samedi 23 mai 2015

Genève, qu'est ce qu'on mange ?

Samedi 23 Mai

En ce début de Week End de la Pentecôte, de la quoi ? Heureusement que j'ai des machines, I truc etc ... pour me rappeler les dates. Nous sommes un peu ... Déphasés ... Je me rend compte que je suis parti depuis plus de 2 mois, alors les dates et ce printemps pourri, ce printemps qui semble sévir en France, (depuis 2 nuits, je réenfile une petite polaire), tout ça c'est bien loin. Au fait Marine Le Pen, Sarko, les Rafales ? Du nouveau ? ... Par contre, la météo devient une obsession, dans les précédents fichiers, pas terrible, je viens d'en reprendre, ça s'améliore. Loin d'être parfait mais il me semble que l'escale aux Açores ne devrait pas poser de problèmes.
Heureusement car nous commençons à être juste en bouffe. Juste, ce n'est pas vraiment le terme, mais, plus de frais, quelques boîtes grappillées à Cuba et toujours rien, toujours rien question pêche. Les menus commencent à être monotones, patates, riz, pâtes, à moins que ce ne soit nouilles ou spaghettis. La question "qu'est ce qu'on mange" ne se pose plus guère, tant qu'on mange encore ...
J'aimerai m'arrêter aux Açores. Cela va être lent, nous allons croiser l'Hermione ... Un peu Nord, JP ... Cette nuit je remonte faire l'acrobate, ça sera sans doute 2 ris bâbord, un poil trop sud, allez jusqu'à Vendredi (vendredi dans une semaine et oui on se traine) c'est un peu compliqué, ensuite cela pourrait être un boulevard, vent d'ouest établi vers les Açores ...
Et puis après tout quelques beau moments, hier matin j'annonce à mon fier équipage qu'à partir de maintenant il faut regarder devant : nous pourrions apercevoir des baleines, à peine une heure plus tard, Philippe à la barre : "Baleine". En fait un cachalot, un beau, gris ... Moby Dick, une cinquantaine de mètre devant nous, imperturbable, 2/3 minutes et il disparaît, allez ça c'est fait (pas comme le poisson).
Et puisque nous avons du temps, notre carré devient un vrai salon de lecture, de discussion, ça philosophe sérieux, ça ne fait peut être pas que philosopher, je tairai ces conversations ... En attendant il y un a un qui a pris un costard neuf. Roland a embarqué Michel Onfray, son dernier ouvrage "Cosmos", je laisse la parole à Alain :

Le désaccord de Genève.

Ami lecteur nous avons besoin de ton aide car la polémique fait rage autour de "Cosmos " du philosophe POPULAIRE Michel ONFRAY. Après des pages émouvantes sur la mort de son père, l'auteur nous entraîne lors d'une dégustation de champagnes millésimés en une envolée de qualificatifs dithyrambiques qui nous ouvrent les yeux sur un univers abscons, nous qui ne savions que nous bourrer la gueule.

Lá ou ça se gâte page 73, c'est lorsqu'on apprend que "l'augmentation de la culture n'est pas bonne en soi, car son indexation sur la négativité, si l'on se remplit d'une invitation perpétuelle à la mort, le pire devient inévitable". Kek ksé ksa ? Une traduction en français populaire nous serait bien utile.

On peut gloser à l'infini sur la culture et son lien étymologique avec l'agriculture, mais de là à prétendre qu'on marcotte les orangers page 64, et qu'un grain de blé semé produit 600 000 à 700 000 grains à la récolte ... Il faut n'avoir jamais glâné un épi de quelques dizaines de grains. Pour un fils d'ouvrier agricole quel manque cruel de bon sens paysan. Si c'était vrai nos grand-pères laboureurs seraient tous nommés Crésus.

Bon, maintenant, tapons dans le dur page 122 : "Car nous pouvons nous construire liberté si nous savons que nous pouvons le faire et que nous pouvons vouloir en voulant ce qui nous veut, car on ne peut vouloir rien d'autre".

Certes nous avons la liberté de ne pas poursuivre jusqu'à la page 533, mais comme nous sommes teigneux et courageux allons au fond des choses. Lecteurs nous vous mettons au défi de traduire et d'expliquer.

Si vous ne trouvez rien, ne pensez vous pas que parfois Onfray mieux de se taire ?

Sénèque plus ultra.

Et encore il ne fait qu'effleurer, nous avons eu droit à quelques belles perles et quant à Sénèque, c'est vrai c'était mon bateau l'année dernière. En attendant le vent tombe, mais toujours portant, les nuages ont envahi le ciel, la bascule approche ? Tout le monde embrasse tout le monde.

Genève, le 23 Mai, 33°43.97 N 58°21.35 W à 1 461 MN de Horta

mercredi 20 mai 2015

Genève et le triangle des Bermudes

Mercredi 20 Mai

Encore une fois il me faut trouver quelque chose à raconter. Je reprend une météo alors quitte à se connecter.
Cette nuit (en principe) nous allons passer un peu au sud des Bermudes sur une panne tribord. Nous sommes plein vent arrière, pas beaucoup de vent, disons 10/12 noeuds, je préfère caler le bateau sur une panne. Il faut y faire attention à nos voiles. J'ai eu des nouvelles de Marc, partit avec le même bateau 3/4 jours après nous, il a, semble t'il explosé son Génois et sa GV ne vaut guère mieux. Du coup, coincé à Santiago, il attend un nouveau jeu de voile. Je n'ai pas la météo dans son coin mais j'espère pour lui que le vent ne va pas se lever dans Windward Passage quand je vois le mal que nous avons eu à passer. De mon côté je marche sur des œufs avec ces voiles, je réduis très vite et au portant dès que ça souffle, je ne garde que le Génois. Encore des petits soucis avec le pilote et avec notre anémomètre un peu fantaisiste pas toujours facile de savoir d'où ça vient, j'ai, detemps en temps, de petites surprises pendant la nuit ...
Sinon, tout va bien, je vous rassure, le triangle des Bermudes est pour nous assez tranquille, voir trop calme et bien vide, question pêche c'est encore zéro pointé, une petite carangue qui nous a fait un petit diner et hier une grosse touche, mais ... Cassé.
Le moral reste stable, je m'inquiète un peu à cette allure de sénateur auront nous assez à manger, mais pour l'instant, ça va, salon de lecture, Alain a maintenant 3, voir 4 morceaux à distiller dans le blog, mais aujourd'hui je laisse la parole à Roland :

"Tendresses marines"

Ça y est. Mon tout petit est mort. J'en serai sur demain. Je l'aimais bien, m'habituais à lui, et lui donnais son repas tous les jours. Il était tout petit car je ne le voyais pas, et l'entendais à peine, sa discrétion s'adaptait à ce voyage. C'était une femelle. Près de mon visage, une fois, elle ne sentait pas le sable chaud. Alors je lui offrais ma jambe gauche que que je ne badigeonnais pas de répulsif.
À Turks & Caicos, les hublots étaient ouverts, elle aurait pu me quitter. Pourtant, quand on repris la route, je reconnu l'infinie délicatesse de sa trompe suçant mon mollet, l'élégance de la parcimonie du seul repas quotidien qu'elle prélevait, et la discrétion de nos quelques instants relationnels. C'était toujours ma petite Mousse, comme je l'appelais, qui partageait ma couche. Je saurai ce soir si je ne l'ai pas tuée. Ces cabines sont insuffisantes pour deux !

Aie, aie, aie, vous pouvez le constatez, il n'est pas traumatisé, et pourtant, il se posait des questions sur ce fameux triangle des Bermudes. Bon, moi je suis rassuré, à priori pas de Chigungunya ... Quand à coucher avec une moustique, ne comptez sur moi ...
Tout le monde embrasse tout le monde

Genève le 20 Mai, 12h TU : 31°22.35 N 66°20.05 W à 1 890 NM de Horta

dimanche 17 mai 2015

Genève : du près, du près, encore du près

Dimanche 17 Mai

C'est Dimanche, il faut que je fasse un effort, je vous le dit tout de suite, ça va être bref et simple. Depuis notre départ nous sommes au près, près serré, vent dans le nez, un cap guère satisfaisant, plein nord, du vent, ça va, entre 15 et 25 noeuds, 1 ris, 2 ris, 3 ris, riz au oignons, riz au curry c'est selon. Nous n'avançons guère, mais gardons espoir, en principe cette nuit le vent tombe, nous traversons un zone de calme et, demain soir ? Demain soir du Nord Ouest, au portant sur la route ? Je reprend une météo pour voir ça. Sinon tout va bien à bord, les manœuvres rentrent, un peu lentement à mon goût, ce qui ne rentre pas ce sont, devinez ? Les poissons. Du coup, Alain qui passe sont temps dans la rédaction fort appliquée de textes plus croustillants les uns que les autres nous livre ses réflexions :

La recherche de la daurade perdue

Longtemps je le suis levé de bonne heure pour mettre à l'eau une ligne et ses leurres.
Après avoir labouré l'Atlantique d'Est en Ouest sans la moindre touche, plein d'espoir et d'illusions, nous sommes courageusement reparti d'Ouest en Est.

Deux daurades et un Marlin malin sont venus renifler nos appâts artificiels qu'ils ont négligés nous faisant une nageoire d'honneur.
Depuis inlassablement nous remorquons ces plastiques implants, retardant notre retour vers nos bien aimées, qui elles sont naturelles.

La Mère mer serait-elle vide ? Qui donc l'a dévastée si vite et si subrepticement ? Sont-ce ces méchants chinois qui, pratique interdite, chahutent en bœufs ? Ou ces mauvais japonais qui ne cessent de prélever de menus échantillons de 30 tonnes à des fins d'études scientifiques ? Sommes nous tous coupables par nos pollutions des petits ruisseaux qui font les grandes rivières qui se meurent dans l'amère ?

Je vous épargne les 18 pages de description des vagues et des horizons vides, car Marcel l'a fait beaucoup mieux que moi avec les aubépines.

Venons en à la réalité brutale : si il reste encore une seule petite Coryphène, elle sera pour le noir pétrel qui nous poursuit depuis l'aurore et pour nous ce midi ce sera cassoulet ou raviolis, car Michel M. le rappelait : "Toutes passions qui se laissent gouster et digérer ne sont que médiocres".

Fa Fé Fur (Tabarly dixit)

Allez je vous laisse, je vous rassure un peu, cassoulet et raviolis, attendrons encore quelques jours, c'est Dimanche, Dimanche entre hommes et qu'est ce qu'ils aiment les hommes : de la viande et des patates : entrecôte et patates. Tout le monde embrasse tout le monde.

Genève le 17.5, 12h Tu : 27°46.39 N 71°22.24 W à 2 220 NM de Horta

jeudi 14 mai 2015

South Side Marina, Procinciales, Turks & Caicos

Genève, escale aux Turks & Caicos

Jeudi 14 Mai

Prendre la plume est parfois difficile, mais à la demande générale, à la demande de certains en tout cas, je vous donne quelques nouvelles.
La sortie de Cuba n'a pas été simple. Nous avions choisi de passer par l'Est et de sortir par Windward Passage. Une première partie sans beaucoup de vent mais alimentée par de gros orages. Toutes les fins de journées, 3/4 heures à se faire secouer et rincer sous d'impressionnant nuages, quand la foudre est de la partie c'est encore pire ... Et petit souci, notre girouette anémomètre ne fonctionne pas vraiment bien, difficile dans le noir de bien juger de la force et direction du vent, difficile donc d'adapter la toile du temps, et la toile il faut y faire attention, nos voiles sont "fatiguées".
Une panne de pilote qui m'a fait baisser les bras, jusqu'à ce que je trouve, la fixation du capteur d'angle de barre cassée, (cassée comment ?). La réparation que j'ai faite à l'air de marcher, ça tient depuis plusieurs jours, ça tient en mode vent au près pendant 2 jours sous 3 ris, ça devrait donc tenir jusqu'au bout.
Et oui parce qu'après les orages, le vent dans le nez, obstinément dans le nez, plus ou moins fort, alors voile ou moteur, les deux parfois, petit à petit nous sommes passés. Mais plus beaucoup de fuel, pas suffisamment pour traverser en tout cas. Du coup un stop aux Turks et Caicos. Un endroit surréaliste, petit caillou au milieu de nul part. Sec, venteux, désertique à part la capitale, mais, mais on y trouve tout, mais à quel prix, je crois que je ne connais pas d'endroit plus cher ... Je vous raconterai ça un peu plus tard, peut être, nous avons refait de l'approvisionnement, de l'eau, reste le fuel, j'attend que la marée remonte, très peu d'eau dans le chenal d'accès à marée basse, entré avec un chausse pied, j'attend un peu, j'assure pour le départ. Départ pour cette fois ci la traversée, on essaye Horta, on verra bien, mais la météo est disons classique, du près jusqu'à Lundi, des calmes, peut être pas trop et ensuite je l'espère des vents portants. Je n'oublie rien ? Ah si la pêche : zéro pointé, encore des sargasses partout.
Et puis Alain a eu le temps d'écrire, je vais pouvoir vous distiller ses œuvres, la première appropriée à notre situation :

"Fermer"

Comment continuer à écrire après avoir lu cette sentence de Montaigne :
"La recherche des frases nouvelles et de mots peu cogneuz vient d'une ambition puérile et pédantesque"
Alors faisons court, sec, à l'os.
Avant d'appareiller, il faut fermer.
Fermer l'eau et le gaz pour économiser
Fermer les hublots et sa gueule
Fermer son cœur à toutes les tentations de la terre
Fermer les téléphones portables et les liens internet
D'un coup de hache couper les liens et les amarres et se renfermer en soi même, l'esprit et le corps tendus vers un unique but : remonter au vent et vers l'Est.
Soyons ferme

Et voilà, ça c'est fait ... Tout le monde embrasse tout le monde.
Genève, South Side Marina, Provinciales, Turks et Caicos

dimanche 19 avril 2015

Devine Sailing : laconique

Dimanche 19 Avril

C'est Dimanche, mon Iridium a sonné, dois je prendre une dernière météo ? Autant de prétexte pour se connecter, mais franchement je vais être laconique pour ce qui devrait être le dernier post de la traversée. Rien, mais absolument rien à raconter. Toujours du vent arrière dans 12/14 nœuds de vent, j'ai renoncé à la GV, qui fait Boum, crac, boum, Génois et 1 moteur. Pêche sans espoir, toujours plein de sargasses, lecture et sieste, la torpeur des tropiques ... Heureusement que j'avais fait le plein de bouquins, après Murakami, un peu déçu, un Mankell, un Nesbo, un Daeninckx, et le dernier Foenkinos, "Charlotte", là aussi déçu, j'entame un Pérez Reverte ... Clément sous l'égide d'Alain découvre Desproges, Quelques éclats de rire ... Philippe, toujours en pleine préparation de son aventure, dévore les récits de mer, personne n'a plus le courage de prendre la plume ... A peine 300 milles, un seul souci, pour entrer dans la marina, il nous faut franchir un pont aux horaires précis, 17h30 le soir, 8h30 le matin, réussirons nous à avoir celui du 21 au soir ? Sinon ce sera le 22 au matin, d'ici là tout le monde embrasse tout le monde et vous souhaite un bon WE.

Devine Sailing le 19.4 à 12hTU : 18°03.32 N 57°44.48 W à 300 NM.

vendredi 17 avril 2015

Devine Sailing : changement de programme

Vendredi 17 Avril

Devinez quoi ? Ce n'est plus Tortola, j'ai envoyé au chef de base, Yann, à Tortola, un prérapport technique, qu'il puisse s'organiser avec les petits soucis que nous avons eu, en particulier pour qu'il s'assure d'avoir bien reçu les pièces du dessal, les bers des radeaux, et je lui signale que nous n'avons ni climatisation, ni ventilateurs, du coup, cap sur St Martin, pas la peine de louer ce bateau sans clim. Pour nous pas de soucis, au contraire, cela arrange Clément et c'est un peu plus près ... Arrivée le 21 ? De toutes façons, il faut que je me reconnecte : pour monter une clim, il faut sortir le bateau de l'eau, est ce possible à St Martin ? Sans doute, mais au cas où ... On ne sais jamais ? La Martinique ? Et là autant changer de cap maintenant, c'est quand même un peu plus sud. Sinon, le vent enfin revient, pas la tempête, et je n'ose trop tirer sur la GV, du coup pépère sous Genois. Nous nous ennuyons un peu ... Et question pêche, des sargasses partout, alors comme disait Benjamin, Papa, quand est ce que tu pêches une vache ? Ce temps libre laisse tout le temps à notre patriarche pour peaufiner une nouvelle publication, je lui laisse donc la parole :

Cronique laconique du temps passé (à ne rien faire)

"L'âge prenant, aux calendes de Mars, je me suis retiré du monde, encore plein de force, pour méditer et me livrer à une doulce retraicte, à ma liberté et tranquilité" * à bord d'un pirogue double.

Bien décidez à devenir sérieux et sage, j'ai prié mes compaignons de voyage de désormais me voussoyer et mon grand âge respecter. C'est un défault bien commun chez moultes vieillards de ressassez leurs histoires éculées. J'ay incontinent pris décision de ne plus penser qu'à l'avenyr et ce qu'il estoit possible d'y améliorer, bien que ce soit mal-aysé, étant fort désgoutté de la nouvelleté.
Ja Cicéron disait "être exempt d'avidité, c'est une fortune ; du désir d'acheter c'est un revenu"**. Sur quoy Montaigne renchérit "Je vis au jour la journée et me contente d'avoir dequoy suffire au besoings presens et ordinaires ; aux extraordinaires toutes les provisions du monde n'y scauroient baster. Je m'interrogeois donc sur la conduite à tenir au retour sur mes terres qui me semble encore bien lointain

Sargassetique

: Merci Michel
* In paradoxes VI III

Et avec ça mon correcteur orthographique explose ... Et je vous dit à bientôt, évidemment je n'oublie pas, tout le monde embrasse tout le monde

Devine Sailing le 17.4, 12TU : 18°09.80 N 53°14.62 W à 557 NM de St Martin (Basse Espagnole)

jeudi 16 avril 2015

Devine Sailing : déception

Illusion, déception, frustration, que sais je ? Cette transat partie sur les chapeaux de roue s'achève dans une falsification, une imitation d'alizé. Du coup 2 jours de moteur, le vent monte un peu, allez j'essaye les voiles en papillon (llion), 5,5 noeuds au 270. Allez, ça va rentrer, le 18 ? Si c'est le cas, arrivée le 22, plus que ... 730 milles. Pêche = 0, poèmes, zéro aussi, c'est l'âge ? Je crois que j'ai reçu des mails, toujours des petits soucis avec ma boîte, il me faut donc aller voir, j'en profite pour vous donner ces quelques nouvelles, ne vous inquiétez pas tout va bien, le mot d'ordre : patientons ... Tout le monde embrasse tout le monde.
Devine Sailing le 16/4 12 TU : 18°33.83 N 50°57.33 W

mardi 14 avril 2015

Devine Sailing, anniversaire dans les sargasses

Mardi 14 Avril

Lente progression vers le sud, rien à faire, sous GV, si on veut se caler c'est trop sud, trop de route. Vers le nord c'est mieux mais c'est pour aller s'encalminer. Plein vent arrière, pour la GV ça remue trop, j'ai peur de casser quelque chose, du coup génois seul, et risée Volvo quand le vent descend trop. 121 milles sur la route hier, 118 aujourd'hui, c'est pas brillant, à ce rythme on arrive à la St Glin Glin. Et puis nous sommes maintenant en pleine sargasse, décidément elles envahissent l'océan, plus guère de traversée sans en voir et pour la pêche c'est pas très bon. Je reprend une météo, une zone de calme demain normalement et ensuite si nous sommes suffisamment sud j'espère pouvoir reprendre une panne tribord qui devrait nous rapprocher plus vite. 1 000 milles franchi à 12h45 TU, normalement 7 jours, arrivée le 21 ? Pas certain, au rythme actuel ce sera plutôt vers le 23. On verra, toujours est t'il que 1 000 milles ça se fête, une occasion de plus, en fait nous allons cumuler, sortir les réserves spéciales, aujourd'hui est un grand jour, un grand jour pour le patriarche du bord (maintenant on peut le dire), un grand jour pour notre ami poète qui du coup nous livre sa dernière œuvre :

Devine, pas nette

Racine cubique de 343 000, ça ne vous dit pas grand chose et racine carrée de 49 000 sans doute guère plus, alors pour vous aider voici quelques autres données :
(71 + i au carré) cela reste assez complexe . Mais si je vous dit 140Cos30° = 140Sin60° = 140 bières pression, sachant que une bière = 1/2 tout s'éclaire.
Non ? Pour ne rien embrouiller je n'inclurai aucun Pi impie. Je vous donne un 1, 10, pour les nuls : plus que 7 ans pour lire Tintin et enfin pour les plus ignares un dixième du symétrique de James Bond.
Ça y est, vous d'accord ? Ça fait 2015 - 1945 = ...
Pastiche 45

Je le comprend un peu, dur dur ce passage, reste que cela va être l'occasion de se faire une petite fête, Clément après un essai réussi, se charge du fondant, Philippe aurait aimé se charger de la daurade, nous allons nous contenter du rôti de porc, et moi je me charge de la conclusion : tout le monde embrasse tout le monde.

Devine Sailing le 14, 12 TU : 19°49.20 N 46°34.71 W à 1 003 NM de Hermann Reef.

dimanche 12 avril 2015

Devine Sailing, énervé, contrarié ?

Dimanche 12 Avril

Énervé, contrarié le capitaine ? Peut être, rassurez vous pas par l'équipage (Ouf ... ) mais, mais. C'est Dimanche, il me faut donner des nouvelles, donc, je résume, nous sommes quasiment vent arrière depuis un bon moment, pour l'instant c'est la panne tribord qui est la plus favorable, celle qui nous approche le plus. Mais tribord amure nous remontons vers le nord, vers les calmes. Il nous faut mettre du sud dans notre route, pas facile. D'autant plus que le bateau commence à donner des signes de faiblesse, après avoir cassé le premier ris, presque arraché le pontet du point d'écoute de GV, c'est le pontet que j'utilisais pour la retenue qui a giclé, un léger l'accastillage l'ensemble t'il ... Ça a giclé avec 15/16 nœuds réels, 10/11 apparents ! Du coup je n'ose plus trop utiliser la GV dès que le vent forcit et au vent arrière (la c'est pilote qui a du mal, c'est pas trop sa faute, c'est juste que les tout petits safrans ne sont guère efficace), résultat : on se traine : 131 milles sur la route, ah si nous avions 2 génois (en gros ceux qui me connaissent remplace ça par : ah si nous avions un catana ... ). Je me rattrape sur le moteur, il nous reste pas mal de Gas Oil, bien plus que d'eau alors bon an mal an nous progressons. Question Pêche, zéro pointé, alors pour conclure ce dimanche avec un peu d'humour, laissons la place au poète du bord :

Politique, religion et philosophie

En ces temps incertains et politiquement troublés, nous avons choisi à bord un régime politique original : le 3D (D,D,D) : la dictature à durée déterminée.
La constitution en est fort simple et s'écrit en 2 articles :

1 - le capitaine a toujours raison
2 - dans le cas contraire l'article 1 s'applique.

Ce régime convient bien à une communauté restreinte où tous sont tendus vers un seul but : en finir ! Mais cependant nul n'envisage une évasion.

La religion fait aussi l'objet d'u grand syncrétisme et de simplifications drastiques en ces deux commandements :

1 - le port des voiles est obligatoire
2 - le seul paradis à mériter est le port

Une seule immense question théologique reste à résoudre : le thon et la daurade sont ils casher et/ou Hallal ?
En tous cas les 2 sont recommandés dans l'évangile de St Gros et Nigaud

Tant en politique qu'en religion un seul mot d'ordre "soumission" (au sens Houellebecquien du terme).

Pour la philosophie on peut se limiter aux seuls perceptions de nos sens : l'horizon est rond et j'en suis le centre comme le zéro d'un repère orthonormé; calé bien au milieu je suis Dieu.
Quelques divinités secondaires et antiques comme Eole et Neptune tentent de perturber occasionnellement nos certitudes. Il ne faut pas s'en inquiéter car à la vitesse de notre coche d'eau nous ne constatons aucun "déplacement des raies spectrales vers le rouge, même dans le cas où la lumière nous arrivent d'étoiles de masse appréciables" (Einstein Dixit). Dès lors les lois de la relativité générale ne s'appliquent pas dans notre univers dont la finitude ne se révèlent que par la disparition quasi instantanée du sillage à la poupe, tout comme s'évanouit la mémoire immédiate (Aloïs Alzheimer dixit).
A tout hasard invoquons quand même Bacchus à qui il ne nous reste plus grand chose à sacrifier.
Ô Dieux Odieux, priez pour nous pauvres pêcheurs.

A bord de Shabat 13, le 12ième du Mois d'Avril de l'an de Grâce 2015

Inspiré le poète, non ? Pas certain qu'il ne vous faillent attendrent quelques jours avant une suite mais d'ici là, bon dimanche à tous. Tout le monde embrasse tout le monde

Devine Sailing le 12.4 à 12 TU : 21°34.76 N 42°25.75 W à 1 242 NM du nouveau monde.