mercredi 3 décembre 2014

Carmen, la volière

Mercredi 3 Novembre

Me revoilà, un peu plus tôt que prévu, je reprend une météo, alors quitte à se connecter ...
Et oui, la météo m'embête. Rien de grave, pas de tempête juste, juste, on se traine. Après les calmes, finalement une séance pot au noir digne de ce nom d'autant plus que les ennuis arrivent plus souvent la nuit. Et pour le coup c'est bien noir. À nouveau rien de bien méchant, mais ça on le dit après, reste qu'en pleine nuit, dans un noir total, des trombes d'eau, le vent qui tourne dans tous les sens, ce n'est pas vraiment "fun". 2 nuits en ciré. Ensuite, du vent, une belle journée qui nous approche du Nord des Galapagos, je commence à faire des plans, alors, l'îlot Darwin, Wolf, plus Sud ? Et bien c'est raté, tôt ce matin, front, bascule et nous voilà vent de le nez. Pendant 3 heures je vais même virer et partir S/SE, ça retourne à nouveau et nous voilà rejeté lentement vers le nord, au 280, c'est pas comme ça qu'on va le toucher l'alizé de SE, mais que faire ? Des conditions un peu musclées, du près (comme d'habitude ?), un ris dans chaque voile, la mer n'est pas trop mauvaise, mais ça tape quand même pas mal. Nous défilons donc beaucoup trop au nord des Galapagos pour espérer voir quoique ce soit des îles. Un peu de vie, un peu quand même oui.
Quelques rorquals au loin, un petit aileron de requin, un nouvel espadon est venu nous arracher un leurre, encore un grand saut et au revoir. 2 daurades ratées, et ouf pour sauver l'honneur et quelques repas une bonite ... Dire qu'avec Curie nous les remettions à l'eau, et en plus je commence à prendre du retard sur les dates de Curie, c'est pas bon ça. Et puisque j'évoque Curie, un petit bonjour à mes équipiers, Jean Charles, Patrick et Guillaume, ceux qui ne sont pas de la partie sur Carmen. Tu te souviens Guillaume, une photo de toi en polaire devant l'îlot Darwin. Et bien nous n'en sommes pas bien loin, 20/25 milles plus au nord, nous ne verrons sans doute pas le caillou. Et c'est le même temps, sauf que Carmen ne fait que 12 mètres, Curie c'était luxe ... Carmen est disons, un peu plus secoué. Sinon, Guillaume j'espère que tu vas bien, on se donne des nouvelles quand je touche terre. Ah et nos oiseaux ? Les hirondelles ne sont pas revenues, nous avons fait dans le lourd. Carmen en porte avions, nous avons eu jusquà 8 fous posés sur le bateau. 6 ont passé la nuit avec nous. Ce ne sont pas des fous de Bassan, un peu loin Bassan ... Des fous au pieds rouges et bec bleu, Dans le même temps la nuit, une escadrille d'un oiseau type pétrel, blanc et noir, spécialiste du calamar, nous escorte et passe la nuit à chasser dans nos feux, amusant, juste un souci, tous ces piafs sont des usines à fiente, le fameux guano ... Il y en a partout, jusqu'aux voiles qui ne sont pas épargnées. Et vous pouvez ajouter à ça, l'encre, l'encre des calamars. Une grosse assiette pleine avant hier, un assiette un peu plus petite cette nuit. Les embruns, nombreux, je vous l'ai dit, ça tape, viennent faire en partie le nettoyage, mais je n'ai qu'une envie que ça cesse, attraper l'alizé, vite ... 3 jours ?
En attendant et comme d'habitude, tout le monde embrasse tout le monde.

Carmen le 3/12 pos à 20h30 TU : 01°54.84 N 91°35.27 W à 2 913 NM des Marquises

dimanche 30 novembre 2014

Carmen et les hirondelles

Dimanche 30 Novembre

Et voilà c'est Dimanche, il faut que je donne des nouvelles, 30 Novembre, ça, ça fait drôle d'imaginer les frimas qui doivent maintenant être votre quotidien alors que de notre côté nous cherchons désespérément l'ombre et la fraîcheur.

Alors où en sommes nous ? Le canal, loin derrière maintenant. Une traversée sans histoire, les écluses, faciles, comme toujours content d'en avoir fini sans anicroche. Un moment un peu désagréable, sur le lac Gatun encore une fois. En toute fin de soirée, un gros orage et du vent de sud. Du coup, le lac remuait pas mal, je n'avais pas encore eu ce genre de conditions, accrochés le long de notre bouée, on se faisait bien secouer, un peu peur d'abîmer le bateau. 2/3 heures un peu désagréables et puis ça c'est calmé. Évidemment de la pluie, mais pas de bombardement d'éclairs comme la dernière fois. Deux ou trois, histoire de faire monter la tension, rien de plus.

Les travaux du canal devaient être finis cette année, mais c'est raté, encore une grosse année je crois. Sur le canal lui même plus guère d'activité, encore 2 virages à raboter, mais plus de norias de scrapers, camions. Plus de suceuses, gratteuses, foreuses, que sais je ? Ces dizaines d'engins flottants, divers et variés, de toutes nationalités, qui, il y a encore deux ans encombraient le canal ont disparus. Seuls restent les engins appartenant au canal, ceux qui en assurent l'entretien régulier.

Les nouvelles écluses, elles ne sont pas finies. 2 gigantesques trous, grouillant d'activité, truffés de grues. Échouées à proximité, les portes déjà livrées attendent qu'on veuillent bien les installer. Vous verriez les portes ... Je me demande comment ils ont pu les mettre là et ensuite comment vont t'ils les installer ? La phase finale des travaux, puis la mise en eau risquent d'être un sacré spectacle, alors l'année prochaine ?

Sinon, je dois le dire, une petite déception, question d'ambiance sans doute. Les tarifs du canal et des à côté ont sérieusement augmentés, les visas par exemple, avant 10$, puis 15 et maintenant ... 105. Et on sent un certain malaise, mal être ? Qui n'existait pas auparavant. Les gens qui transitent ne sont plus que des cochons de payants alors qu'il y a encore peu, les panaméens semblaient plus enthousiastes. C'est vrai qu'il y a eu des émeutes récemment, des changements politiques, encore un pays qui perd espoir ?

Revenons au bateau. La météo n'était guère réjouissante, rien de grave, mais elle nous annonçait 5 grosses journées de moteur. Et oui, il nous faut traverser la Zic, le pot au noir, avant d'attraper l'alizé de Sud Est. La météo ne s'était pas trompée, remarquez dans ce coin, ça ne peut être autrement. Mais ne nous plaignons pas trop.

Pour sortir de la baie de Panama, un peu de vent quand même, suffisamment pour que Carmen allonge la foulée, d'autant plus que le courant est de la partie, 2 bon noeuds qui nous droppent assez vite hors de vue des cotes Panaméennes. Ensuite, nous y sommes, le pot au noir, le grand calme. Mais encore une fois, j'ai connu pire, de gros grains, des rafales imprévisibles, des trombes d'eau, là rien de tout ça, juste du beau temps et pas de vent, du coup, moteur, mais c'est assez cool, reste juste à trouver un peu de fraîcheur ... Depuis hier matin, ça se corse un peu, le vent s'est levé, pas très fort, mais de face. Il nous faut encore gagner au sud si on veut sortir de cette mélasse. Un peu de voile de temps en temps et beaucoup de moteur. Je n'ai jamais fait autant de moteur qu'avec ce bateau. Je reprend une météo, les prévisions commencent à dater mais j'espère que d'ici 24heures nous appuierons sur l'accélérateur.

Et puis encore une déception, d'habitude dans ce coin ça grouille, ça grouille de tout, d'oiseaux qui pêchent, de poissons qui sautent, d'orques, de dauphins, de requins, de calamars qui viennent la nuit remplir nos assiettes ... Et là ...

Un petit thazar, sa variation panaméenne, juste suffisant pour un dîner, pas une chasse d'oiseaux, où sont les cormorans, les pélicans, rien. Un espadon est venu nous narguer, regarder nos lignes et repartir. Une daurade, ratée, et un second espadon, celui ci dans le mode big one, il a traversé notre sillage comme une fusée, je l'ai bien vu, attrapé un de nos leur et wwwwhhhiiuuuu, le moulinet presque vide, un grand saut, au moins 2,50m l'animal ... Évidemment le leurre explose, bye, bye .., même pas une bonite, il va nous falloir pêcher, mais reste t'il du poisson ? Un peu sans doute, hier un thonier senneur en train de remonter sa senne, cette nuit, une long Line, tous ses piquets flashants, les derniers pêcheurs pour les derniers poissons ? Un nouveau désert ?

Pas tout à fait, comme dans le Sahara, les hirondelles traversent le désert. Celles ci doivent quitter l'Amérique çentrale en pleine saison des pluies pour la sécheresse des Galapagos. Toujours est t'il que depuis 2 nuits, 4 d'entre elles ont élu domicile à bord. La première nuit, un peu farouches, dispersées sur le bateau, la seconde, les quatres installées dans un petit panier à pain. Au petit jours elles nous quittent, les reverrons nous ce soir ?

A bord, rien de bien nouveau dans cette ambiance torride. Évidemment toujours de bons repas, ils nous reste du frais. De la lecture et des siestes ... Et même si nous scrutons l'horizon dans l'espoir de voir quelque chose bouger, devant cette immobilité, nous regagnons vite un coin d'ombre et de fraîcheur.

Dans quelques jours nous devrions passer au Nord des Galapagos, j'espère un peu plus de spectacle. Et tient peut être la position exacte de l'ilot Darwin ou de l'îlot Wolf ? A priori nous serons trop nord mais pourquoi pas. 4 jours ? Un peu moins si le vent se met de la partie, et il le faut, on se traine, moins de 100 milles par jour, mais Carmen ne consomme pas trop. Si, comme prévu le vent rentre demain, ça devrait le faire, mais sinon nous risquons d'être un peu juste en Gas oil pour atteindre les Marquises. 20 jours, 21 jours ? Et d'ici là je reviendrai sans doute donner des nouvelles en espérant avoir des choses amusantes à vous raconter, du genre journée à 200 milles, pêche miraculeuse, banc de cachalots, où de nouvelles recettes de Romain agrémentant les thons rouges péchés du jour ? D'ici là, bonne fin de Dimanche. Tout le monde embrasse tout le monde.

Carmen. Le 30/11/14 pos. à 16hTU : 04°01.63 N 85°09.61W à 3 318 NM des Marquises

mardi 25 novembre 2014

Le canal

Mardi 25 Novembre

J'ai voulu donner des nouvelles et surtout mettre quelques photos, sans succès, c'est soit le WIFI, soit un souci avec blogspot, du coup je n'ai donné des nouvelles que dans le groupe. Mais ça y est, nous allons passer. Après quelques jours d'attente à Colon, comme d'habitude ...
Départ dans quelques heures, demain dans l'après midi nous serons dans le pacifique. Un passage vers 12/13 heures pour nous, soit 18/19h heure française, dans l'écluse de Miraflores, vous pourriez jeter un coup d'œil, il y a une web cam.
Et la suite ? La météo n'est pas très engageante, la Zic qui était remontée vers le nord pour nous embêter à l'arrivée à Colon est redescendue. La voici installée au sud de Panama, histoire d'à nouveau nous casser les pieds. Au programme donc, pluie, orages, vent contraire, grains, pas de vent et pluie à nouveau. Nous pourrions en avoir pour une bonne semaine, chouette. Tout ça m'inquiète un peu, nous prenons du retard, j'espère que la suite sera plus favorable. Nous risquons d'être juste en Gas Oil et en gaz, je pensai recharger la bouteille, il nous l'ont rapportée hier, vide. Pas de gaz à Colon !!! Va peut être falloir que je change d'agent ...
Des nouvelles ensuite, j'essaierai, mais sans doute pas trop souvent, mon forfait diminue, mais ne vous inquiétez pas, rien de méchant à venir et au moins jusqu'au Marquises, aucun risque.
A bientôt
Tout le monde embrasse tout le monde
Carmen, en attente à Shelter Bay, Colon

mercredi 19 novembre 2014

Carmen en Amérique du Sud

Mercredi 19 Novembre

J'aurai pu donner plus de nouvelles non ? Pour plein de bonnes et de mauvaises raisons je ne l'ai pas fait. Mettons ça sur le manque d'inspiration. Je viens de recevoir un message, il faut donc que je me connecte. Allez, je prend ma plume. En fait c'est surtout pour vous prévenir, prévenir que nous arrivons. Nous sommes à moins de 100 milles des côtes de Panama, 125 à peine de notre destination. Toujours un peu de vent, vent arrière. Devant nous les nuages s'amoncellent. Je crois que nous allons finir avec une belle dépression orageuse et sans doute moins de vent. De la pluie, ça c'est bien possible, pourvu qu'il pleuve un peu moins que la dernière fois. Grosso modo, nous devrions arriver au petit jour pour nous, soit maintenant avec 6 heures de décalage avec la France, vers 12/13 heures pour vous. Les téléphones pourraient sonner plus tôt, 4/5 heures plus tôt, nous pourrions être à portée, maintenant attention, Panama - France c'est très cher.
Et alors cette traversée ? Plutôt pas mal, après effectivement 2/3 jours pas très venté, à la hauteur des Antilles Hollandaise, Bonaire, Curaçao, Aruba, le vent commence à forcir et la mer se lever. C'est souvent comme ça dans ce coin, la mer est souvent grosse, voir très grosse. La lagune de Maracaibo, et après le Venezuela, la Colombie. Punta Gallinas, la pointe extrême nord du continent Sud Américain, nous obliquons un peu plus sud, cap direct vers le Panama, des côtes de Colombie nous ne verrons que les lumières, lumières électriques des orages sur le mont Bolivar à plus de 5 000 mètres d'altitude, des villes côtières, Santa Marta, Barranquilla, Carthagène des Indes. A la hauteur de Barranquilla, l'eau devient marron sur plusieurs dizaine de milles, une bonne demi journée, nous sommes dans les eaux boueuses de la rivière Magdalena. A deux reprises nous allons heurter des troncs, difficiles à voir, la mer est jonchées de débris divers. Et le vent a encore forcit, la mer est maintenant franchement grosse. Nous allons passer un moment, plein vent arrière avec juste le génois lourd et 1 gros ris. Nous aurons fait une bonne partie de la traversée simplement avec nos 2 génois en papillon, parfois assez vite, record du bateau battu, 17,7 noeuds. Avantage d'être au vent arrière avec si peu de toile, et bien si ça mord, on a une bonne chance de réduire assez facilement et de remonter la prise. Et effectivement après 3/4 jours sans, nous avions presque achevé le frais de la Martinique, une première prise, une daurade, pas exceptionnelle, mais bon. L'embêtant c'est que pour Laurence, la daurade, c'est moyen, elle est devenu totalement allergique et n'ose même plus essayer. Du coup commande est passée, un thazard ce serait sympa, un thon aussi. Le thazar, ça c'est fait, un joli coup double, 2 beaux thazars, 7 et 8 kilos, le thon ... Presque, ce matin coup double à nouveau mais on se contente de 2 petites bonites. Nous en avions tant péché avec Curie, ce sont les premières. Ils nous restent quelques heures pour remplir un peu plus le frigo en prévision des quelques jours d'attente à Shelter Bay. Dans ce bout du monde, loin de la ville, un seul resto, pas terrible, terrible. Et Laurence est contente, elle peut manger du poisson, et nous aussi. Il va falloir que je vous laisse, c'est l'heure de préparer l'apéritif et la mayonnaise, c'est le seul truc que je sais faire, on me réclame. Romain va s'occuper du poisson et depuis une heure le carré sent, sent bon, les effluves d'une tarte au poire mitonnée au petit jour avec Amour, le copain de Romain. A demain donc et en attendant tout le monde embrasse tout le monde.

Carmen, le 19/11 à 12h TU : 10°25.29 N 77°47.71 W

jeudi 13 novembre 2014

Carmen, en mer des Caraibes

Jeudi 13 Novembre

Et c'est reparti. Nous voici en mer des Caraïbes. Conditions clémentes, un peu trop, j'aimerai aller un peu plus vite, mais d'un autre côté, c'est tranquille, Laurence et Christophe s'acclimate tranquillement. On ne casse rien et on ne pêche pas plus d'ailleurs ... Nous avons quitté la Martinique dès que Laurence est montée à bord, en fait quelques heures plus tard, je n'avais pu faire la clearance la veille, 11 Novembre ... Et du coup, avec ce long Week end, nous n'avons pas fait tout ce que nous voulions faire et la grande surface n'étaient plus guère approvisionnée quand nous y sommes allés. Du coup le bricolage continue, Christophe et Romain viennent à bout de cette serrure cassée, un grand moment de bricolage ... quelques petites garcettes à remplacer, du cosmétique, mais autant le faire. S'engage maintenant une course poursuite pour être en temps et en heure dans le Pacifique, je crois que ça va m'occuper. Ah et puis j'oubliais, nous avons croisé, par hasard Corinne et Samuel au Marin. Nous les avions rencontré il y a 5 ans quand nous poirontions aux Sables d'olones, un Lagoon 400, puis revus quelques mois plus tard aux Canaries. Boulangers, ils avaient vendus et préparaient un grand voyage avec leur 2 enfants, et voilà, ça c'est fait ... Le Sénégal, le Brésil, la remontée des Antilles, petites et grandes, les Bahamas, les USA. Retour au Marin, les enfants ont grandi, collège et bientôt le lycée. Corinne et Sam étudient la question, mais j'ai comme le sentiment que la prochaine fois que j'irai au Marin, je mangerai du bon pain. Tout le monde embrasse tout le monde

Carmen, le 13/11 à 16h05 TU : 13°58.11 N 63°37.09 W à 1 000 NM de Colon.

jeudi 6 novembre 2014

Carmen, petit retard

Jeudi 6 Novembre

Depuis le temps que je vous disais que nous pourrions arriver le 6, et bien non. En fait nous aurions pu, mais ... Mais le sort et ... Le capitaine en ont décidé autrement.
En fait nous ne pouvions arriver qu'en début de soirée, et pas de place pour nous avant demain matin à la marina, donc déjà ...
Ensuite : A force de parler de cousins du lièvre, rien à faire les 2 terriens n'ont que ce mot à la bouche, alors du coup, c'est à croire que ce bateau est marabouté ; déjà on ne pêche plus, les lignes sont totalement silencieuses, pas la moindre touche, rien de rien. Mais ça, passe encore, mais depuis mon dernier message ou pourtant je croisais les doigts et bien tout se dévisse sur ce bateau.
Pour commencer un moteur qui ratatouille, on resserre les colliers du circuit de Gas Oil, une petite purge et ça repart.
Ensuite la barre qui couinent de plus en plus et qui durcit, pareil, un quart de tour, ressérage général, un peu d'huile partout et c'est bon.
Plus embêtant mais heureusement sans dégât, la manille de têtière du Génois léger lâche, cassée ou desserrée ? Desserrée probablement mais pourtant elle avait un collier. Du coup, ziiiip, en une seconde le génois est dans l'eau. Évidemment nous, plein vent arrière, on passe dessus. Pas de dégât, mais le génois a "bleui", notre antifouling est bleu. Et puis, si prêt du but, je n'ai pas le courage de remonter dans le mat descendre le tambour qui évidemment est resté en haut. Du coup, nous descendons tranquillement sous génois lourd à une allure de sénateur.
D'un autre côté ce n'est pas plus mal. Depuis que nous avons attrapé l'alizé, le plus gros nuage n'avait guère déchaîné de tempête, pas plus de 24 noeuds, mais depuis ce matin les grains se succèdent, par trois fois déjà, plus de 35 noeuds, donc ma décision est prise, tranquille jusqu'au marin.
Évidemment ce sera le dernier message de cette transat, la suite dans la mer des Caraibes. Nous risquons de partir un peu plus tard que prévu, le 11 ou le 12 au matin, mais d'ici là, le téléphone pourrait sonner, nous serons à portée en fin de nuit pour nous, 5 heures de décalage, 10/12 heures en France.
Tout le monde embrasse tout le monde
Carmen à 60 milles de la Martinique.

mardi 4 novembre 2014

Carmen, un petit slow

Mardi 4 Novembre

Slow down, cette fois ci nous avons bien ralenti. Le vent, l'alizé ... Évanescent, et le courant ... Contraire, on a jamais vu ça dans ce coin. Bon, rien de grave, mais nous allons être un peu en retard. Si nous arrivons le 6 ce sera tard le soir, trop tard pour oser téléphoner en Europe, on va vous réveiller ... Rien de grave disais-je, je touche quand même du bois, mais depuis que nous avons attrapé ce vent au large de la Mauritanie, c'est la ballade, je crois que je n'ai jamais fait une transat aussi cool. Pourvu que ça dure ... Bien que, on s'ennuierait presque. Plus pêché un poisson depuis des jours, le frigo se vide. La mer est vide, étonnamment vide, des sargasses mais à part ça, quelques poissons volants, quelques oiseaux, des phaétons nous ont accompagné sur presque toute la traversée, pas une méduse, argonautes ou autres, pas de bateau non plus, le grand désert. Alors ça joue au cartes, aux dés et moi je bouquine. Je vous laisse, il est bientôt l'heure du dîner, Raviolis ? Tout le monde embrasse tout le monde, à très bientôt

Carmen, à 315 milles de la Martinique

jeudi 30 octobre 2014

Carmen, enfin des recettes et ... Encore de la daurade ...

Je laisse la parole à Romain :

Carmen,le 29 octobre de l'an de grâce 2014.

Inspiration, réflexion, création : Christophe me tanne pour que j'écrive des recettes dans le blog, que dire?
Il est vrai qu'après avoir décliné 14 kg de filet de daurades sous toutes formes, de ma connaissance, marinade citron, gingembre, curcuma, baies rouges, aneth, coriandre, amande, curry, papillote, fondue de poireaux, au four, au câpres, à la crème, en tourte, en quiche,en carpaccios, à la thaï, à la portugaise, à la polynésienne, à la "Romain" : OH !!! Encore une daurade qui mord, allez 3kg de plus, ça devient dur de ce renouveler, il va falloir être inventif, c'est de l'amour ???
Etant un autodidacte des bons petits plats, inspiré par les goûts de mon enfance passée sur les bords de la Méditerranée, inspiré par mes aînés, je travaille au feeling, les odeurs resurgissent comme des bulles venues du passé, une pincée d'épices, une pointe d'aromates, le tableau se met en place, le fond est posé, les ingrédients dansent dans votre tête, les goûts sont suscités, les papilles s'humidifient, l'alchimie des molécules commencent, les arômes ce déglacent, le plat est prêt, les préliminaires sont faits : vous n'avez plus qu'à le déguster, doucement en faisant bien rouler dans votre bouche chaque morceau pour en tirer la substantifique moelle, les plaisirs de la bouche montent au cerveau, vous lâchez des onomatopées telles que Hummmm !!! Ahhhhh ... Ohhhhh ... Et autres. Vous êtes prêt pour le dessert.
Je résume la recette générale : "Exprimer les goûts, susciter les envies, avoir envie de faire plaisir". Je précise que cette recette s'applique à tout vos plats. Un grand bonjour à tous les gens laissés à terre par l'équipage, des bisous, des bisous, des bisous ...
Carmen, 28ième jour de mer : 14°22.75 N 42°18.24 W à 1 079

PS : pour ceux qui suivent, vous avez peut être remarqué que nous avons un peu ralenti. Finalement le vent est un peu tombé hier dans l'après midi. C'est reparti ce matin, je n'ai pas pris de météo, demain sans doute, le 6 est toujours possible, il ne faudrait pas que ça mollisse encore.

mercredi 29 octobre 2014

Carmen, dans l'alizé

Mercredi 29 Octobre

Ça y est, plus aucun doute, nous avons touché l'alizé. La mer vire au turquoise, apparaisse les premières sargasses, l'air de plus en plus humide, les grains qui se chargent, autant de signes qui ne trompent pas. Et puis, et bien, ça roule, nous sommes descendu très sud pour éviter cette molle qui menaçait et ça semble marcher. Nous gardons un bon vent, bien constant, évidemment c'est l'alizé, je vous dit ... Demain soir, j'enlève le bas, euh non, je redresse. Soit c'est à nouveau Grand voile, génois, soit le vent tourne, vire un peu plus Sud et nous continuons tranquillement avec nos 2 génois en papillon. Allure pépère, qui nous permet d'économiser la GV (et oui encore 7 000 milles quand même), et surtout de mettre les lignes. Nous y sommes presque, plus de daurade ... Et j'ai beau avoir essayé de convaincre Romain de vous mettre des recettes, pas moyen et pourtant maintenant c'est un bouquin qu'il pourrait publier sur ce sujet, la daurade à toutes les sauces. Bon, moi, gourmand, je me suis content de lui donner quelques idées et de faire la mayo. Mais maintenant, devinez ? J'aimerai bien pêcher ... un thazard par exemple ... Et puis j'ai réservé, à l'arrivée, au Mango Bay ? Entrecôte ... Saignante ... Avec des friiiiittttes ... L'arrivée, sans doute le 6, 1 200 milles encore. Il faut que je reprenne une météo mais toujours des soucis d'iridium. Mon support d'antenne externe est HS, du coup ça marche nettement moins bien, il faut que je vise les satellites. Les petits ennuis habituels, une pompe de chiotte, une pompe d'eau usée, ça occupe ... Mais la barre tient, le pilote aussi, on a de la musique, de quoi lire, l'équipage commence à jouer aux dés les différents apéros de l'arrivée pendant que je dors ... Oh que je me régale avec un bon bouquin que je vais de ce pas finir. Je vous dit à bientôt et comme d'habitude, tout le monde embrasse tout le monde.

Carmen, le 29/10 : 14°52.41 N 40°10.98 W à 1 201 NM de la Martinique

dimanche 26 octobre 2014

Carmen, plein sud, du nouveau ?

Dimanche 26 Octobre

Et bien, nous en faisons de la route.
Une grosse molle semble s'étendre et nous profitons d'un bon petit vent (Est/Nord Est, 15/20 nœuds) pour essayer de nous glisser au sud.
Pour l'instant on ne plaint pas, 177, 180, 187 milles, pas mal pour un 42 en 3 jours. Nous avons ralenti un peu hier, 147 milles, je suis passé en papillon sous 2 génois pour encore descendre au sud, le vent commençait à un peu faiblir. Nous l'avons retrouvé (le vent) et à nouveau une après midi full speed, mais nous allons remettre ça cette nuit (les 2 génois) le ciel s'obscurcit, je ne veux rien casser. La météo prévoit une grosse zone orageuse.
Un souci avec ces orages et cette couverture nuageuse, l'iridium marche de plus en plus mal et en plus leur appli semble bien buggée (ils vont m'entendre chez Iridium à mon arrivée en Martinique). Je reçois à nouveau des mails vides, alors Christophe, Olivier ou Alain, si vous m'avez répondu et bien ... Je ne l'ai pas (votre réponse). Et ce matin, sous le satellite (merci Olivier), plus d'une heure et demi avant d'avoir une connexion, gggrrrrrr ... Les nouvelles risquent donc d'être de plus en plus rares, désolé.
Sinon, un autre bug, pas vraiment un bug mais ... Je me réveille cette nuit, 6h20, zut je suis de quart à 6 heures, mais mon réveil n'a pas sonné, mon réveil, mes réveils, comment ça se fait, ah zut, le changement d'heure et ces trucs automatiques ont changé d'heure tout seuls ... Sauf que pas tous ... Alors qu'elle heure est t'il, 5h20, 6h20, "Bruno toi qui est de quart tu dois savoir ? Tu dormais ... Nnoooonnn ... Euh" ... Ouf il nous reste une ou 2 montres pas "automatiques". La bonne heure est revenue.
Et puisque c'est dimanche, viande au déjeuner, viande et daurade évidemment, il en reste ... Repas délicieux, merci Romain, encore lui, délicieux et pantagruélique ... Ce soir on va faire léger, quelques nouilles ... À la daurade ?
Et puisque que les nouvelles vont être encore plus rares, quelques mots sur l'équipage, ça va, ça va, Philippe et Bruno non content d'apprécier la cuisine de Romain, commencent à s'initier à la barre. Une séance coiffeur, de la lecture, des projets, le train train ? Un peu, d'autant plus que de mon côté, je suis un peu plus serein, enfin le pilote fonctionne bien, j'ai vaincu le signe indien, la malédiction du Garmin et notre réparation de barre semble bien tenir alors, roulez petits bolides ... La Martinique ? Toujours le 6, le 5 ?
Tout le monde embrasse tout le monde.

Carmen le 26/10, 12hTU : 17°09.65 N 32°20.51 W - à 1 600 milles de la Martinique à l'heure ou j'essaie d'envoyer ces lignes, 19h40 TU