mardi 4 mars 2014

Le plein s'il vous plait

Mardi 4 Mars

J'ai vraiment pas envie d'écrire le blog ... Ce matin, on passe à la voile. GV haute et génois, ça passe, on fait la route, 1/2 heure après ça refuse, ça forcît, bateau bien penché, on passe 1 ris Solent, ça passe encore, le vent tombe, refuse encore, nous voilà avec un cap sur Casablanca. Bon, il faut bidonner, le plein s'il vous plait, à peine commence t'on la manipulation, on a sorti 15 bidons sur le pont, le vent revient. On les met quand même les 15 bidons. Tout dans le réservoir bâbord au vent, et on prend un second ris. On ne fait pas la route, mais on va assez vite, ça dure ... Un quart d'heure, le vent tombe à nouveau. Murphy tu nous lâche un peu. Bon toujours un dilemme, il faut inventer une centaine de milles à la voile, je n'ai plus assez de Gas oil et essayer d'arriver à Gib le 6 au matin, après on risque la renverse d'Est. Ça va être un peu difficile, on va bien voir et a priori il est fort probable que si il y a de la place, nous fassions une petite halte pour un départ le 8 au matin. On va y arriver ... Et ce serait bien, un nouveau compagnon, le froid commence à se faire sentir, Laurence n'a peut être pas pris assez de polaires ? J'ai reçu un message, il faut que j'aille voir. Je vais prendre un grib détaillé pour ces derniers moments dans l'Atlantique, j'ai aussi reçu des nouvelles météo, merci à vous, tout le monde embrasse tout le monde ... Et rassurez vous je vous abandonne, alléché par l'odeur de cuisine.

Alayat, le 4/3 : 34°34.95 N - 10°42.89 W à 256 NM de Gibraltar.

lundi 3 mars 2014

Demain j'enlève le bas

Lundi 3 Mars

C'est ça toujours des promesses ... Nous ce qu'on attend c'est, demain je monte le haut. Autre chose que du vent dans le nez que nous puissions enfin faire de la voile. Le grib d'hier, moyen, ça refuse quand on monte au nord et surtout ça se bouche en mer d'Alboran. Heureusement la météo peut se tromper (un peu). Le refus n'est pas aussi net. Du coup c'est valse hésitation. Dois je me mettre à la voile tout de suite ou pousser encore au moteur. Choix d'autant plus difficile que sans anémomètre, pas toujours facile de bien juger. De jour encore, ça pourrait passer, de nuit c'est plus difficile. Nuit noir, ciel couvert, grains assez nombreux, pas évident ... Tiens un porte container en panne, il nous a appelé pour que nous l'évitions (ce qui d'ailleurs confirme ma panne d'émetteur AIS, il nous a appelé "Sailing Boat). Bon mais à part ça pas de drame quand même. Je crois que certains s'inquiètent. Il ne faut pas. Evidemment nous ne rigolons pas, c'est pas vraiment la croisière s'amuse, et certains vont penser que pour une journée de tourisme au Cap vert et une à Gran Canarie, c'est cher payé. Mais de quoi se plaint on enfin ... Tel que c'est parti on va peut être avoir quelques jours de tourisme à Gibraltar ! Alain et Laurence ne connaisse pas, remarquez c'est vite fait ... Et pas extra ... Ou en étais je ? La vie à bord, un coup de roulis, un coup de tangage, tiens c'est les pinces à linge qui viennent de tomber ... Romain qui assure en cuisine (mais pas certain qu'il refera du monocoque). Grâce à lui et à ces fameuses boîtes de foie gras, le moral se maintient, mais vous avez quand même remarqué qu'Alain est moins prolixe. Il va falloir que je le force à venir animer les débats, je sais pas, il pourrait nous faire un truc sur un thème "cuisine", après Du Bellay, Rabelais. Hier midi, le foie gras en apéritif, aubergine grillée en entrée, côte de bœuf sauce champignons, pomme de terre rissolées, c'est Dimanche ... Et on fini par refaire marcher la cafetière. Aujourd'hui petits poivrons sautés, solomilo de lomo, oignons courgettes, une bouteille de vin de Fogo (je l'ai retrouvée ce matin, ça faisait du bruit dans un fond de placard avec le roulis). allez je vais vous laisser, je reprend une météo, à priori je me fie à mon routage (si ça m ... Je dirai que c'est de ta faute Olivier, mais non je rigole). Je pousse encore au moteur jusqu'à demain dans la journée, on remettra les bidons dans les réservoirs demain, ça devrait faiblir et un bord, j'espère un poil débridé devrait nous mener à Gib, disons dans la nuit du 5 au 6. Là on verra, certainement à nouveau les pleins, peut être une escale si le vent forcit vraiment d'Est. Si vous pouvez regardez à long terme et en détail ce que cela donne ça m'intéresse d'ailleurs, et puis une dernière question, y aura t'il de la place à Gib, il faudrait appeler ... Tout le monde embrasse tout le monde, bon courage à ceux qui ont repris le boulot, bonne vacances aux autres,

Alayat, le 3/3 : 32°49.68 N 12°41.66 W à 379 NM d'Espartel.

dimanche 2 mars 2014

Vent dans le nez ...

Dimanche 2 Mars

Il faut que je me connecte, quelqu'un à bord doit faire un message. Mais qu'est ce que je vais pouvoir vous raconter ... Et encore faut il que ce p ... de bateau me laisse la possibilité de taper. C'est lui qui tape à ma place ... Hier, départ de Las Palmas. Nous redémarrons électronique et tout le toutim ... Propulseur d'étrave en panne ??? Plus d'anémomètre ??? Plus d' émetteur AIS ??? (Pour ceux qui nous suivent ne me demandez pas, ça ne marche plus et je suis bien incapable de savoir pourquoi. Bon pour tout vous dire, l'AIS je m'en fout un peu, le propulseur, c'est moins drôle, mais bon, l'anémomètre ça me fait ch ... Il va falloir que je veille au grain en permanence, plus de lune la nuit ... ). Ce matin, inspection, le raban qui tenait la drisse de GV a pété, je l'avais vu cette nuit, pas très grave on attend le jour. L'ancre, elle tient toujours, 3 fois cette nuit, j'ai cru qu'elle était tombée, un cauchemar cette ancre. Tiens, coincé au niveau de la bastaque, traîne un boulon, Ben tiens, il vient d'où ce boulon ? De l'enrouleur de Solent, pour une fois nous avons de la chance, on le remonte, et j'y ajoute du scotch ... Pour l'instant nous sommes au moteur, je fais un bord au 30, passer au dessus d'un petit coup de vent et ensuite Gib en un bord, bâbord. Il faudrait que ce bord soit rapide, du genre 7.5 nœuds minimum, il nous faut être à Gib, le 5 dans la journée, sinon ... La galère continue. Pas assez de Gas Oil et le vent dans le nez en le mer d'alboran, joli programme n'est ce pas ? Bon ce qui m'inquiète un peu plus ce sont mes équipiers. Oui, nous avons fait une très belle ballade aux Canaries (plus tard les photos), mais dès le départ, les premières pannes, j'ai senti le moral tomber ... Aujourd'hui Dimanche, nous avons puisé dans les conserves du bord, du foie gras, en veut tu, en voilà, du café, nous en avons racheté, mais décidément la cafetière ne veut rien entendre, vas t'on survivre ... Pas évident. Mais quand même malgré tous ces déboires, et bien tout le monde embrasse tout le monde ... Avant qu'il ne soit trop tard ?

Alayat le 2/3 12 h : 30°37.5264 N 14°02.1369 W à 511 milles de Gib.

dimanche 23 février 2014

To stop or not to stop

Dimanche 23 Février

Telle n'est pas exactement la question. Nous allons quoiqu'il arrive nous arrêter à Las Palmas. Mais combien de temps , c'est ça la vrai question. Ce matin nous avons profité des calmes pour vider nos bidons dans les réservoirs, mais si nous ne nous arrêtons pas, ça ne passe pas. Le routage nous promet au moins 4 jours encore de moteur jusqu'à Gibraltar à moins de faire un loooonnnng détour, du côté des Açores, et encore je ne sais ce qu'il y a derrière, plus tard ... Alors encore une fois je me connecte pour prendre une météo, j'ai bien peur que cet arrêt soit un peu long, trop long à mon goût. Impossible ensuite d'arriver le 8 à la maison ... Pour l'instant j'arrive vers le 3 à Gibraltar, donc effectivement au mieux vers le 8 à Hyères, ce qui suppose une bonne météo en Méd. Vous avez déjà vu ça une bonne météo en Méd. ? Et en plus avant ça, un petit coup de vent de face, 27 nœuds grib en face de Casablanca, je n'aime pas trop ça non plus. Je crois bien que cela va être escale à Las Palmas. On en profitera sans doute pour voir ce qu'on peut faire avec la drisse de GV, c'est vrai depuis hier nous aurions bien aimé avoir la grand voile haute, non parce que, on ne va quand même pas se plaindre tout le temps, hein ! Beau temps, belle mer, encore du moteur, mais plusieurs heures de voile, tranquille, mer plate, Génois, grand voile,le bateau qui glisse tranquillement, sans effort, sans taper, le confort quoi. Chacun une bonne douche, les bidons dans les réservoirs (14 sur 20, je garde une petite sécurité), on a remis d'aplomb les réglages des bosses de ris, raccrocher l'ancre une fois de plus. Un bon repas, un de plus me direz vous, oui mais celui était facile à préparer. J'attendais quelques lignes de mes grands littérateurs, ça a été long, une bonne sieste ... d'où ce retard ... Non j'exagère, mais visiblement Alain est nostalgique de sa chère, très chère Bretagne, juste quelques lignes :

Petit Liré

De ma muse, il ne faut que j'abuse
Car je crains que son corps ne s'use
Aussi serai je laconique ce soir
Me bornant à dire mon désespoir
De vivre à l'ombre d'un grand mât noir
Loin de mon petit bout de manoir.

Le Père 6 vers (bio)

Et encore vous avez échappé à la cornemuse ... Une critique littéraire pourrait suivre, ça ne m'étonnerai pas, nous passons beaucoup de temps à la lecture, Alain tout particulièrement ... Je vous laisse, je vous souhaite une bonne fin de soirée, pour ceux qui sont en vacances, reposez vous bien ... Tout le monde embrasse tout le monde

Alayat le 23 à 21h TU 26°29.21 N. 19°01.90 W à 230 milles de Las Palmas

samedi 22 février 2014

Voile et vapeur ...

Samedi 22 Février

La valse hésitation continue. Encore une nuit avec du vent fort dans le nez, moteur. Mais on se traîne. Peut être pas assez de gas oil. Deuxième partie de la nuit, le vent adonne un peu, repart vers l'Est. Au petit jour je me décide, voile à nouveau, le vent faiblit, allez on largue le ris 3 on passe au 2. Pas si simple, je ne sais ce qu'il c'est passé, mais il faut reprendre tous les réglages, reculer les bosses de ris. Solent complet, la drisse ne tient pas bien il faut encore étarquer. La bosse de 3 ieme ris est bien usée, il faut la raccourcir. Nous passons au premier ris, chouette ça marche, la partie abîmée de la GV est au dessus. Ah tient, plus d'eau dans le réservoir 1 ! Zut hier il y avait 65% ? Allez je vous laisse, j'ai fait 2 quarts plus les extras cette nuit, 0h-3h, 6h-9h, debout depuis 6h, j'envisage une sieste, profiter des conditions actuelles, beau temps, mer belle, ça ne va peut être pas durer, reprendre une météo (version douche écossaise) et vous laissez affronter la lecture des lignes inspirées (par 3 jour de moteur) de mon cher Alain :

La diagonale du fioul

Souvent pour s'amuser les hommes d'équipage
Prennent les vents portants, compagnons de voyage
Sans jamais affronter le puissant alizé
Que même en zigzaguant on ne peut remonter

Alors dans 30 nœuds et des mètres de creux
Les petits loups des mers se sentant tout honteux
Relançe en cachette leur excellent moteur
Ce bateau n'est quand même pas à voile et à vapeur

Qu'il est pataud et lourd, ses voiles affalées,
Ses bielles de géant l'empêche de louvoyer
Du précieux carburant, injectant au galop,
Bousculant les pistons, propulse bien à fond
La coque qui gémit, plongeant le nez dans l'eau
Tandis que du volant, l'arbre en rotation,
Propage ses délices jusqu'au bout de l'hélice
Rapprochant les marins de leur chère tanière
Que la blessante distance rend quelque peu amère

Glissant dans la bague hydrolube
De la jaumière en effleurant le tube
Ah cher Volvo tu me fais vibrer l'étambot

Le beau barde de l'air

Euh euh ... Tout le monde embrasse tout le monde et ... Bon Week EnD

Alayat : 24°00.63 N 21°13.58 W à 410 milles de Las Palmas, 1 812 de Hyères.

vendredi 21 février 2014

Embarrassé

Vendredi 21 Février

Je ne sais quoi faire, moteur ou voile. Hier, en fin de matinée, nous décidons une petite pause, la pause journalière du repas. On roule le Solent et on se met bout au vent au moteur, le temps de préparer le repas, de faire une toilette et même d'aller au WC, ce qui est quasiment impossible à la voile. Et au moment de rouler le génois mauvaise surprise, plus de winch électrique. Ras le bol, découragement, et zut on y va au moteur. D'autant plus que la météo que j'ai prise n'est pas extraordinaire, l'anticyclone remonte vers le nord et du coup l'espoir d'attraper des vents favorables au dessus de l'anticyclone s'envole. Même l'espoir d'avoir un peu de calme, d'arrêter d'être secouer et de pouvoir progresser rapidement au moteur. Du coup, c'est décidé, route directe vers Las Palmas au moteur. On refera le plein et si on a le temps peut être une nouvelle drisse de GV, et il faudra voir pour les winches. En principe après un pic dans la nuit, le vent doit petit à petit diminuer et nous devrions avoir assez de gas oil, en progressant à 5 nœuds, plutôt même 5,5 nœuds, ça va mettre encore 5 jours mais ça devrait passer. Et puis le temps passe, le vent qui hier se baladait au alentour de 24/26 nœuds et maintenant bloqué à 30/32 nœuds. La moyenne tombe, en dessous de 5 nœuds, alors va t'on avoir assez de gas oil ? Je vais reprendre une météo, j'ai reçu un mail de toutes façons il faut que je me connecte et puis ça me donne l'occasion de donner des nouvelles. À bord, malgré ces conditions plutôt pénibles le moral remonte. Tout le monde est opérationnel et effectue ses quarts, (bon au moteur pas grand chose à faire, mais je peux dormir ... L'appétit est revenu. Bon, ce n'est quand même pas le grand luxe, c'est vrai, ça bouge tellement qu'à part penser à se tenir on ne peut pas faire grand chose. Mais le bateau droit c'est un peu mieux. Romain souffre des épaules, à mon avis conséquence des efforts pour remonter cette satanée ancre, et je vais vous le dire, nous avons fait attention, mais franchement je repensai à cette histoire d'Alain Colas ... Enfin tout va bien, d'autant mieux que les winchs remarchent, et c'était tellement bête que je m'en veux ... Un simple interrupteur. Je me disais bien que cela devait être ça, mais où est il c'est interrupteur, ce fusible ... Et bien sur la console de barre ... Je pensai que c'était le guindeau ... Bravo Christophe. Allez un second message vient d'arriver, je regarde à quelle heure passe le prochain satellite, je prend ma météo, je vous dit à bientôt. Je vais essayer de convaincre les uns et les autres de prendre la plume (ça occupe) et d'ici là, tout le monde embrasse tout le monde.

Alayat : 22°51.06 N 22°39.72 W (je rappelle que je donne la position à 12.00 UTC - sauf mention contraire ... Et sauf erreur ... À 1 181 milles d'Espartel, 515 de Las Palmas et 1 917 de Hyères.

mercredi 19 février 2014

Galère

Mercredi 11 Février

J'allais dire pas de chance, mais pour l'instant c'est un peu la galère notre histoire. Départ comme prévu au moteur pour sortir de la passe entre les 2 Îles Sao Vicente et Santo Antao. Grisaille, nous ne verrons à peine que quelques rayons de soleil illuminer brièvement les pics de Santo Antao, plus grande et à priori plus belle que Sao Vicente. D'après ce que j'ai compris la rare production de fruits et légumes du Cap vert vient de là, ils y font même du rhum "ponche al mel". Promis plus tard je vous raconterai, pour l'instant revenons à nos moutons, et il y en a ... Donc après quelques heures, conformément aux prévisions et à ce que je pensais, une fois dégagé de la passe, et des effets des 2 îles, le vents s'établi un poil plus Est, 3 ris, 2/3 de Solent, entre 25 et 35 nœuds, de nombreux petits grains ... Mais première mauvaise surprise, à peine étarqué, la drisse de GV se déshabille. La gaine de protection lâche en tête de mat et descend de 3 bons mètres. Aie ... À priori si je reste en tension et sans raguage, ça devrait tenir, mais à mon avis plus moyen de naviguer GV haute, et peut être même sous le premier ris. Bon pour l'instant on en a 3 et ça à l'air de tenir ... Et puis cette drisse qui semble toute neuve, c'est une vacherie, trop fine pour le taquet, du coup il faut la laisser au winch, et comme c'est aussi là que ressort l'enrouleur et écoute de Solent, ça complique un peu la manœuvre. Ce n'est qu'un début, on borde le Solent, et paf il descend, drisse cassée ? Ouf non, ce n'est que le rail qui a sauté, bizarre mais sans conséquence. On entame une première nuit, grosso modo 5,2 nœuds de VMG, et oui, les polaires c'est bien, ajoutons y 2,5, 3 mètres de creux et le courant, ce satané courant des Canaries, d'habitude je l'aime bien, mais là ... Première nuit, à 2, j'allais dire comme d'habitude, non, j'exagère, mais peut être notre dernier brunch, plus certainement les secousses et la gîte, c'est un combat à bord. Nous avions bien rangé, pas trop de dégâts, mais ça vole, il faut se tenir et ... Un truc était mal rangé, pourtant fixé avec 2 bouts, ça avait tenu avant, j'ai bêtement pensé que cela tiendrait, je vous laisse devinez, quelques secondes, regardez notre position, qu'est ce qu'on à fait en 48 heures, 3 fois rien ? Donc c'est la nuit, Murphy comme d'habitude, Romain est de quart, 5 heure du matin, il se précipite, "Christophe, vite l'ancre a lâchée". Dans ces cas là, je suis assez rapide ... Et bien je peux vous dire qu'on en a bavé ... Toute la chaîne est partit. On met en panne, je stabilise le bateau en avant lente, face au vent, sous pilote, au moins une bonne chose, ça n'abîme pas l'étrave. On essaye d'abord le guindeau, ça ouvre la trappe arrière ! Zut, il y a une commande devant, ça marche ... Quelques secondes et le thermofusible lâche, on essaye ... Tout, on va y passer 11 heures, le thermofusible ne marche toujours pas, on a cassé, un nombre de bouts, de mousquetons, rien n'y fait, je m'obstine. Allez Romain, on se pose, on mange et on voit ... C'est décidé, on va couper, mais est ce la pause? Alors que je suis en train de tout larguer sur le pont, Romain en dessous défait la dernière attache, "attend, Romain, on essaye comme ça" ... Une idée, ultime tentative ... Et ça marche, deux heures après , (et mon bel ensemble Henry Lloyd, complètement pourri, des courbatures partout) nous voici à nouveau en route. L'ancre attachée cette fois ci avec 3 bouts ... Nos 3 ris, Solent 2/3 et le train train reprend, 5,2 nœuds de SOG, COG allez disons au 5 réel. Encore une nuit, on profite des poufs ... Toujours à 2, Alain émerge, ce midi, petite pause, on s'accorde une heure au moteur à nouveau (plus de gîte) le temps de prendre une douche, un bon repas et d'écrire ces quelques lignes. Évidemment je reprend une météo, tel que c'est partit, nous continuons ce bord, 2/3 jours, ensuite moteur pour traverser l'anticyclone et route sur Gibraltar, je risque de perdre trop de temps avec du vent de face si je vais aux Canaries, mais comme je n'ai pas la dernière météo je peux changer d'avis ... Voilà, je vous laisse, le djeu est prêt, djeu, c'est le thazard au Cap Vert. Tout le monde embrasse tout le monde.

Alayat 3 le 19/02 : 19°48.21 N 24°26.09 W à 2 104 milles de Hyères.

vendredi 14 février 2014

Mindelo

Ça y est nous voici à Mindelo, les îles de Cap Vert, plus précisément sur Sao Vicente, Mindelo, la capitale "culturelle" de l'archipel, la patrie de l'idole, Cesaria Evoria ...

 

Nous, Laurence arrivée Mercredi, Alain, Romain et moi, arrivée Lundi dernier. Au départ nous espérions partir Jeudi, le bateau juste près, mais c'était faisable. Encore une fois c'est la météo qui en décide autrement, un gros renforcement du vent prévu pour ce Week End, 30 nœuds grib sur toute la zone, 5 mètres de creux. Alors Alayat est un gros bateau (un Bordeaux 60), mais vent de face, au minimum 850 milles d'ici aux Canaries, voir 600 de plus pour atteindre Gibraltar (nous allons à Hyères), c'est un peu beaucoup. D'autant plus que le bateau avait besoin d'un bon rangement, d'un gros nettoyage et d'un peu de préparation, il me faut aussi réapprendre à le connaître car dès le départ nous allons être dans le vif du sujet, un peu maltraités sans doute. Les rangements, j'ai du mal, je ne sais encore où nous allons caler notre frais, les défenses, les amarres ... Le nettoyage, allez, j'entre dans les détails, le four à fond ... Encore une odeur dans les fonds dont on ne débarrasse pas facilement mais j'ai connu pire. La préparation, je ne sais plus quoi faire, un peu embêté par le Solent, superbe voile North en tissu "sophistiqué", le souci, avec le soleil, ça commence a bien se délaminer, on ne va pas forcer ...

 

Je cause, je cause. Évidement nous avons le temps, d'ici à Lundi. Le coup de vent doit commencer cette nuit et diminuer Dimanche avec ensuite une bascule plus à l'est qui devrait nous permettre de remonter quasiment plein nord à la voile. Il nous faut "inventer" environ 400 milles à la voile, on ne peut pas tout faire au moteur.

 

Et le Cap Vert dans tout ça. Pour l'instant nous n'en avons pas vu grand chose. Vu d'avion, un désert minéral. De l'aéroport à Mindelo, 10 kilomètre, confirmation, un désert minéral ... À peine quelques acacias abrités du vent dans les vallons les plus profonds. Mindelo, malgré cette sécheresse, malgré certainement une pauvreté difficile à imaginer, malgré ce vent permanent qui souffle la poussière dans chaque recoin, et bien malgré tout on pourrait presque parler d'une ville pimpante, ce n'est pas forcément le bon terme, mais on sent que la ville est assez fière et fait des efforts, de jolies maisons bien peintes côtoient quelques ruines mais pas si nombreuses que ça, les gens sont agréables et vraiment j'ai connu de nombreuses villes largement plus tristes. Les marchés, pas facile de trouver quelque chose, quelques pommes de terres, carottes, de rares salades, la viande ? Et évidemment le tarif touriste ... Plus cher qu'à Paris, j'exagère à peine ... Le marché au poisson ? Il y en a un, en face, un seul et unique bateau de pêche et sur les étals, des poissons volants et quelques petites bonites qui se battent en duel ... Et cette poussière, hier en fin d'après midi, à peine 200 mètres de visibilité, le ferry est entré dans le port tout feux allumés. Il n'était pas seul, pas mal de voiliers se sont rentrès, sans doute en prévision du coup de vent. Je vous ai presque tout dit non ? Ah non, une spécialité Cap Verdienne, abordable au restaurant : la langouste. Alors quand même nous nous sommes fait plaisir, je confirme, c'est pas mal, de là à vous conseiller d'aller prendre des vacances au Cap vert, n'exagérons rien ... En tout cas cela a mis Alain en verve et nous allons peut être reprendre nos habitudes, je lui laisse donc la plume, pour quelques âneries dont il a le secret :

3 hommes sur un bateau" par J.K.Jerôme

(Traduction du barde bien connu des latiniste Alanus Alnus)Hier soir à Mindelo, au sortir du resto

3 hommes furent assaillis par des dames à saillir
Avides de nos euros qui valent 110 escudos
De leurs cales à bobos repoussant les assauts
Nous rentrâmes à bord briquer celles du bateau
Car chacun sait qu'il faut gratter le fond de sa quille
Avec le fer de l'herminette, jusqu'à ce que ça brille

Et du bateau couvert de poudre de lave
Enfin faire la toilette avant de le bénir
Un travail de Romain pour le pauvre marin
Qui le pont d'Alayat soigneusement balaya.

Par un vent consternant, coincé au Cap marron
Nous tuâme le temps sous le vent du volcan
Des paquets de farine exterminant les charençons
Et le cuissot de "chevreuil" soigneusement désossant

À l'excellent Weather4D, montrant fort vent dans le nez
Préfèrerions Wizard4D pour faire le vent tourner.

Signé : le barde de l'Art ...

Sur ces bonnes paroles, je vous laisse, d'ici Dimanche ça pourrait être pire ... Alayat, un navire au port ... Tout le monde embrasse tout le monde.

Quelques photos, merci Laurence

 

mercredi 29 janvier 2014

Mise à Jour

Désolé, j'ai un peu trainé. Pas trop trainé en mer, trainé à vous donner des nouvelles. Il faut dire que je me suis fait un peu peur. Grosse douleur à la poitrine ... Du coup, j'ai sollicité mon cher équipage. Je ne fais plus de quart, je dors, je dors et vous ne me réveillez qu'en cas de problème. Des problèmes, il n'y en a pas eu, ou si peu ... Un joli coquetier ... La fin de la traversée, du billard ... 17 jours et quelques broutilles et ça y est Laviebel est en Guadeloupe. À peine arrivé, et déjà reparti. Dès le lendemain, direction Tortola. Jean Paul en profite pour ajouter quelques milles à son compteur. Vincent, que je remercie encore de son accueil, nous loge sur un autre bateau. Et dès Samedi je reprend un vol, je m'offre même une classe Grand Large de Corsair, pas mal ce truc, je dois dire. Je fais un bon voyage, à part 2 grosses heures de retard, et direction l'hôpital. Après une batterie de vérifications, tout va bien ... Arrête de fumer Christophe ... Facile à dire, mais je crois que oui, je vais arrêter. Quelques photos pour conclure cette traversée, fatiguante oui, mais un beau bateau et un équipage qui je l'espère a apprécié (un peu, beaucoup, à la folie, pas du tout, cochez la case ...) à bientôt donc pour de nouvelles aventures. À très vite, en fait, puisque à priori je repars vers le Cap Vert le 10 Février et j'enchainerai peut être ensuite avec un La Rochelle Canet, du bateau jusqu'à mi avril en gros ...

Le signe indien est vaincu, Romain tient sa daurade


Séquence découpage, la troisième daurade, Jean Paul sous l'œil expert de Romain, s'y met.
Le jour de l'an en mer

J'arrête, il y en a d'autres dans mon groupe ...

 

vendredi 17 janvier 2014

Route pêche

Vendredi 17 janvier

Vendredi, jour du poisson, route pêche donc ... Non ce n'est pas tout à fait ça. Depuis mon dernier post les choses se sont bien améliorées. C'était prévu et cela c'est passé comme prévu, pour une fois ... Non j'exagère, ça se passe assez souvent comme prévu ... Mais là, c'est dans le bon sens. Donc petit à petit le vent vient au SW, et oui presque une journée au près bâbord, dans ce coin de l'Atlantique à cette saison, je rêve. Puis lente bascule du SW vers le SE, une courte période de calme relatif, 5/6 noeuds, une mer résiduelle assez forte, donc quelques heures de moteur et nous voilà repartis, grand largue puis plein vent arrière, j'adopte la solution de facilité, les 2 génois en papillon et GV rangée. Route pêche ... D'autant plus que le capitaine a un petit coup de barre, une douleur un peu lancinante, ça me gêne un peu, donc j'assure, tranquillement. Il faut bricoler un truc tout bête, je crois que les 2 bouts d'enrouleurs sont inversés, du coup celui du léger (maintenant que nous sommes au portant) est trop court, vous ne voyez pas ce que je veux dire, c'est pas grave, juste qu'il va falloir aller sur le bout dehors, ça non plus c'est pas grave, mais là, juste maintenant pas envie ... Je ferai donc ça demain, de jour, d'ailleurs quand je dis "je", ce sera sûrement Romain l'acrobate ... Romain, puisque nous parlons de pêche, a définitivement vaincu son signe indien, la daurade. Ce matin, tout le monde dormait (encore), et ... Poisson ... Je frappe sur la cabine de Romain, avec ma petite douleur je ne voulais pas trop forcer, génois rentré, je lui laisse le soin de remonter la bête. Il a mis une ou deux minutes à imprimer, il ne savait plus trop où il était ... Et puis ça y est, c'est revenu ... Et une seconde daurade à son actif. Les daurades faudrait que ça cesse, je voulais prendre un thazar pour leur montrer, à ceux qui ne connaissent pas, et Romain lui rêve du big one, un Marlin, un espadon ... Et je suis un peu culotté de dire ça, les daurades on ne s'en lasse pas. Donc voilà, on est en mode pêche, pêche, repos, lecture tout ce que vous voudrez, un peu de soleil nous plairait bien, c'est encore la grisaille, mais à part ça, ça va ... Bon, puis avec tout ce mauvais temps, on a rien cassé, je ne veux pas le moindre ennui, ça serait trop bête alors que le plus dur est fait. La Guadeloupe dans une grosse semaine, je remettrai sûrement un peu de gaz, mais pas tout de suite .. Et au fait, avez vous eu des nouvelles de "Buccaneer" ? Nous en avons eu mais un peu laconiques. C'était peut être une mutinerie ... Le bateau qui est allé les chercher : Costa Deliziosa, je crois que ça s'écrit comme ça, c'était en tout cas ce que j'avais sur L'AIS. Il est passé juste à côté de nous dans la nuit qui a suivit le sauvetage. Du coup je n'ai pas résisté à l'envie de lui demander des nouvelles. Laconique le capitaine, je lui demande ce qu'il s'était passé, "We don't know yet". Visiblement il n'avait pas envie d'en parler, peut être va t'il payer pour la croisière des 8 rescapés ! Ils étaient 8, le bateau, à priori ce n'était pas un Lagoon ... Monocoque de 23 mètres, bizarre, parce que bon, les conditions n'étaient quand même pas si terribles ... Les gars ont en sans doute eu marre, mutinerie, sabordage ? Ils se payent une ballade jusqu'à Antigua, destination du paquebot, certainement plus confortable que leur bateau, à moins que le capitaine ne les mettent à la plonge ... Bon en tout cas, le mien d'équipage a résisté à la tentation, même si je lisais une lueur d'envie ... Trop tard, il est loin le Costa Deliziosa. Et puis quoi de plus délicieux que les daurades de Romain. Tiens celle ci c'est Jean Paul qui a finit de l'éplucher ... À la fin, il saura tout faire ... Je vous laisse, il vient de se réveiller prendre ma relève. Non Jean Paul tu peux aller dormir, il est 5h-10, t'as encore une heure ... Je vous dis que tout le monde est un peu fatigué ... Et moi trop sympa, j'aurai sans doute du ne rien dire et aller me coucher, j'e crève d'envie. Bon Week end à tous, tout le monde embrasse tout le monde

Pos à 6h30 UTC le 17 Janvier : 20°07.11 N 41°59.73 W à 1 138 NM de la Guadeloupe

PS : en fait j'ai encore une autre histoire, ou plutôt une question, avez vous entendu parlé d'une pollution au pétrole du côté de l'Afrique ? Golfe de Guinée ? Le bateau est noir ... Gris clair, plutôt. Couvert d'une mince pellicule huileuse. J'ai d'abord cru à un souci avec un de nos moteurs, mais nous n'étions pas au moteur et les voiles sont tachées jusqu'en tête de mat, une grosse pluie et il n'y paraîtra plus mais c'est quand même assez bizarre ... Et désagréable.

PS 2 : Les satellites et le sommeil en on voulu ainsi, le message ne part que maintenant, les enrouleurs c'est fait tout est en ordre, j'ai encore un peu mal ... Mais moins, alors séquence barre 25 nœuds plein vent arrière ... Un peu pour le fun, peut être pas trop longtemps et du coup la position à 12h UTC

20°00.557 N 42°38.116 W à 1 102 NM de la Guadeloupe.