintenant avec Génois lourd et GV à 1 ris, bien calé, et c'est presque 240 milles par jour, pour peu que le courant y mette du sien. Encore le courant, mais comment fait t'il pour savoir si il y a du courant ? Ben c'est simple, nous avons SPD & SOG, autrement dit Speed, vitesse sur l'eau, une roue qui tourne dans l'eau et SOG speed on ground, ça c'est le GPS. En principe on profite d'un endroit sans courant pour étalonner SPD = SOG et ensuite si SPD est plus grand que SOG, c'est que le courant est contre nous. Il n'est plus contre nous, mais très proche de 0. Dans ce coin, nous devrions avoir du courant équatorial favorable, un bon noeud, soit 24 milles par jour, alors 260 milles ? Ne rêvons pas, je dois prendre un grib, mais en principe le vent tombe un peu demain et adonne sur la fin de parcours, si il adonne, fini, nous ne sommes plus calé, on ne joue plus avec le vent vitesse et sans spi, on devrait ralentir, on va voir. Un peu de repos ne serait pas mal non plus, nous sommes quand même un peu en mode guerre des tranchées, hublots et capots fermés, une ou deux inondations suite à quelques oublis, reste encore les fuites. Quart de nuit, souvent à la barre, ciré obligatoire, sinon douche garantie, avec ce radeau de survie trop bas, il écope gentiment chaque grosse vague et c'est la douche au poste de barre, j'espère juste que nous n'allons pas le perdre ... ça cogne pas mal aussi, on pourrait sans doute aller plus vite en larguant le ris, mais là je ne garantie plus l'intégrité des emménagements, ils vont s'envoler ... Et sinon quoi d'autres, et bien rien, toujours le désert, même plus de calamars, nous avons arrêté de pécher et seuls quelques dauphins viennent nous rendre visite, et encore subrepticement et toujours de nuit. Oh la la, vivement les Marquises ! Quand ça ? 1 200 milles, moins de 6 jours ? On peut rêver ... Le 16 serait pas mal déjà, l'équipage va t'il survivre à tant de tension, le capitaine a t'il encore assez de cigarettes ?
CM
Pos le 7 : 05 03 74 S - 110 03 41 W, le 8 : 05 47 76 S - 113 59 06 W, le 9 : 06 35 62 S - 117 53 91 W
210, 209, 163,166 & 198, ce sont les milles parcourus depuis les Galapagos. 210 au 250, 209 au 251, 163 au 251, en plus nous sommes pile sur la route. Moi qui craignait quelques calmes après les Galapagos, du calme à 160 milles par jour et bien je suis preneur. Et puis ça y est, le mur des 200 milles allègrement franchi, et encore sans le courant, pour peu que le courant y mette du sien, tiens c'est vrai ça depuis le départ presque toujours contre le courant, disons 80% du temps, bizarre, bizarre. En tous cas depuis 2 jours, Hudson est passé en mode TGV et ses coques tracent 2 profonds sillons, comme 2 rails argentés qui se perdent dans la nuit et dans l'immensité du Pacifique. Et chaque nuit, des nuits noires en ce moment, le ciel est souvent couvert, pas d'étoiles, pas de lune, quelques grains, quelques gouttes de pluies et derrière nous un sillage incandescent qui brille des éclats du plancton dérangés par nos étraves. De part et d'autres jaillissent comme des traits de lumières de nombreux calamars et plus inquiétants, de longues trainées approchent de nous, en fait quelques dauphins qui viennent voir ce que c'est que cet engin perturbateur. De jours, c'est moins impressionnant, plus de phosphorescence et surtout le désert, cette fois ci, c'est grève, à part les poissons volants, 2 daurades ont finies dans l'assiette, quelques touches ratées, nous allons un peu vite, mais foin de requins, orques, baleines et autres globicéphales. Une consolation, les calamars, le matin ils remplissent le pont, hier soir de quoi faire un repas complet, un super risotto préparé par Vincent, je m'étais tapé l'épluchage, un peu fastidieux mais ça vaut le coup d'autant plus que mes deux jeunes sont friands de Chipirones ... Petite, grosse interruption, Vincent a fini le repas, encore de la daurade, christophine, carotte et aubergine, euh non courgette, donc super repas, je me suis régalé et, et ... encore une daurade. Je vais donc essayer de conclure rapidement, il faut aller la découper. Donc, et bien, du vent, encore du vent, le grib est pas mal pour les 3 jours à venir, il va peut être falloir que nous manoeuvrions un peu, 1 ris ? Pour l'instant, c'est génois léger, GV à 110° du vent, vent qui souffle entre, allez disons 15 et 22 noeuds. Cela pourrait forcir un peu, quoiqu'il arrive sans doute encore 3/4 jours à cette vitesse. Il nous reste au moment ou j'écris ces lignes, TU - 7 ici, 9 heures de décalage avec la France, quand je fais le point de 12h TU, il fait maintenant nuit noire, donc il nous reste 1 860 milles avant les marquises, 4 jours, allez 800 milles, 1 000 milles ensuite, 5 jours ? Disons 7, 11 à 12 jours grand maximum, donc le 18, le 16 au plus tôt. Encore un peu d'eau douce, le bricolage du groupe tiens encore, pour charger les batteries, c'est moteur, je fais donc encore un peu attention à notre niveau de fuel, c'est pas encore 100% gagné, il faut encore entretenir un peu de suspens, mais bon, j'ai connu des situations plus difficiles ... Et puis quelques nouvelles, j'ai cru comprendre que Ben était tombé sur un os, que Marine passe au second tour, tiens c'est les sondages qui font les élections ? Plus la peine d'aller voter ... Bon, je reste en mer ... Il faut peut être que je songe à des "nouvelles du Pacifique", pas encore d'humeur ... et si, une dernière chose, il semble vraiment que nous soyons loin de tout, loin des satellites aussi, j'ai eu beaucoup de mal a établir une connexion aujourd'hui, donc pour la suite je ne vous promet rien, mais ne vous inquiétez pas, si pas de nouvelles, bonne nouvelle, ou plutôt, panne ou grosse flemme. Comme d'habitude, tout le monde embrasse tout le monde, et soyez sur que nous pensons très fort à vous.
CM
Pos : le 4 : 02 59 60 S - 99 36 07 W, le 5 : 03 39 69 S - 103 01 24 W, le 6 : 04 20 75 S - 106 27 40 W
Déception : Dimanche 1er Mai.
Comment ça déception, de quoi se plaignent ils encore ? Ils sont de l'autre coté de la ligne (et oui c'est fait), il doit faire beau, c'est quoi ces histoires ? Et bien oui, une petite déception quand même, nous sommes passé au ... devinez ? Au sud des Galapagos et nous sommes passés vite, (trop vite ? Non quand même pas), mais de nuit pour la presque totalité, seules quelques heures au petit matin nous ont permis de contempler Isabela, incroyablement verte, et oui d'habitude c'est un désert sec et aride, avec quelques cactus, vous savez cette histoire de pinson, son bec c'est bien aux graines de cactus qu'il s'est habitué, non ? Et bien là, tout était vert, vert et gris, brouillard et pluie, incroyable non, à terre cela devait être joli les cactus en fleurs, mais c'est à croire que les animaux marins du coin complètement dépaysé ils ne doivent pas aimer la pluie, ils ont tous fuit. Rien, pas le moindre dauphins, pas de requins, pas d'espadons, quant aux baleines ou autres ca
chalots, rien, faire tout ce chemin pour ça ... petite déception.
Sinon, le sud a t'il payé ? Difficile à dire, il aurait fallu avoir un "concurrent" au nord, mais ça semble pas mal, nous avons déboulé le long des côtes alors que je craignais des calmes et la journée suivante qui elle aussi menaçait d'être au moteur est notre plus grosse journée depuis le départ, nous aurions explosé les 200 milles si il n'y avait pas eu ...
Pos : 01°07,20 S - 91 01 47 W
Pécher ou être Péché : Lundi 2 Mai
Ouille, To be or not to be, pécher ou être péché, qu'est ce qu'il va encore inventer. 198 milles au compteur, nous aurions du en faire environ 220, mais cette fois ci c'est nous qui avons été péché. Avec Victoria nous avions eu le filet, cette fois ci ce sont des lignes. Déjà il y a quelques jours à mi chemin entre Panama et les Galapagos nous nous étions empêtrés dans une ligne flottante, mais nous nous en étions aperçu tout de suite et nous nous en étions débarrassée facilement, cette fois çi de nuit, je pense que nous l'avons promenée pendant un bon moment. Au petit matin, dérive tribord, toujours un peu dure, coincée ? Je remet une ligne, "tiens j'ai déjà pêché quelques chose, bizarre" : Nous promenions depuis des heures avec une ligne immense derrière nous, un flotteur 200 mètre derrière et cette fois ci il nous a fallu un bon moment pour nous en débarrasser? Bateau arrêté, après avoir plongé un moment, je laisse Vincent prendre le relais, son souffle et encore pas mal d
'efforts font la différence, nous repartons au bout d'une bonne heure, encore une fois les 200 milles sont ratés. Et déjà que je peste pas mal contre la pêche industrielle, ces lignes, flambants neuves sont totalement invisibles et le bateau que nous avons aperçu dans le coin dans la soirée était encore dans la zone protégée des Galapagos ... grrrr. Et en ce Lundi 2 Mai, lendemain de fête du travail, j'aurai pu aussi trouver un autre titre du genre "Casto" ou "Vincent la débrouille" : Après cette ligne qui de bon matin nous occupe un moment, nouveau problème : démarrage du groupe : Pof, il s'arrête, Alarme "No Raw water flow". Le système d'alarme marche bien, c'est déjà une chose, mais après avoir checké tout le système, filtres, vannes, colliers etc, nous devons nous rendre à l'évidence, c'est surement la pompe à eau. Ce coup ci ce sont les compétence mécanique de Vincent qui sont mises à l'épreuve. Dans un premier temps, démontage de la pompe, effectivement le rouet est cassé, dans un second temps, démontage de l'échangeur pour récupérer les morceaux cassés et surtout dans un troisième temps après remontage du groupe, mise en place d'une pompe de secours, nous en avions deux, des pompes de vidange, bidouillage d'un système qui marche, pas trop longtemps, 20 minutes pas plus, mais c'est mieux que rien. En effet qui dit panne de groupe, dit panne de dessal. Jusque là tout fonctionnait très bien, du coup nous ne gérions notre eau que d'un oeil, et il ne nous en restait plus beaucoup. Nous allons refaire nos pleins petit à petit et nous passons en mode Victoria, sans groupe, tout à l'eau de mer ... juste une petite douche de temps en temps.
Pos : 01°50 50 S - 94 14 80 W
Et puis pour conclure le troisième jour :
RAS : Mardi 3 Mai
Et oui rien a signaler, une grosse bonite hier soir que nous avons remise à l'eau, deux lignes cassées, mais imperturbable le bateau file bon train, nous nous éloignons de la zone de calme, toujours un peu de courant contraire, tiens bizarre à cet endroit nous devrions avoir attrapé le courant équatorial, alors Nino à nouveau ? Peu probable quand même. Je vais prendre un grib par acquis de conscience, on peut ouvrir les paris, à quand l'atterrissage aux Marquises ? J'ai mis deux fois 17 jours à partir des Galapagos, là, le vent est là, pas très fort, mais il et là, le bateau va vite, tout va bien, pas de soucis de GV et de latte, Vincent assure à 200% ... Antoine, un peu moins, bon c'est pas son métier, là c'est surtout question lecture et surtout Westlake qu'il assure, et de mon coté même si mon épaule ne me laisse guère tranquille, je n'ai plus d'attelle etc ... et j'assure coté sieste ... serein, je n'ai jamais aussi bien dormi ... donc moins de 17 jours, (moins de 24 au d
épart de Panama) j'espère bien, les paris sont ouverts, avant le 18, le 17, le 16 ... Et puis ce grib me donne l'occasion de donner des nouvelles, d'en prendre, peut être, on va voir, en tout cas, je vous l'assure, tout le monde pense à tout le monde et nous vous embrassons très fort.
CM
Pos : 02°25 71 S - 96 56 81 W à 2 540 milles d'Hiva Oa.
Deux belles journées sans moteur, 153 et 154 milles de 12h à 12h, pas vraiment sur la route mais vers l'alizé. Je n'en demandais pas tant, si en fait je suis bien content. Du coup je me dis que nous allons passer au sud des Galapagos, raser Santa Cruz et Isabela. L'avantage, nous gardons ce courant de sud, pas très fort, 8/10 noeuds, mais au près avec le vent apparent c'est comme ça qu'on va le plus vite. Nous devrions toucher l'Alizé plus vite, toucher le courant portant et en cas de panne de vent nous passons devant Academy Bay, où nous pourrions nous arrêter refaire du fuel (mais ça aussi cela devrait passer). En passant au Nord, la route est plus directe, mais avec moins de vent, sous le vent des îles avec même une période de vent de face, et le courant reste plus longtemps contraire. Une dernière contrariété, quoique l'on fasse nous risquons de passer de nuit devant les Galapagos, ça c'est un peu dommage. Et comme prévu par M. Grib, après ces 2 jours sur notre route, le
vent refuse, nous ne faisons plus la route, ouille, d'après les fichiers, cela devait passer, juste mais passer quand même, alors juste un nuage, Nord ou Sud ? Il faut que je reprenne un fichier, du coup je me connecte et vous avez le droit à quelques nouvelles. A part ça ? Et bien, le pacifique, je vous en avais déjà parlé non ? Encore une couche, 3 tortues, 1 requin, des dauphins, petits, gros, gris, presque blanc, un globi de la même couleur, les petits dauphins sautent comme des malades, les gros viennent jouer avec le bateau, ah oui, la pêche aussi. Bon là c'est l'ambiance OK Corral, ça craint pour mes lignes, nous avons raté 2 marlins de plus et un espadon. Le dernier, un marlin magnifique (si, si j'ai une photo ... très floue) a tout emporté, encore 2 comme ça et je n'ai plus de fil ... Mais ne vous inquiétez pas nous avons encore à manger, 5 bonites de plus, nous en avons remises 2 à l'eau, la bonite ce n'est pas le top, il faut que l'on garde de la place dans le freezer ... Nous avons revu nos amis Australiens, aperçu derrière et irrésistiblement ... distancés, non mais sans blague. Et puis, je vais m'arrêter là, mais très bientôt : la ligne, alors que vais je faire avec mes 2 bizuths, je commence par être gentil, bonite mayonnaise, steaks, patates sautées et champagne, tout est prêt, ce midi, ce soir ? ça dépend du vent, vite mon grib ...
CM
Pos : le 29 : 02 10 78 N - 86 56 58 W, le 30 : 00 24 12 N - 88 47 42 W à 3 054 milles des Marquises
Samedi et Dimanche 23 & 24 Avril
Le Canal
Rendez vous à deux heures sur le flat, la zone d'attente ou nous attendons notre pilote. Nous sommes "Twenty One Charlie" : Twenty One, le 21ième passage de la journée, Charlie le 3ième bateau dans l'écluse. Devant nous, un pétrolier et un catamaran d'excursions, après nous "Delta", un plan Caroff, un couple de marseillais et 3 amis d'un autre bateau qui les aident à passer le canal. Nous passerons ensemble. Donc finalement assez tôt dans les écluses de Gatun, nous passons de jour sans problème, "Well done Captain", "Thank you sir", et profiterons de la fin de soirée pour tranquillement prendre une bouée sur la lac. Au passage un aperçu des travaux en cours, le percement des nouvelles écluses a commencé. Le mouillage est nettement moins beau et plus bruyant. Plus bruyant, pas vraiment, disons que camions et bulldozers ont remplacé les singes hurlants. Le lendemain matin notre pilote arrive tranquillement, les autres bateaux (un italien va venir se joindre à nous) sont déjà pa
rtis, mais nous sommes plus rapides. Cette fois ci en plus nous passons par Banana Channel. Lui aussi élargi, la forêt pétrifiée a disparue, mais c'est quand même amusant et nous gagnons une bonne heure. Dès midi nous sommes devant Miraflores et nous descendons 3 bateaux à couple vers le Pacifique. A nouveau sans problème, "Very Well Done Captain", re thank you Sir, avec un vrai pilote et le plus gros bateau, c'est nous qui commandons la manoeuvre, pas si difficile en fait, mais bon un petit compliment de temps en temps ... et puis je suis quand même bien content d'être de l'autre coté. Un stop express à Balboa où nous déposons nos handliners, le plein et c'est parti ... Le Pacifique, un bon vent et très vite nous sortons de la baie, les Tabogas sont dépassés et déjà les dauphins et une première daurade dans le bateau. Pour Antoine, ça en fait des choses en si peu de temps, il y en a qui ont de la chance ...
Lundi, Mardi 25, 26 Avril
Après une première journée ultra rapide, le vent tombe (moteur) et la chaleur monte ... pour atteindre des sommets, l'eau à 34 et l'air ... elle bout ...
Mercredi, Jeudi 27 & 28 Avril
Pot au noir
Après avoir tant chauffée (l'air) et bien il fallait bien qu'il se passe quelque chose, facile à deviner, nous sommes dans le pot au noir, des grains, des orages, deux jours que cela dure, un peu fatiguant cette histoire. D'autant qu'avec cette pluie notre nouvel aérien de girouette a lui aussi rendu l'âme alors que nous en avons justement besoin maintenant. Par contre, un peu de vent de temps en temps qui nous permet de progresser sans moteur. Nous passons la journée de conserve avec un Sun Odyssey 54 australien, parti depuis 3 ans, ils achèvent leur boucle. Nous les avons aperçu dans la nuit, pris contact ensuite et nous nous prenons un peu au petit jeu de la régate. Au passage nous ratons un premier Marlin, aucun doute nous l'avons vu sauté. Nous perdons nos compères dans la nuit, ils ont prévu une escale à Santa Cruz, j'essaye d'aller directement aux Marquises. Ce matin, à nouveau des grains, le vent qui se lève après une nuit au moteur, un nouveau Marlin raté, lui aussi
a sauté. Mon souci maintenant, c'est le fuel, je préfère ne pas m'arrêter aux Galapagos, j'ai plus de sous ... mais est ce que cela va être possible. Il faut que je prenne un grib pour faire un point, on verra. Des nouvelles de l'équipage, et bien j'espère qu'il prendrons la plume bientôt, mais, et bien Vincent, en forme, mais déçu, le second Marlin raté lui a porté un rude coup au moral, et Antoine, il apprend, découvre, déjà des baleines, des dauphins, une daurade, les calamars sur le bateau, le Pacifique quoi ... et, et il n'a pas le mal de mer. Je vous dis qu'il y en a qui ont de la chance. A bientôt et bien sur tout le mode embrasse tout le monde.
CM
Pos : le 25 : 07 04 68 N - 80 17 77 W, le 26 : 05 45 36 N - 81 54 32 W, le 27 : 04 47 72 N 83 17 85 W, le 28 : 03 56 59 N - 85 06 28 W à 3 320 milles des Marquises
Zut encore une fois une arrivée de nuit à Colòn. Vous allez me dire : Quoi, depuis le temps, pas capable d'arriver de nuit ... Mea Culpa, juste une envie, c'est la quatrième fois et je n'ai toujours pas vu cette côte de jour. Et puis, il faut le voir de nuit aussi, c'est le B...L , des dizaines de bateaux au mouillage, dès qui partent, dès qui arrivent, il fait quoi celui là, rien, ah, non, il pêche ... Je prend donc un grib, histoire de vérifier et puis de prendre des nouvelles, d'Antoine qui vient peut être nous rejoindre par exemple. Encore 190 milles, devant nous le vent doit tomber, nous arrivons au portant, la dernière panne vent arrière ? Non autant éviter, très tactique cette fin de parcours. Quand à notre traversée ... Et bien avant hier j'ai failli prendre ma plume, prendre ma plume rien que pour vous dire que tout allait bien. Mais comment dire, vraiment bien. Une nuit, une matinée une journée, quelques heures ... de bateau. Le vent, la mer, rien à faire je ne suis
pas Conrad. Mais imaginez, seul, en face d'une terre mystérieuse, les plus hauts sommets de Colombie, au loin des éclairs de chaleur, le bateau glisse à plus de 10 noeuds sur une mer formée. La mer est toujours grosse, ici. Baranquilla, le Rio Maddalena, Carthegena de los Indias, Garcia Marquez, le Black Pearl. Maracaibo et le Venezuela ne sont déjà plus qu'un souvenir, la Colombie aussi, Panama approche et je vous laisse. Juste un inquiétude, dans le dos, j'ai l'impression que quelque chose pousse au dessus de ma colonne, et puis je vois de mieux en mieux, ma vision périphérique surtout, sur les cotés, peut être même derrière, fish eye ? Quand à ma peau, de plus en plus dure ... Et Vincent qui remet une ligne, un barracuda ce coup ci ... à l'eau. Je veux pécher une vache ...
A très bientôt, dans la nuit, et oui, de Dimanche à Lundi
CM
Pos : Le 15 : 12 31 24 N - 72 21 44 W, le 16 : 11 22 31 N - 75 09 25 W
TU - 5