vendredi 24 octobre 2014

Carmen, olé, toréador, prend garde ...

Vendredi 24 Octobre

Et voilà, c'est le grand air, enfin. L'option sud a payée, nous avons touché le flux de N/NE qui souffle habituellement dans cette région et vavavoum ... Le pied sur l'accélérateur, on se glisse au sud de la zone de calme et en principe (je reprend une météo) nous devrions garder un vent soutenu un bon moment voir jusqu'en Martinique. Enfin, quasiment 2 jours de retard sur une traversée "normale" après un première partie de traversée déjà bien longue je commençait à un peu m'inquiéter pour nos délais de livraison. Ça devrait le faire, mais nous ne pouvons plus guère trainer. La Martinique, le 6 ? Sans doute, peut être avant si les conditions que nous avons tiennent, je le souhaite. Et puis sinon ? Avec le vent au portant, le soleil et des poissons en cale, tout va bien. Romain se creuse le ciboulot pour varier, daurade à ... Citrons, coriandre, aneth, curry, crème tout y passe. Pas de malaise cette fois ci, et vous savez quoi, on ne s'en lasse pas. Ah si, j'allais oublier, j'ai fait une petite erreur la dernière fois. DCP, ce n'est pas dispositif de concentration de pêche. Mais dispositif de concentration de poisson, bon, ça ne change pas grand chose. Je vous laisse, ce coup ci nous allons attaquer notre filet mignon ... Pas la peine non plus de laisser pourrir nos reste de viande non ? À bientôt et tout le monde embrasse tout le monde.

Pos : 18°51.89 N 26°47.43 W à 1 974 NM de la Martinique

mardi 21 octobre 2014

Carmen, le lièvre et la tortue

Mardi 21 Octobre,

Ça y est, je reprend la plume. Pas vraiment motivé, mais il faut que je fasse un point météo. Alors quitte à se connecter ... Et pourquoi n'est t'il pas motivé ? On se demande, peinard, il traverse alors que ... Alors que l'on prend le RER. Je me tais. Mais jusqu'à présent rien de bien extraordinaire. Une première partie jusqu'aux Canaries. 2 fronts, des calmes et ... La routine.
Ah si quand même des dauphins au large du Portugal, je n'en avais jamais vu autant. Et puis, une nuit de pleine lune, gros grains, grosse pluie. Le vent balaye le nuage et ... Et ça, je ne l'avais jamais vu non plus, un arc en ciel. Parfait, tout le cercle. Blafard, blanc ... En pleine nuit. Bon je sais, la moitié d'entre vous vont me dire qu'ils connaissent. Alors pourquoi écrire ?
La suite. Escale rapide aux Canaries. Un souci de pilote quand même. La transmission pilote/safran cassée. Ça aussi on me l'avait pas encore fait. C'est réparé, mais rassurez vous ça ne devrait pas tenir, je ne vois pas comment ça a cassé et là, tel que c'est ... Je ne vois pas pourquoi ça ne casserait pas à nouveau, entretenons le suspens ...
Escale à Cascais, ballade à Lisbonne. Escale aux Canaries, le plein, les courses et ... Changement d'équipage. 3 petits jeunes à bord, un peu malades, un peu fatigués ... De la tyrannie du capitaine ? C'est sûrement ça, bon courage et bon vent à eux. Comme dit l'autre je ne vais pas les forcer ... Bruno est venu nous rejoindre. Une soirée avec Cécile et Claire, qui elle aussi ont débarqué leur équipage, où le contraire, mais ça on s'en fout. Elles vont probablement continuer toutes les 2, et Jean Paul, tu es là ? Cécile, c'est la jeune femme qui avait remonté Laviebel à Tortola. Et puis il faut partir, la météo n'est pas bonne, rien de grave, pas de mauvais temps, mais juste ... Tout contre, le vent, le courant, un front ... Encore.
En 3 jours, nous avons déjà pris une journée de retard sur une traversée normale. A ce rythme, le lièvre et la tortue, l'escargot oui. Noël en Martinique ? Tiens au fait Claudy, vous arrivez quand déjà, je crois que nous pourrions nous y voir finalement, en Martinique. Ah et puis dommage que nous n'ayons pas un congélateur, voir carrément un chalutier, j'aurais pu vous apporter de la daurade. Nous n'avions guère pêché. 2 maquereaux et une petite daurade. Et puis hier début d'après midi, Romain et moi, tranquille devant le café (les autres font la sieste ... ). Bon, nous ne regardions pas vraiment devant, 8/10 nœuds (de vent), mode vent à 48° degré. Rien d'angoissant. Donc en terrasse, vu sur les lignes, et paf ça attaque, une meute de petites daurades qui se ruent sur nos leurres, on en sort une et, et nous venions de passer un véritable DCP (Romain à beaucoup insister pour que je vous raconte cette histoire).
Alors un DCP ? Claudy, Michel, taisez vous ... Alors ? Dispositif de concentration de pêche ... Aux Antilles par exemple, un long mouillage, des pneus, du bois, en deux mots des épaves, et au bout de quelques mois (4/5), la vie reconstituée autour de ces épaves attire les prédateurs. Et nous sommes tombés sur un gros reste de filet, 2 grandes perches, une trentaine de bouées, du bout, du filet, une quinzaine de mètres de "trucs" dérivant à la surface. Et là, devinez, je ne résiste pas, Romain, on roule le génois, moteur, on va faire le tour, un premier tour, et paf, nous les voyons les daurades, on remue un peu le leurre et c'est parti, une belle daurade, un second tour. Repaf, elle lâche, allez encore un tour, c'est bon ... On arrête ? évidemment y'a plus de place. D'autant plus que Romain et moi avions été un peu (moi), beaucoup (Romain), malade après notre première daurade. Alors n'exagérons rien ... Cette nuit Romain a fait un cauchemar. Des coryphènes lui mangeaient l'estomac ... Et moi, je fais beaucoup de rêves, comme toujours en bateau, rêves que je ne détailleraient pas, mais quand même je me suis dit ... Et si nous avions tourné, et tourné, et tourné, 10, 20, 30 daurades ? D'autant plus que ce sont de belles daurades, 13 kgs. Vous verrez les photos, les ptis jeunes arrivent à peine à les soulever. Pour moi, c'est bon, le Marlin au taquet, la daurade idem ... Les thons rouges, ah euh non, je ne vous l'ai pas dit ... Et si je péchais l'alizé, le vent dans le bon sens ? Ça serait plus malin non ? Et bien du coup, je vous laisse, je plonge au sud, sortir de la mélasse et demain soir ? l'Alizé ? Je me connecte, je prend un fichier,et peu être vous renverrai je un jour des nouvelles. Rassurez vous tout va bien à bord. On a encore à manger et ouf ... Tout le monde aime le poisson. Et ces daurades sont bien passées. Tout le monde embrasse tout le monde

Carmen. Le 21/10 23°50'98 N 20°37'56 W à 2 335 NM de la Martinique

samedi 4 octobre 2014

Carmen, premier contact

Je fais vite, j'ai de la 3G, nous atterrissons au large du Cap Ortegal et je n'ai pas eu le temps "d'écrire" quelque chose de soigné, donc quelques nouvelles, un copié, collé dans le groupe.
Le départ un peu précipité, la Meteo nous prévoyait quelques ennuis avant de sortir du golfe de Gascogne et une suite un peu compliqué à la hauteur du cap Finisterre. Du coup je suis parti aussi vite que possible, et un peu précipitamment. Il va nous falloir compléter assez vite un peu d'armement, finir l'inventaire et quelques rangements. Départ dans de bonnes conditions, une demi journée, une première nuit, une journée complète et presque une nuit cool, Carmen alterne valse sur mer plate, tango au reaching sur mer plate et un peu de slow au moteur. Ce matin ça se gâte, le mauvais temps est là comme prévu, plus fort que prévu, mais heureusement après quelques heures de bousculade, le vent tourne et nous poussent vers la sortie du golfe. La mer étonnante, pour la première fois ... De ma vie ... Une vague frappe le bateau et un des hublots latéraux s'ouvre, résultat : la cabine avant tribord est transformée en piscine. Je vous laisse, j'ai peur d'avoir perdu le réseau. J'envoie, vous me raconterez ...
Tout le monde embrasse tout le monde.

jeudi 2 octobre 2014

Carmen, un navire en mer

Jeudi 2 Octobre

Carmen
Carmen est un navire en mer, ou presque ... Écluse à 10 heures, un petit essai en mer et nous devrions réellement partir dans l'après midi. La météo , superbe il y a 2 jours s'est bien dégradée, la sortie du golfe va se corser ... Peut être, on verra. Je copie/colle ce post dans le blog, juste pour voir si ça marche et donner le signal de départ. J'aurai sans doute une séance de moteur assez longue au début. J'en profiterai pour me reposer un peu et vous envoyer des nouvelles.

samedi 2 août 2014

Sénèque, de passage à Gibraltar

Juste quelques mots, traversée sans histoire des Açores à Gibraltar. Conditions météos conformes aux prévisions, vous voulez des détails, grisailles ... Triste ... Il fait beau chez vous ? Un peu de vent quand même, on s'est fait un peu secouer la première nuit et puis pendant 2 jours au reaching, 2 ris, 3 ris de temps en temps et mer assez grosse, ça tapait pas mal. Mais il faut reconnaître que le grib, GFS pris à Horta à quasiment été exact jusqu'au bout, quelques détails mais pas grand chose. Pêche : 0 pas pointé, un petit thon, et une belle daurade de ratée ... Tarifa à minuit, du vent prévu en mer d'Alboran et sur le golfe de lion. On devrait arriver le 6 au soir, 7 au matin, à moins que nous je fassions une pause ravitaillement demain soir à Allerimar, supermarché pas cher ... Peut être même qu'on va aller à la poissonnerie ... Je profite de notre passage près des côtes, un coup de 3G ... Je ne sais si je serai plus bavard par la suite, mais rassurez vous tout va bien à bord. Tout le monde embrasse tout le monde.

jeudi 17 juillet 2014

Sénèque, en toute sérénité

Jeudi 17 Juillet

Depuis ces grains, ces orages, cette description qui vous faisaient presque croire que nous vivions Dante et son enfer, les choses se sont bien améliorées. Beau temps, mer belle, ambiance pour le moins sereine. Nous avons tout le temps de philosopher à loisir, et d'ailleurs on ne se gêne pas. Romain finit son dernier livre, j'ai presque épuisé mes ressources et Christophe aligne les classiques. Pas de problème non plus question repos, j'ai rattrapé mon retard. Je ne vais pas dire que l'on s'ennuie, mais bon ... La pêche, une petite daurade, un petit thon hier soir, rien de bien existant. La mer est toujours aussi désertique, quelques rares argonautes, un paille en queue de temps en temps, une ou deux hirondelles de mer fidèles aux rendez vous nocturnes, Christophe au début s'inquiétait de la présence de chauve souris ... Des sargasses, plus surprenant, je n'en ai rarement vu étalées comme ça sur de telles surfaces, d'habitude il n'y en a pas trop par ici. Alors, à quand la première baleine ? On avance, on avance, mais pas bien vite, sans génois léger, avec notre lourd trop petit et nos deux voiles version sac de pomme de terre, ça me fait un peu penser à ces images de grand prix auto quand on voit une voiture rentrer aux stand moteur cassé ... Dommage le bateau a du potentiel. Nous avons croisé la route de Kalima, et sommes montés plus nord. Les courants sont plus favorables il me semble, et nous n'avons pas trop souffert du calme. Nous sommes à peu de chose près dans les temps de Kalima avec nettement moins de vent. Du coup plus au nord, je pense que nous nous arrêterons à Horta, plutôt que Punta Delgada, d'autant qu'avec ce retard, l'escale va être courte et Sao Miguel mérite plus qu'une courte escale, la prochaine fois peut être. Remarquez ça dépend quand même du vent, on ne sait jamais, je crois que ça refuse. Mais je n'ai plus l'usage de mon arme fatale Weather4D, la version test installée sur les Ipads du bord ne démarre plus et pas de nouvelles d'Olivier, sans doute en train de naviguer lui aussi, heureusement Sylvie à pris le relais et puis comme ça j'ai plus souvent des nouvelles ... Je pourrai aussi revenir aux vieilles méthodes et visualiser les gribs sur SEAIq ou INavX mais quand on a essayé W4D, c'est plus possible, et plus de prévision de satellites , je ne peux plus m'en passer ... En parlant de nouvelles aussi, j'ai reçu un mail vide hier soir, un souci avec la boîte iridium, ça arrive de plus en plus souvent. C'était vers 22hTu, si quelqu'un se reconnaît, il faut me le réenvoyer. J'ai bien eu tes messages JP, c'est vrai que je ne répond pas, j'ai du mal avec la composition des messages sur l'iridium. Pour le satellite, à priori se ne serait pas l'ISS, mais plutôt un Japonais "Alos" et le lendemain, même position, même heure mais dans l'autre sens un autre japonais "Ajisai". Sous réserve, je suis loin d'être un spécialiste, j'ai regardé ça dans "Sky Walk" et je ne suis pas certain que ça colle exactement, alors satellite militaire ? Et c'est vrai que ces trajectoires de satellite, pas facile à suivre, ça va vite. Mais selon Sky Walk là ou nous sommes l'ISS est sous l'eau ...
Une dernière chose, un changement de programme, nous n'allons plus à Canet, mais Port Pin Rolland. À Canet le chantier est fermé et à PPR, il vont pouvoir faire une remise en état du bateau avant sa livraison. Bon dommage, Romain et Christophe sont un peu déçus, moi aussi je ne pourrai pas passer une soirée avec la bande de Leucate, amitiés à eux quand même, Bruno ce sera une prochaine fois, mais je ne peux pas faire autrement. J'ai fait les calculs on pourrait y être vers le 8, ça en fait du retard par rapport au programme initial. Presque 2 mois pour cette transat, pas brillant. Allez d'ici là, les Açores, sans doute le 23 à Horta, 875 milles à parcourir, à bientôt donc.
Tout le monde embrasse tout le monde.

Sénèque le 17/7 à 12h Tu : 38°44.87 N 47°48.47 W

dimanche 13 juillet 2014

Sénèque, il n'est pas trop tard ?

Dimanche 13 Juillet

Un Week end pareil, je ne pouvais pas ne pas donner signe de vie, trop tard, pétard, facile. J'espère que vous passez tous un bon Week end, de notre côté, ne nous plaignions pas, surtout pas. Beau temps, belle mer. Même si depuis quelques heures nous avons un peu ralenti, il faut croire que mon post précédent a servi d'exorcisme, quasiment plus de grain, vent de travers, une toute petite quinzaine de nœuds, mer belle, plate, rien ne cogne, rien ne bouge. Nuits de pleine lune. Comme un métronome, à peine la nuit tombée, un énorme satellite, plus brillant que Vénus traverse le cygne et s'évanouit dans la gueule de l'aigle. Puis défilé : Mars, Saturne, Venus. Le jour, encore un peu chaud. Mais ça c'est un temps que sans doute beaucoup d'entre vous aimeriez avoir. Toujours le grand désert et pourtant, ouf, enfin ce matin une daurade, sympa pour ce dimanche, non ? Allez je vous laisse, tout va bien à bord, on arrive ... Quand on arrive. Je reprend une météo, le risque de grand méchant est presque levé. Et ... Ah, à la fin l'Allemagne gagne, vous nous donnez le résultat ? Tout le monde embrasse tout le monde

Sénèque le 13 Juillet à 12h Tu : 35°49.46 N 58°27.81 W à 1 573 NM de Punta Delgada

vendredi 11 juillet 2014

Sénèque, en vue des Bermudes

Jeudi 10 Juillet

Décidément je ne suis guère bavard. Êtes vous nombreux à attendre des nouvelles ? Nombreux peut être pas, mais bon, peut être quelques un, quelques unes ? Je me force, d'autant plus qu'à bord nouveau sujet d'inquiétude, la coupe du monde ça en est où ? Remarquez sans la France. Quoi ? Me dirait ma fille, et la Hollande ?
Revenons à nos moutons, pas très nombreux les moutons d'ailleurs. Nous arrivons à la hauteur des Bermudes, j'ai pris une météo, j'attendais des nouvelles aussi, à nouveau un mail vide, mais à priori aucune raison de s'arrêter. Pas de dangers dans la semaine à venir, la météo n'est pas exceptionnelle, mais rien de méchant ne s'annonce. Alors si nous voulons arriver un jour et profiter d'au moins une escale aux Açores, je continue, pas même de pit stop. Nous n'en avons pas besoin, plus de souci, le pilote roule, l'enrouleur déroule et le bateau déboule.
Déboule n'exagérons rien, ce n'est pas la tempête, en ce moment 10/12 nœuds de vents de sud Est, qui nous propulse à 6 nœuds et demi un peu au nord de la route. Nous pourrions quasiment la faire la route, mais au près serré, et je préfère remonter plus nord, passer au nord de la bulle qui gonfle devant nous, rester le plus possible dans le Gulf Stream. Les Açores sont loin, Punta Delgada à 1 950 milles, mais ce sera peut être Horta, on verra bien quand on y sera. Il faudra sans doute s'arrêter, ne serait ce que pour le gaz, nous n'avons qu'une bouteille et avec le retard pris, ça pourrait être un peu juste pour traverser.
Et sinon quoi d'autre ? Vous avez échappé à des titres tonitruants, du genre, Orages, Ô désespoir, de Grains en Grains, le désert des tartares. Depuis notre départ, une météo pas vraiment méchante, mais parfois, comment dire ? pénible ?
Tout d'abord la bonne nouvelle, je vous l'ai dit, tout fonctionne sur le bateau. Le pilote, j'étais un peu inquiet au départ des Bahamas, mais après quelques petits réglages, c'est bon, plutôt pas mal d'ailleurs, mieux qu'un Garmin par exemple (mais ça c'est pas difficile). Du coup, nous ne sommes plus obligé d'avoir quelqu'un en permanence à la barre et c'est tant mieux. Il fait encore bien chaud, trop chaud, je tourne à l'écrevisse, la bobologie du bord : complications cutanées, on va finir par manquer de bétadine et d'hexomedine, sans parler de vêtements propres, nous avions fait une lessive aux Bahamas, mais machine Bahaméenne et lessive cubaine ne semble pas faire bon ménage ...
Le bateau, il me fait encore un peu peur, je surveille particulièrement les voiles, la GV, un sac, un très vieux sac, nous réduisons plus rapidement que normalement, mais par contre malgré cette GV épouvantable, le génois maintenant trop petit et tout aussi difforme, ce bateau, un 471, pas mal. On sent qu'il a un sacré potentiel. Alors nous souffrons au portant dans le petit temps mais dès que les conditions s'améliorent, c'est partit. Hier, 172 milles, le vent, sauf sous les grains n'a pas dépassé 15 nœuds, pas mal.
Les grains tiens parlons en. Commençons par les orages. Avant hier, un orage, un seul en fait, mais dès comme ça je n'en avais jamais vu. Comment le décrire, est ce que Conrad y arriverait ? Sans doute, je vais avoir du mal. Un nuage, un seul, le ciel n'est plus qu'un énorme nuage, un gris de plomb, attention, pas un noir d'encre, gris. Le plomb se transforme en argent à chaque éclair. Éclairs énormes qui zèbrent le ciel, partant d'hauteurs inimaginables, foudroyant la mer, un tonnerre qui gronde pendant d'interminables secondes. Et ça dure, longtemps, trop longtemps. Je débranche toute l'électronique. On se dit : "ça y est on est passé", les éclairs sont maintenant à bâbord, mais non ça recommence, une nouvelle vague, comme sans doute une salve d'artillerie, à nouveau à tribord. Commencé en tout début d'après midi, ce n'est que vers minuit que nous verrons s'évanouir devant nous les derniers éclairs, illuminant la nuit de leurs sinistres zébrures (hum,hum). Heureusement, pas trop de vent, mais comment en être sur, donc toujours sur le qui vive, et puis la foudre, on a beau dire, moi ça m'impressionne toujours autant.
Le lendemain, ce sera un autre registre. Les grains, encore une fois, plutôt un grain, le grain. Encore un nuage, cette fois ci, même si il est énorme, il ne remplit pas tout le ciel ... Mais presque, et lui vire au noir d'encre. Comme un gigantesque tourbillon, il semble aspirer tout ce qu'il y a autour. D'incroyables variations de température, certainement plus de 10 degrés entre les montées d'air chaud et les descentes d'air froid. Au centre l'œil, le calme, autour des bourrasques imprévisibles (heureusement pas trop fortes), des murs de pluie. Deux heures à ce petit jeu, nous croyons en être sorti, et non, le vent bascule complètement, et le tourbillon nous revient dessus, à nouveau happé dans le chaudron. Alors, au final rien de méchant, mais ça recommence, 3 heures de plus, et moi quand je vois arriver ça, je ne suis pas vraiment fier, un peu péteux même. Certains, peut être vont m'expliquer que ... Que ? Qu'on ne risque rien ... Oui, peut être, c'est comme ça dans les bouquins, peut être, mais des grains comme ça, je n'en avais jamais vu ... Du coup, avec ce temps, je ne dort qu'à moitié bien et passer du temps dans l'étuve qu'est le bateau pour faire autre chose que dormir ... Donc désolé pour ceux qui attendaient des nouvelles, je vous ai fait attendre.
Et je vous rassure quand même, ce n'est pas toujours l'enfer, je vous l'ai dit ce bateau est plutôt sympa, la nuit dernière, une longue glissade, 12/15 nœuds de vent, au reaching, une mer parfaite, 8 nœuds sans bouger, je me réveille à 3 heure du matin pour prendre mon quart. Mais où je suis ? Au port ? Non, mais rien ne bougeait et dehors, presque la pleine lune, un peu de fraîcheur, Saturne, Mars, Venus éblouissante une heure plus tard et des myriades d'étoiles. La nuit qui commence s'annonce aussi agréable (je croise les doigts).
À oui, j'allais oublier, le désert des tartares, ça je vais être bref, il n'y a rien, la mer est vide. Il nous a fallu attendre jusqu'à ce soir pour voir nos premiers dauphins. Sinon, quelques déchets, des algues, rien, rien ne bouge et surtout rien ne mord. Avant d'arriver aux Bahamas, nous avions péché 3 petites daurades, quelque barracudas que nous avions rejetés (les Bahaméens m'ont confirmé "poisonous"). Depuis, un seul barracuda, rien d'autre. Du coup, tiens je vous laisse, Romain appelle : c'est prêt Capitaine : saucisses Bahaméennes. L'équipage tiens le choc et vous dit à bientôt, dès qu'il fait moins chaud, promis. Tout le monde embrasse tout le monde.

Sénèque, le 11/7, 01h15 TU 32°39.26 N 65°00.13 W à 1 939 NM de Punta Delgada.

dimanche 29 juin 2014

Sénèque, un petit message des Bahamas

Une simple mise à jour. Nous sommes arrivés aux Bahamas, enfin, Marsh Harbour pour être précis. Et comme vous avez pu le constater, je n'ai pas été très bavard, des excuses ? Oui, une : plus de pilote, ils nous a donc fallu se relayer à la barre. Vous allez me dire, à 3, ce n'est pas surhumain. Peut être, mais c'est sans compter sur un élément, la chaleur. Nous étions en mode cuisson haute température et du coup ... Pas de blog. Mais pourquoi cette escale à Marsh Harbour. Bon, déjà la panne de pilote, mais ce n'est pas tout, le tambour d'enrouleur a lâché, du coup plus de génois non plus. Pas de pilote, pas de génois, vous traverseriez l'Atlantique comme ça ? Nous sommes maintenant dans l'attente de nos pièces, j'ai un peu peur ... Que cela dure, on verra. Je vais donc avoir un peu de temps pour quelques photos, un récit plus complet, on verra et en attendant bon Dimanche

dimanche 22 juin 2014

Départ de Cuba

Juste un petit mot très rapide, nous avons quitté Cuba, je vous raconterai, mais déjà nous envisageons une halte, le pilote ne marche pas, il faisait semblant mais en fait c'est juste un frein de barre. Alors la Floride, difficile en venant de Cuba, les Bahamas plus probable, et pas la peins de retourner à Cuba, impossible de trouver des pièces. Au minimum 5 jours à la barre ... Et zut.
Mais sinon, tout va bien ... Moteur ...
À bientôt
Sénèque dans le sud est de l'île de la Juventud.