samedi 4 avril 2009

CHEF! OUI CHEF!

Jeudi 2 Avril

Comme prévu RAS TVB, un peu lentement tout de même, du coup je laisse la parole à Alain qui, en verve à tenu à écrire ce post.

CHEF! OUI CHEF!

Sans jamais oublier, hublot des chiottes fermeras
après chaque caca, dix-huit fois pomperas,
du winch la poupée bien garniras
et la vaisselle à l'eau de mer feras

Seules les dents à l'eau douce tu brosseras
Les inutiles lignes souvent surveilleras
dans le noir tâtera, jamais n'allumeras
souvent pour le dîner canard proposeras

Qand skipper est gribé, sort le rhum arrangé
Prend garde de pastis, de ne point le noyer.
car à sa bonne humeur cela nuirait

Christophe Mahé en l'océan égaré
nombreux poissons tenta d'attraper
Aucun ne mordit, inutile d'appâter.

Alanus Alnus

Bon, vous trouvez ça drôle, moi pas, mais bon, un hypocrite semblant de démocratie sur un bateau ne fait pas de mal, mais on sait comment ça commence la révolution, quelques pseudo-intellectuels, poètes ou philosophes. Qu'il continue comme ça et je l'envoie en exil, avec le pigeon, dans l'annexe ...

En direct, Radio Albinoni, au milieu de l'atlantique, une première Coryphène. Le match a commencé en l'absence des arbitres, toujours pas de poissons volants : Albinoni Vs Poissons : 1 - 0. Il était temps, nous allions passer le 1er Avril sans poisson.


Je n'en avais jamais vu de si petite, mais parfaite en entrée à la Tahitienne, sauf qu'une fois sur la table : Charlotte "J'aime pas la noix de coco" et Faustine m'a semblé dubitative face au poisson cru, ces jeunes ... et il n'y a pas beaucoup de MacDo sur la route. Par contre magnanime, j'ai hésité, j'aurai bien condamné Alain a manger seul le dernier confit de canard, j'ai cédé, je lui garde quand même le dernier cassoulet ...

Tropique du cancer : ce matin, 8h30.

CM

Pos : 23º19.56'N - 034º36.06'W

mercredi 1 avril 2009

"Y’a de la joie"

Mardi 31 Mars

Trenet, je vous l'avais promis. Dans le lot, le soleil, les oiseaux etc ... on n'a eu qu'une chose, les oiseaux, une hirondelle est venue tenir compagnie quelques minutes à notre pigeon. A mon avis, sa conversation ne lui à pas suffit, elle nous a vite quitté. Faut dire que vous auriez vu la tête du pigeon, trempé, transi, à mon avis un peu malade. Pour de la pluie c'était de la pluie, nous avons passé la journée sous cette espèce d'ondulation, des grains, du vent, pas de vent, du clapot dans tous les sens et de la pluie, de la pluie, du genre qui, qui quoi ? Je ne sais pas, je n'en avais jamais vu autant, plus un poil ou une plume de sec.

Tout ça ne fait pas nos affaires, encore une petite journée et M. Grib n'est pas très optimiste pour la suite, l'alizé est toujours aux abonnés absents. Le moral de l'équipage se maintient, on est passé au régime "grog" (le rhum arrangé à ses vertus, n'est ce pas Ambroise), la cabine embuée avait des allures de refuge en bas des pistes (et dire que l'on est à la hauteur des Canaries, à 3° du Tropique).
Quelques aléas techniques pour corser le tout, un manchon de l'enrouleur de solent n'est pas vissé (perdues, pas mises ?) du coup je ne peux plus l'étarquer (le solent) sous peine de voir l'enrouleur se démantibuler. Si on garde du portant, ça devrait le faire ... de toutes façons on n'a pas les vis et ce coup ci pas de pit stop possible. L'escale Martinique va être de bienvenue, j'espère juste qu'elle ne sera pas plus longue que prévue.

Et puisque que l'on parle d'escale en Martinique, au Marin, Alain, "l'ancien du Marin" vous propose, si vous désirez écrire à vos cher(e)s & tendres l'adresse suivante :

Poste restante
Quartier "La Agnès"
97290 Le Marin (par précaution vérifiez le code)
Martinique

Voilà, aujourd'hui, on ne vous embrasse pas, trop trempés, mais on pense très fort à vous.

CM

Laurence : Tout de même un spécial gros bisou, un peu humide, du milieu de l'Atlantique, à mon Camille qui souffle ses 2 bougies aujourd'hui !
Baisers à la ronde.

Pos : 26º02.14'N - 031º03.09'W

Heure locale : GMT - 2

Panne de titre

Mercredi 1er Avril

Une journée comme je les aime. Rien à raconter. Je brode un peu, c'est le premier jour, ensuite nous risquons d'avoir 3, 4 jours comme ça. Attendez vous à une panne radio. A moins peut être que ne commence le match tant attendu :Albinoni vs Poissons, ce qui pour un 1er Avril serait la moindre des choses. Les poissons volants, encore eux, arbitres du match, n'ont pas encore sifflé le début de partie. Tant attendu, ben oui, par nous au moins : une daurade dans l'assiette réjouirai nos papilles ...
Comme prévu, oui on peut le dire, nous sommes passés du "bon"coté de la petite perturbation. Dans la nuit de lundi à mardi le vent s'est installé à nouveau au Nord, nous sommes reparti au 230 en quête d'alizé, vent de travers, 17/18 noeuds de vents, 7/8 noeuds, peinards. Une lente rotation vers le nord est nous oblige à faire des pannes, (des pannes, des pannes oui mais des panzani, oh celle la elle est mauvaise, mais avec le 1er Avril vous avez échappé à bien pire), donc pas une panne mais des pannes et pas bien vite, Mr Grib nous annonce que la rotation devrait continuer vers l'est et nous permettre de descendre plus sud bâbord amure, on attend, on attend ... Et si Mr. Grib ne se trompe pas, les 3/4 prochains jours on n'a qu'à faire marcher le bateau, plus d'option, plus de stratégie, on subit, on subit au soleil en principe. Faut dire que Mister Grib, je me méfie encore un peu, tout semble "plus" avec lui : plus vite : les phénomènes semblent arriver une demi journée avant les prévisions et le vent quand c'est du vent il est plus fort que prévu et quand c'est du calme, il est plus calme que prévu.

Pour conclure deux chiffres : 1 751, cela ne vous dit rien, la moitié de notre transat Baiona Martinique, barrière franchie cette nuit et 2 000, miles parcourus depuis le départ (ce matin).

Aujourd'hui, tout le monde est bien sec, donc tout le monde embrasse tout le monde et pense très fort à vous (sûrement plus fort qu'avant, car beaucoup moins perturbé par les éléments).

CM

Pos : 24º56.22'N - 032º52.30'W

lundi 30 mars 2009

"On dirait le sud, taaa tata taa"

La rengaine de Nino Ferrer, hier beau temps, quelques heures de moteur, puis un vent d'Est, génois léger, GV, pas très vite, mais cela avance quand même sur une mer à peine ridée et de plus en plus bleu : "On se voyait déjà en ... "


Mais, mais, et bien, il va falloir patienter. Un petit rappel : tant qu'il n'y a pas de poissons volants, ce n'est pas le sud. La bulle annoncée par Mr. Grib est bien là (d'ailleurs hier, j'avais fait une petite erreur de frappe, c'était pas 26N 10W, mais 26N 30W), du coup, du sud on n'a que le vent, vent de sud, mais pas 7,5 à 10 noeuds comme prévu par Mr. Grib mais plutôt un 25 noeuds bien costauds. En fait de "Sud" on a aussi l'anémomètre, il nous fait dans le débrayage intempestif, évidemment quand on a le plus besoin. Donc à nouveau 2 ris, 2/3 de solent, comme d'habitude (voir posts précédents) manoeuvre au plus mauvais moment de la nuit, 5h. et l'équipage découvre les joies du près, nous sommes à 8 noeuds sur une mer qui est bien pavée, mais absolument pas de bonne intention.

Ces aléas météo vous "offrent" ce post, je n'avais pas prévu de me connecter, mais il faut que je refasse un grib. "Il y a de la joie", ce sera pour demain.

CM

Pos : 27º53.73'N - 029º24.71'W

dimanche 29 mars 2009

Albinoni, le retour

Dimanche 29 Mars

C'est vrai que depuis quelques temps on était plutôt dans un registre Wagnérien, après le "Vaisseau fantôme" on était passé à une longue séquence Walkyrie (ouf, on a quand même pas eu le Crépuscule des dieux), retour à l'ambiance Adagio. Le soleil, enfin il est là. Une première vraie belle journée. Albinoni se transforme en ... en quoi en fait, un truc bizarre, dans un port chic, on se fait virer, une rue napolitaine, avec les fils et le linge qui pend, il y en avait partout. Albinoni en chanteur Napolitain ... grande lessive, grand nettoyage et l'équipage découvre les joies du filet, salon de lecture et de contemplation.


Laurence nous a préparé une superbe salade avec les derniers légumes frais ce midi, Faustine un Crumble délicieux, les pommes aussi commencent à s'abîmer, il va falloir pécher. Mais la contre partie de ces moments de récupération, c'est que le vent est bien tombé, plus que prévu, du coup un Grib supplémentaire et ça recommence, le coup de la bulle, "y va falloir que ça cesse". Mr. Grib nous en colle une nouvelle, 26 N, 10 W pile sur la route dans 3 jours, nous revoilà parti vers l'ouest pour essayer de rester au portant, mais du coup à quand les poissons volant, la pêche, les alizés ? Je vais finir par croire que les alizés, c'est vraiment un truc de brochure, de la pub !

Et puisque "Endemol" (Tristan) réclame de nouveaux rebondissements pour relancer l'intérêt de la série, nous lui avons réservé quelques réjouissances. A commencer par l'antenne VHF qui battait la breloque en tête de mât, du coup une première séance la haut pour assurer le tout et il faudra remonter pour bien serrer, il y avait encore un peu trop de vagues.

Ensuite, cette nuit, Tristan qui prend de l'assurance (en tant que producteur et marin) se propose comme "vrai" chef de quart (chouette, je vais pouvoir dormir un peu plus ...). En forme de bizutage, il a eu le droit à sa première bascule, les vents de Nord (depuis pas mal de temps, isn'it) sont passés au Sud, avec un peu d'avance sur les prévis de Mr. Grib. Zut, je me suis réveillé sentant le bateau, disons, un peu perdu. A mon avis d'ici Tahiti, Tristan va décrocher tous les brevets, son père n'aura plus qu'à bien se tenir. Et en attendant, moteur ...

Bon Dimanche à tous

CM

Pos 12h : 29º09.82'N - 027º13.33'W

samedi 28 mars 2009

Routine

Samedi 28 Mars

Toujours ce flux de Nord, de belles éclaircies dans l'après-midi, ça se gâte un peu dans la nuit (comme d'habitude), génois lourd ou les deux génois en ciseaux, toujours un petit 30 noeuds établi, le train-train continue, nous descendons vers le Sud, chaque jour la température de l'eau monte d'un degré, 18, 19, 20°, j'ai aperçu mes premiers argonautes. Pas de poissons volants, les quelques-uns d'il y a deux jours étaient bien des explorateurs égarés. L'équipage prend confiance et du coup prend la barre de plus en plus souvent. Tristan, les doigts dans le nez, la barre des 15 noeuds n'est plus qu'un souvenir, il est à 100% opérationnel. Charlotte s'y met, encore un peu de retropedalage de temps en temps, allez, deux, trois jours d'entraînement et ça devrait être bon. Laurence a un peu de mal avec la barre à roue "C'est comme un volant, pas comme le Mystère", du coup Alain lui fait une démonstration de barre à l'envers ... et Faustine essaye, elle a pigé pour le compas, le reste va venir.


Avec le retour du beau temps et la mer qui se calme, je suis allé jeter un coup d'oeil au dessalinisateur. Un fusible à changer et ça repart, "Yes" ... ben non, c'est raté, en fait en amont du dessal. il y a une pompe, dite de gavage, c'est elle qui est HS, donc le dessal. pompe à moitié dans le vide et claque. Conclusion : rationnement d'eau douce. Douche et vaisselle à l'eau de mer. Et si vraiment on a soif, on pourra démonter une autre pompe et faire marcher le dessal.. Mais bon, je préfère ne pas trop démonter le bateau.
Et l'exercice qui nous attend maintenant, après nettoyage du bateau, des humains, lessive etc ... c'est de négocier le virage à droite, 2 jours, 3 jours ?

Et nos pigeons : La faute à Endemol (Tristan), une partie du suspens est levé, c'est ça les gens du cinéma, ils ne peuvent pas tenir leur langue. Après une séance de gavage et de repos, pilotes prêts au décollage, nous avons organisé une séance de vol, espérant les voir rentrer chez eux, ça a marché ... partiellement ... deux d'entre eux ne sont pas revenus, bonne chance à eux. En fait je les soupçonne d'avoir choisi une autre auberge, nous avons croisé à ce moment un gros minéralier. Il faisait à mon avis, une route qui doit le mener à New York ou dans le Saint Laurent, je vais donc surveiller le New York Herald Tribune et la presse Québécoise. Et j'ai toujours une chance d'avoir un article dans le journal Martiniquais car le troisième pigeon, celui qui n'était pas vraiment de la bande, arrivé le dernier, plus jeune, lui, il a choisit de rester, on va voir s'il sait se tenir.

Tout le monde embrasse tout le monde

CM

Pos. 12h : 30º33.83'N - 025º47.43'W

vendredi 27 mars 2009

Promesses tenues

Vendredi 27 Mars

"Il n'est que 21h30, ça promet", effectivement la nuit à été à la hauteur des promesses, pendant une bonne heure nous avons été quasiment à sec de toile. Je suis allé me réfugier vers 5h du mat, dans le carré, tout habillé, avec le harnais pour me réchauffer, assis sur la banquette, Alain m'a réveillé, j'étais toujours assis là, je ne sais pas combien de temps j'ai dormi ... Mais la situation est toujours tranquillement sous contrôle, les miles défilent, le temps devrait s'améliorer, une grosse journée sans doute à patienter.
La suite des pigeons, c'est pour plus tard, Aujourd'hui, magnanime et fatigué, je laisse la parole à l'équipage, un premier coup de vent, il devrait pouvoir en raconter des choses.

Laurence : des rafales à 40-45 noeuds... On s'en fait toute une montagne, mais finalement ça se vit bien ... Parfois un peu impressionnant, surtout la taille des vagues, les bruits de l'eau contre les coques et les mouvements du bateau qui, par moment, font tout valser dans le carré (vive les revêtements antidérapants). Au final on est tous un peu humides, un peu fatigués et paradoxalement pas trop malades. Faudrait pas que ça dure des lustres, on va bientôt être à court de vêtements secs ... Et puis le soleil c'est pas mal non plus ! Mais dans le fond, c'est quand même plus drôle que quand c'est calme et qu' il ne se passe pas grand chose. Plein de bisous à tous.

Faustine : ça bouge, ça bouge..la mer est agitée et c'est ce qui fait son charme ! J'attends quand même avec impatience l'entrée dans les mers du sud, avec tous ses bons poissons, et on aura même l'opportunité de se baigner, il sera temps je crois !
Je ne me lasse pas du paysage, ni du balancement des vagues, ni de l'équipage d'ailleurs ! Donc tout va bien, je pense très fort à vous, gros bisoux

Charlotte : plein de premières expériences pour tout le monde, en ce qui me concerne, la tête dans les toilettes au petit matin, hum, et un record de 14,9 noeuds à la barre ! J'attends avec impatience les poissons volants ! ça remue à bord et tant mieux, on savourera plus d'être sur le filet du cata au soleil ! Et tant que j'y suis, feliz cumpleanos à Maude, Amelie, Bats, Lonye et Gab ! ça en fait des anniversaires ! besos à tous.

Endemol (Tristan) : L'aventure Albinoni continue. La pression des maux de mer est retombée, la production a proposé, étant donnée la bonne ambiance inacceptable pour nos chiffres d'audience, de couper le déssalinisateur (causant le rationnement d'eau), et d'observer la réaction des participants. On leur a même réduit le nombre d'animaux de compagnie pour voir si le moral pouvait enfin être affecté et on se réjouissait des rafales de vent à 40 noeuds, des vagues et de la pluie. Résultat, aucun changement, le moral est en béton et en plus il commence à faire beau. Nos scénaristes planchent sur des tracas plus importants pour les semaines à venir. Nous imaginons la division en deux camps de l'équipage autour de la mise en casserole du dernier pigeon ce qui pourrait relancer cette émission.

Alain. Première partie de la mission accomplie : je retrouve les sensations et bonnes vibrations au dessus de 40 Kt. Un petit air de chevauchée des Walkiries au volant du camion sans phares et sans freins dans la descente verglacée. Wehr reitet so spaët durch Nacht und Windt es ist der Vater ohne seinen Kindern ! Bern pokou d'ar ré vihan : Bolaj, Yseult hag ho mamm. Ce matin avec le soleil j'ai sorti le short et replié le baby-gros qui me collait à la peau depuis 9 jours. Mis les bottes au rancart. Optimiste inguérissable. Ce midi j'ai tellement bien dormi et rêvé que "comme un ange" ne suffit pas, alors disons comme deux anges. Un salut amical et fraternel aux amis embarqués à bord du reste à terre : Pierre, Ignace, Vassa, Dany, Isabelle K, Véronique, Anita, Isabelle B, Sylvain, Laurence, Elise ... les autres au prochain post.
L'indien est-il rentré ? What's new at misery castle ? Un pronostic osé : Martinique le 14 avril. Mé zo vont da gousket breman.

Pour Alain, je m'en doutait, il en vu d'autres, pour les autres "même pas peur !". Le brouillard, les grosses vagues, 40 noeuds, qu'est ce qui faut faire ?

A bientôt

CM

PS : Il y a parfois un décalage entre l'histoire et la réalité, ce n'est pas nouveau n'est ce pas, mais à cause des problèmes de transmission (ça aussi vous l'avez déjà entendu), il y a parfois un décalage de temps : la nuit dont nous parlons, la nuit la plus "chaude" c'était la nuit de Mercredi à Jeudi. Par contre les positions à 12h GMT sont bien notre position à la date indiquée. Je tenais à faire ces précisions pour éviter tout quiproquo et prouver la bonne foi de notre chaîne (et ça, cela ne vous dis rien ...)

Pos 12h GMT : 32º38.49'N - 024º01.87'W

T’es au bal, faut que tu danses

Jeudi 26 Mars

Encore un titre un peu bête, mais je suis déjà passé par la case Rock'n roll, après il y le swing, le tcha tcha tcha, mais pas la valse à quatre temps, non, vraiment pas la valse.
Elle est toujours là, à notre gauche, la "petite" dépression, nous envoyant ses nuages, ses éclairs et ses bourrasques. Mister Grib, éternel imperturbable, je crois qu'il est américain, moi je l'aurait plutôt vu anglais, "Dr Livingstone, I presume", donc Mr. Grib nous prédisait un flux de Nord établit, une vingtaine de noeuds. Le flux de Nord, pas de problème, la vingtaine de noeuds, il faut vraiment que je relise toutes les bases. L'anémomètre est resté pendant des heures avec un 3 devant, sous solent seul on a écrasé le record du bateau, une glissade à 17,9 noeuds, pour glisser comme ça, il faut de belle vague, y'en a une qui a remplit le cockpit et "un peu" le carré : séance de séchage, éponge et écope pour tout l'équipage.

Donc ce coup ci, on peut vraiment parler de baptême du feu, la, en ce moment, on ne se ballade plus qu'avec le solent roulé au 2/3 tiers, l'équivalent d'un tourmentin. Deux jours assez musclés, cela devrait durer encore un peu, les vagues commencent à avoir belle allure et l'équipage à droit à une "vraie" transat. Tiens, Alain tout content avec son tourmentin m'annonce une pointe à 14 noeuds. Vingt noeuds (de vent) ... mon oeil ! Ah j'oubliais, c'est encore la nuit, toujours aussi noire et il n'est que 21h30, ça promet.
Mais rassurez vous tout le monde va bien, le bateau aussi. Le dîner, boite, ravioli, oui, c'est vrai, un classique du gros temps, mais au dessert un crumble parfait préparé par Faustine, Tristan et Charlotte. Ce midi, Alain c'était fendu de pomme de terre Salardaise, chaque jour, on régale, chacun y va de sa recette (à part moi, bien entendu, le skipper hors quart ... en fait il vaut mieux pour eux que je ne m'y mette pas ..., bon, c'est vrai aussi que je passe un peu de temps sur le pont). Je n'ai pas vraiment eu l'occasion de travailler sur le dessalinisateur, il attendra le beau temps, je n'ai pas trop envie d'ouvrir le capot moteur par ce temps. Le beau temps, un jour peut être ! Nous avons aperçu nos premiers poissons volants, des explorateurs à mon avis, l'eau n'est encore qu'à 17°, mais l'avantage de ce flux de Nord, c'est que même sans le vouloir, on trace la route, on finira bien par y arriver et je me dis que l'on a sans doute bien fait de zapper l'escale Canaries.

Et les pigeons, il y a une suite, je ne vous ai pas parlé de pigeons aux olives, pour demain peut être, là il faut y retourner

Comme d'habitude, tout le monde embrasse tout le monde, comme d'habitude, peut être pas, je crois bien que tout le monde pense très fort à vous.

CM

Faustine : bon anniversaire soeurette ! Que la force du vent soit avec toi et te pousse vers de nouveaux horizons ! Que tous tes voeux se réalisent, bisous.

Pos 12h GMT : 34º44.57'N - 021º52.58'W

mercredi 25 mars 2009

Le bateau ou la loi de l’emm ... maximum

Mercredi 25 Mars

Bon le titre n'est pas terrible, je vous le concède, je suis un peu fatigué, mais je ne sais pas pour vous, mais pour moi, j'ai quand même souvent cette impression. C'est systématiquement au pire moment de la nuit, vers 4h, 4h30, quand même des allumettes ne suffisent plus à vous tenir les yeux ouverts, quand le froid s'est insidieusement glissé entre vos nombreuses couches de polaires qu'arrive le plus gros grain. Si vous avez de la chance il s'accompagne d'une pluie bien drue, de celle qui tambourine sur votre capuche et trempe vos derniers vêtements secs. Après une belle journée, un super début de nuit, les choses se gâte un peu vers 3h, plus beaucoup d'électricité, le pilote qui perd les pédales, moteur, un coup de dessalinisateur, un bruit bizarre, l'hélice ? Je débraye, bloque l'hélice non ce n'est pas ça, je stoppe le dessal. plus de bruit, zut c'est lui. Et le vent qui rentre à nouveau, une nuit sans lune, visibilité zéro, le camion dans un tunnel en descente avec des chaos, de temps en temps on se dit que le précipice est là, juste devant, le grand trou, bout du monde, terreur de nos ancêtres, bon n'exagérons rien nos brillants scientifiques ont prouvé que la terre était ronde, on ne va pas tomber, il faut quand même réduire et sommes toutes ce n'était pas grand chose, 30 noeuds tout au plus, trente noeuds bien établis, depuis un bon moment maintenant, la mer commence à se former et, on a beau dire, il faut le voir "en vrai". Petit à petit le train train reprend le dessus. Le bateau et l'équipage vont bien, les milles défilent, les 1 000 milles passés justement en fin de nuit, l'option semble payante et pour ceux qui ne l'ont pas lu, je vous conseille le "Nègre du Narcisse", Conrad, la plus belle tempête de la littérature (à mon humble avis), une vrai tempête pour le coup, mais tout y est, jusqu'au petit matin tant espéré, mais qui, finalement, porte le coup de grâce au moral de l'équipage.
Fin du quart d'heure littérature.

Le dessalinisateur je vois ça tranquillement, une fois reposé, et DE JOUR. Justement pour un dessalinisateur, j'espère qu'il ne va pas faire le malin et mettre du sel dans notre histoire, plus d'eau ? l'horreur ! ... oui, bon, il nous en reste encore 500 litres et puis c'est l'eau pour se laver et pour la vaisselle, on reviendra aux vieilles méthodes, lavage à l'eau de mer. Cela ne va pas suffire à créer un insoutenable suspens, on à de quoi boire (et pas que de l'eau ...). Le suspens justement, si on revenait à nos moutons, pardon, non, nos pigeons.

Suite et fin du feuilleton ? J'ai cherché un titre : Le compromis historique ?

Après moultes hésitations, l'équipage en était arrivé à la quasi unanimité : la casserole.
Il faut dire qu'ils en avaient mis partout, les cochons, c'est incroyable, ça bouffe trois miettes et ça en fait des tonnes. Peu ou pas de volontaire pour la corvée des chiottes, pas non plus beaucoup de volontaires pour la mise à bord, à part Alain grand seigneur, prêt à se dévouer, ... Bon je demande à voir ... sans parler ensuite des plumes. De mon coté, je les aurai bien gardé. Un peu par sentiment "humanitaire", les pauvres bêtes, elles ont rien demandée, ont leur fait faire des concours stupides, juste "pour voir". Mais surtout, je me faisais déjà un plan, je suis bien certain que si elles survivent jusqu'en Martinique, dès l'approche de la terre, elles vont se barrer et je m'attend à ce qu'un jour, elles soient découvertes, la une du canard local, un, deux, non, trois pigeons traversent l'atlantique, incroyable, les colombophiles en émoi ... je garde une copie de l'article, souvenir d'une transat ... mais ce matin, la corvée de nettoyage est venue à bout de ma patience. Par charité, on tente quand même un dernier largué, Allo Piste d'envol, les catapultes sont prêtes, envol impeccable, cap à l'est droit vers le Portugal, on ne les voit plus, ouf, non, je les voit encore, où ?, la bas, elles reviennent, on recommence, cette fois çi on les chasse, j'y vais du balai, Alain de la corne de brume, allez les pigeons, à la niche, rien n'y fait, elles reviennent et finalement trouvent la solution, chassé du bateau, elles se réfugie au fond de l'annexe. Signature du compromis historique, si vous ne sortez pas de là, on vous laisse tranquille ... Nous serons quitte d'un sacré nettoyage de l'annexe, et j'aurai peut être mon article.

Voilà, comme vous avez pu le constater, la nuit a été un peu longue, je vais aller me coucher et comme d'habitude tout le monde embrasse tout le monde.

CM

Pos. à 12h00 GMT : 36º25.00'N - 019º26.71'W.

PS : Dernière minute : le dessalinisateur hs, faut que je démonte et que je reprenne une météo : la suite au prochain n°

Transat Jour 4

Mardi 24 Mars

En fin de journée, une semaine de mer et ce coup ci, plus de doute, nous sommes partis en route directe Martinique. Nous sommes maintenant quasiment à l'ouest de Madeire et des Canaries, on va quand même pas faire de l'Est ! Comme prévu, nous nous glissons à l'Ouest de ce qu'y est définitivement une dépression, une trentaine de noeuds établie, des grains à 40/42, ambiance shaker ... Au Sud, j'ai l'impression que cela va se compliquer, la dépression semble vouloir nous accompagner et descendre petit à petit vers les Canaries, barrant la route à ceux qui s'y trouveraient, le papa de Tristan va pouvoir exercer ses talents de routeur. Est-ce que l'on peut faire confiance à Mister Grib ? Nous ne devions pas avoir plus de 20/25 noeuds, je sais bien que cela ne tient pas compte des rafales, mais quand on commence à voir des traînées blanches sur l'eau, c'est toujours 25 noeuds ? C'est pas ce que disent les bouquins, et l'anémomètre (un coup ça marche, un coup ça marche pas) est quand même resté un bon moment dans la zone des 40. On essaye donc de rester à l'Ouest de cette perturbation, cap au 230/240, sans doute pour une semaine, avant d'attraper, je l'espère, l'alizé qui va nous permettre de tourner à droite. On assure, il reste 9 000 miles à faire, les moyennes ne sont pas très élevées, grosso modo, je remet de la toile quand la vitesse descend en dessous de 6,5 - 7 noeuds, le bateau reste confortable, l'équipage s'amarine mieux que nos passagers clandestins qui on eux droit à un copieux mal de mer, ce qui m'amène à notre nouveau feuilleton :

Chacun sa cuisse ou "Albinoni" et les pigeons : la suite

Nos 2 compères, par ce temps, se trouvent plutôt bien à bord et j'ai un doute : j'ai l'impression que les pigeons voyageurs d'aujourd'hui, un peu comme nos enfants, sont passés à des moyens de communications plus modernes. Je les soupçonne d'avoir des portables "Et les potes, l'adresse est bonne, il y a bal toutes les nuits". Résultat, en fin de nuit un troisième pigeon et venu se poser sur notre piste d'envol, le bimini, absolument parfait, il ne manque plus que le lignes jaunes ... Donc si on décide la casserole, chacun sa cuisse ...

Et pour conclure, on a réussi a en attraper les 2 autres : Portugal 2007 pour les deux et 7330023 pour l'un, 7079759 pour l'autre. Nous lançons un buzz ?

Pos 12h GMT : 37º57.75'N - 016º31.19'W

Nous sommes passés à GMT - 1, 2 heures de décalage avec la France.

A bientôt, tout le monde embrasse tout le monde

CM