dimanche 30 octobre 2016

Arlanda, c'est Dimanche, seconde édition

Le Dimanche tout est permis, c'est donc à Hervé de nous donner sa version. On va bientôt se la jouer Laurence Durrell : le quatuor d'Alexandrie, remarquez à 3 ça va pas être facile ... bon et soyons modeste, Laurence Durell !!!

Séquence Hervé Méhu

Arlanda poursuit sa route, doucement mais sûrement; notre grand jeu quotidien de tous les instants consiste à éviter les molles et donc à aller chercher les Alizés pour nous pousser vers Tortola. Nous avons quitté le 25 octobre la petite île de Hierro à l'ouest de l'archipel des Canaries et nous faisons route vers le sud sud-ouest. En 5 jours nous avons parcouru 540 miles ce qui reste inférieur à notre moyenne objective. La vie à bord est bien réglée depuis que nous naviguons ensemble Christophe, Emmanuel et moi même. Les quarts de nuit s'organisent entre 21h et 9h du matin par tranche de 2 heures: un bon rythme ! Beaucoup de lecture, écriture, réflexions transcendantales, admiration de la mer, discussions diverses, analyse des fichiers meteo, stratégie, réglage des voiles , cuisine (très important!)....Nous avons un rêve commun : pêcher ! Ce rêve se transforme petit à petit en frustration car toujours pas la moindre touche sur les 2 lignes que nous traînons derrière le bateau. Les copains sur les bateaux qui nous accompagnent (El Golfet et La Habana) ont été plus chanceux que nous et ont attrapé des dorades. Patience !
Avant hier nous avons eu une très belle visite, 3 mammifères énormes de 15 m environ et que nous avons baptisés rorquals (à confirmer d'après les photos). Ils ont joué avec le bateau pendant plus d'une heure passant de bâbord à tribord sous le bateau, nous montrant leur ventre tout blanc : beaucoup d'élégance et de souplesse dans leur déplacement. Nous nous sommes régalés de ce spectacle plutôt rare à en croire notre capitaine expérimenté (dit "l'amiral" de La flottille) : majestueux !
Hier Samedi 29 l'événement de la journée a été de "bidonner", à savoir transvaser 5 fois 20 litres de gasoil, en bidon, dans le réservoir principal (un conseil : à faire avant l'apéro ! Tout un programme !
Aujourd'hui dimanche (pas de messe!), j'ai vu mes premiers poissons volants , l'Osso buco (le dernier!) était presque parfait. Il fait de plus en plus chaud nous avons adopté la tenue d'été bermuda et torse nu.
Bref tout va bien à bord il y'a encore de quoi faire des apéro et la "bouffe" est abondante et bonne.
Plus que 2180 miles a parcourir !

Arlanda, sous les tropiques

Dimanche 30 Octobre 2016

Un nouveau Dimanche, Dimanche en mer, un de plus, ça commence à en faire un paquet cette année. Et je m'aperçois que j'écris de moins en moins. Remarquez nous ne sommes pas si loin de la terre et vous avez eu des nouvelles.
5 jour depuis que nous avons quitté El Hierro, nous entamons notre 6ième jour, changement d'heure, petit couac dans les réveils cette nuit, vous passez à l'heure d'hiver, de notre coté nous sommes maintenant passé à l'heure TU, donc 1 heure seulement de décalage avec la France. Nous essayons de profiter le soir de la lumière pour le diner, les quarts commencent en gros 1h après le coucher du soleil, et nous allons lentement nous décaler, question décalage horaire c'est nettement moins violent qu'une transat en avion ...
El Hierro, la première fois que j'y faisais escale, le petit port de La Restingua, à l'extrême sud de l'île. C'est, paraît t'il, un spot de plongée mondialement connu, c'est vrai qu'a part 2/3 voiliers, nous avons vu pas mal de plongeurs sortir, entraînement de nuit dans le port, sous le bateau.
Un paysage désertique, mais le nord et surtout les hauteurs sont semble t'il beaucoup plus verte, une chose est sur, c'est tranquille. C'est vrai que cela a été longtemps le bout du monde connu, l'île de fer a été longtemps le méridien de référence des cartes espagnoles.
C'était sur la route, des vents contraires, nous avons forcé au moteur, toujours 140 milles de gagnés, un plein de Gas Oil à nouveau et dans mon cas quelques réparations, une voie d'eau dans le compartiment moteur bâbord et un alternateur en rideau. Tout n'est pas réparé, l'alternateur est semble t'il HS, mais nous avons (avec l'aide de "l'assistance à terre") pu trouver comment utiliser les 2 alternateurs restant pour suppléer cette défaillance.
Nous sommes donc repartis tranquillement, avec une météo moyenne, mais rien de méchant et toujours en flottille accompagné par La Habana et El Golfet. C'est assez sympa, on ne se quitte pas, des points réguliers sur nos réglages, les options météos, les pêches et les rencontres des uns et des autres. Un plus en terme de sécurité et une traversée un peu plus animée du coup. Question pêche, nous sommes vraiment à la rame, toujours pas la moindre touche. Question performance, sans doute un poil plus rapide, pas grand chose, mais question rencontre alors là, le jackpot.
Un truc extraordinaire, une première pour moi, des baleines, sans doute des grands rorquals, à vérifier, je ne suis pas spécialiste, et ils n'étaient pas très gros, au moins 3, sans doute des jeunes. Vous allez dire en quoi est ce extraordinaire, des grands rorquals ? Sans être communs les rencontres de sont pas rares.
La c'était different, d'habitude, on les croise, parfois on arrive à se détourner et les approcher, assez souvent ils s'enfonce au bout de quelques minutes, au revoir et à bientôt (plutôt à jamais).
Nous étions tranquillement à la voile, un cap constant, El Golfet 400/500 mètres derrière nous un peu au vent, un premier tourbillon entre nous 2, tiens, tiens, il y a quelque chose qui bouge, 2/3 tourbillons de plus, je préviens tout le monde, "Attention, il doit y avoir quelque chose", mais quoi, et les baleines sont apparues. Chose extraordinaire, nous n'avons pas bougé, maintenu notre cap, notre vitesse et elles sont restées avec nous, facilement une demi heure, une heure ? Et comme des dauphins elles semblaient jouer avec le bateau, passant dessous, à droite, à gauche, ressortant derrière, devant, parfois elles se retournaient faisaient de véritables pirouettes, montrant leur ventre, incroyable ... mais vous pouvez me croire (vous imaginez bien qu'à l'arrivée vous aurez le droit à quelques films et photos).
El Golfet de son coté en a vu une grosse pas loin du bateau, mais qui comme d'habitude n'a fait que souffler et montrer son dos, sans doute papa/maman ...
Question météo, rien d'exceptionnel, nous sommes descendu un grand coup au sud, sous le tropique, aujourd'hui une panne vers l'ouest, demain sans doute à nouveau un plongeon vers le sud, nous allons devoir descendre assez bas semble t'il et faire un joli détour, rien d'exceptionnel à cette saison, mais il est encore difficile pour nous de donner la moindre ETA, 2 200 milles à courir, c'est encore loin ...
Donc en ce beau dimanche (fait il beau en France ?), tout le monde embrasse tout le monde

Arlanda, le 30/10 à 16H25 GMT : 22°00.92 N 26°14.10 W à 2 160 NM des Vierges

jeudi 20 octobre 2016

Arlanda, Las Palmas, comme d'habitude

On ne change pas une équipe qui gagne, encore une fois Las Palmas, ça a faillit être compliqué avec la nouvelle variante de L'Arc, plus beaucoup de place dans le port. D'autant que nous sommes 3, mais c'est bon, jusqu'à Samedi matin.
Pas de souci particulier, juste les pleins, les courses, un petit break ?
En tout cas une traversée sans histoire, les 3 bateaux séparés de quelques milles en fonction des options Est ou Ouest de chacun, et à l'arrivée c'est Laurent qui a devancé les 2 Balis, le plus petit bateau devant !
Et ça y est nous savons où nous allons, ce ne sera ni Porto Rico, ni Fort Lauderdale mais Tortola.
Voilà je vous laisse, nous attendons la livraison de nos courses faites ce matin.
A bientôt, Samedi normalement en mer à nouveau.





Les 3 compères à quai dans la petite marina de Vela Latina


mardi 18 octobre 2016

Arlanda, tranquille

Mardi 18 Octobre

Tranquille, c'est le moins que l'on puisse dire ...
En fait pas tout à fait, secoués pendant une journée, quand je dis secoué, c'était pas méchant, mais une journée au près dans disons (pour arrondir) 20 noeuds de vent. Mes équipiers ont découvert les joies du cata dans ces conditions, ça ne penche pas, mais ça tangue ... une nuit pendant laquelle le sommeil fut un peu plus difficile à trouver.
Mais rien de plus, conformément à la météo, nous nous sommes glissés le long du front et après une nouvelle période de calme le vent bascule et s'établit au portant, dans une belle mer à peine soulevée par une grande houle. En gros ... vacances ... une première tortue et toujours pas de poisson. Nos 2 collègues ont péché, Laurent une belle dorade, nous ... rien.
J'enrage, mais nous avons de quoi patienter, salon de lecture, et puis bientôt la terre.
Nous devrions toucher Gran Canaria dans la nuit de Mercredi à Jeudi, au plus tard Jeudi matin. Et puisque tout va bien à bord, les pleins, l'avitaillement, une bonne lessive, départ si la météo est bonne sans doute le 22 au matin. Les Canaries, en heure TU, donc 2 heures de décalage avec la France, les Canaries, Las Palmas comme d'habitude si nous trouvons de la place, on verra bien'
Voilà, je vous laisse, je vais profiter de ce calme pour aller prendre une bonne douche, les équipiers m'ont devancé, j'espère qu'il reste de l'eau chaude ...
Tout le monde embrasse tout le monde
Arlanda, le 18/10 12h Tu : 31°18.77 N 13°21.48 W à 219 NM de Las Palmas

dimanche 16 octobre 2016

Arlanda, un navire en mer

Dimanche 16 Octobre

Et bien, le moins que l'on puisse dire c'est que je ne suis guère bavard ce coup ci non ?
Il me faut peut être reprendre l'histoire au début.

Arlanda, je ne suis pas certain de vous en avoir parlé. Un Bali 4.0, comme U Neat, vous vous souvenez ?

Arlanda est à Stockholm, juste à côté, Gäshaga marina, sur l'île de Lindigo pour un salon nautique, il faut vite le redescendre à La Rochelle pour le grand Pavois. Roland, Alain, opération "commando". En fait l'occasion de découvrir l'archipel de Stockholm, superbe, des centaines d'îles et de mouillages, villas au bord de l'eau, petits pontons, ports privés, autant d'endroit où on aimerait s'arrêter, passer la soirée, un seul défaut, la température de l'eau, à peine 15°, pire que le Bretagne.
Descente de la baltique, face au vent, moteur, un pit stop à Kalmar, énorme chateau "Viking" qui disparaît au coucher du soleil.

Le sud de la Suède, nous passons devant Ystad, Mankell, le commissaire Wallenberg.
Arrivent les côtes du Danemark, les champs d'éoliennes, énormes, 80 éoliennes par parc et dans le même temps, article dans le Monde "Areva vend (vent) sa filiale Éolienne Offshore" ... sans commentaire.

Nous nous glissons vers Kiel, un drone survole la base au petit matin. Moulin à vent et éolienne, entrée du canal de Kiel, nous attendons l'autorisation, un feu blanc, un peu d'attente, une écluse, et c'est parti, 96 KM d'un canal "grand Gabarit" ... c'est pas Panama, mais les bateaux sont un tout petit peu plus gros que nos péniches, les Freyssinet ... et Roland s'y connaît !
Escale au km 66, Rendsburg, nous devons refaire du Gas Oil, nous y sommes vers 12h30, aie ! la pompe n'ouvre qu'à 16h30, un bon moyen de vous coincer là, navigation de nuit interdite. Temps pis, et en fait tant mieux, l'occasion de se poser un peu, en pleine campagne du Schleswig-Holstein, frontière entre l'Allemagne et le Danemark, les cygnes, les canards sur le canal, la campagne verdoyante, les fermes pimpantes, les grands vols d'oies qui commencent leur migration, assez dépaysant pour les "marins" que nous sommes (ou du moins que nous prétendons être).

Sortie du canal, un peu de chance, le courant est portant dans l'Elbe, et du courant il y en a, pas de vent, toujours du beau temps et nous défilons à quelques mètres d'une grève interminable, sur notre bâbord, des pécheurs à pied, à tribord les 400 mètres d'un porte container qui quitte Hambourg. La mer du Nord, Texel, virage plus sud, toujours les champs d'éoliennes, les premières plateformes gazières des champs de Groninge. Il vaut mieux avoir des cartes à jour dans le coin.
À nouveau un peu de vent de face prévu, escale à Den Helder, le Brest Hollandais, une petite marina pimpante, l'entrée n'est vraiment pas large, le yacht club de la "royale" hollandaise, haute sécurité, à peine plus d'une nuit, un nouveau plein et c'est reparti.

Les bancs de sable de la côte flamande, le Pas de Calais, le cap Gris Nez qui porte bien son nom dans la grisaille du petit matin, la baie de seine, Cherbourg, le raz Blanchard, pas de vent mais pas de chance, courant contre, ça ne passe pas, j'essaye par le nord d'Aurigny et à intérieur des Casquets, pas malin malin comme idée, nous voici jouant les surfeurs dans le mascaret, impressionnant.
Bon pas dangereux vu le vent, mais je me promet de ne pas remettre le pied dans le coin.

C'est passé, La côte nord de Bretagne, le chenal du four, on enchaine, on ne traîne pas, à nouveau un pit stop à Camaret ... une pompe en self service, c'est pire que les 24h du Mans ... slalom entre les cailloux, les tas de pois, on prend les raccourcis, le raz de Sein, Penmarch, les Glénans, ah Alain, Roland, nostalgie, pas le temps, beau temps, moteurs, le moins que l'on puisse dire, on ne fait pas dans la dentelle, mais il faut livrer le bateau, c'est fait ... en temps et en heure ... au revoir et merci, rien de cassé mais paraît il pas très propre.
Petite colère, je vous l'ai dit, y' avait rien sur ce bateau, même pas un tuyau, même pas une éponge, alors ? Alors il est là, pas une rayure, comme neuf ...
Et l'inventaire, le matériel, il est où, à Marans, et qui c'est qui va aller le chercher ?
Suite de l'aventure d'Arlanda, chapitre 2.
Pour conclure ce dernier chapitre un grand merci à Alain et Roland, j'espère, j'ose espérer qu'ils se sont "un peu" amusés, et y'a quand même plus d'un aventurier qui en aurait fait des lignes et des lignes dans "violes et violés" ou au coin du bistro d'un demi tour d'Europe à ce rythme et en Bali 4.0 de surcroît.

Une soirée chez André, Merci Roland et un WE rhétais en famille et avec des amis, pas certains qu'ils me lisent mais je pense à eux, un petit bateau, le Hobie, à ranger.

Une grosse semaine de pause (le temps du Grand Pavois) et c'est reparti, Arlanda va continuer sa route, un nouvel équipage, Emmanuel qui justement va se le taper l'inventaire et ses cartons et Hervé qui nous rejoint à temps pour l'avitaillement.
Fin du grand Pavois, révision des moteurs et c'est reparti. Destination ? Destination point d'interrogation, je n'en sais toujours rien, Porto Rico, Fort Lauderdale ? Bon, il nous faut traverser, premier objectif les Canaries, on verra bien ensuite.
Toujours sur un rythme un peu soutenu, comme d'habitude, le premier souci, "dégolfer", une fenêtre, pas de vent, à nouveau du moteur, un petit front, nous le laissons passer, une courte escale à La Corogne, et c'est reparti.

Nous ne sommes plus seul, nous naviguons de conserve avec un autre BALI 4.0 "El Golfet", à 2 c'est plus safe et plus amusant. Il va nous devancer à Cascais, des problèmes électriques, il se dépêche, moi je fais mon calcul, je ne suis pas si pressé et nous arrivons à 9h du matin, à l'ouverture de la pompe après une belle nuit sous génois seul dans un bon vent portant ... tranquille quoi ...
Malheureusement Cascais, pas de place, la marina est pleine. Nous y retrouvons Laurent, ce coup ci il convoie un Lagoon 380, nous repartons donc tous ensemble destination les Canaries.
Je ne rentre pas dans les détails, depuis le temps, vous connaissez la route, Hervé et Emmanuel ont pu joindre leur proches et tout leur raconter.

Toujours est t'il qu'Arlanda a vu défiler le Cap Ortegal, le cap Finisterre, Cabo da Roca, La pointe ouest de l'Europe continentale, Lisbonne, le cap St Vincent.
L'Europe du Nord au Sud en moins de 2 semaines de mer ... et le voici au large du Maroc, au large de l'Afrique ...

Maintenant, depuis notre départ de Cascais, mince plus de nouvelles.

En fait pas grand chose, conforme à la météo, beaucoup de moteur et là, nous jouons un peu, au ras de la dépression, j'essaie de couper un peu, nos 2 comparses assurent plus près des côtes marocaines, escale prévue Agadir pour Laurent, El Golfet va sans doute nous suivre, mais cette nuit nous les avons perdus ... alors devant, derrière ?
El Golfet a marqué des points, il a péché, nous sommes comme d'habitude bredouilles, Laurent aussi. Par contre nous pourrions être devant ...
Une question quand même, aurons nous de la place à Las Palmas ? L' ARC, mes fidèles lecteurs s'en souviennent non ? L'ARC donc, est avancé d'1 mois, je crois que le port ferme le 25, peut être avant, alors si ce n'est pas Las Palmas ? On verra, j'ai essayé d'appeler la marina au départ de Cascais, sans succès. J'ai envoyé un mail, j'attends leur réponse, ça et la météo, c'est sans doute pour ça que j'ai pris le courage de vous écrire ... qu'elle honte !
Donc, je vous le confirme, tout va bien, beau temps, belle mer, vent dans le nez mais pas trop fort, ça doit passer, un peu juste, mais ça peut le faire, le 19 au soir, le 20 au matin ? D'ici là des nouvelles ? Vous verrez bien, ça pourrait dépendre de la pêche ou d'imprévus quelconques, La routine s'installe à bord et là, je vais rater ma sieste, pas question ...
Reprenons les bonnes habitudes, tout le monde embrasse tout le monde. A bientôt.


Arlanda, le 16/10/2016 à 12h TU : 34°18.47 N - 10°17.83 W à 454 NM de Las Palmas

mercredi 7 septembre 2016

San Cristobal, photos en vrac



Leçons d'IPad, pas toujours facile



J'essaierai d'en mettre d'autre avec quelques commentaires








Le phaéton, paille en queue, oiseau du soleil



Qui porte bien son nom

Mise à jour

Juste quelques mots, San Cristobal c'est fini. Enfin à bon port.
62 jours, pas un poisson, tous les records sont battus. Heureusement quelques bons moments avec mes équipiers. Une rencontre bizarre en Méditerranée, cela ressemblait à des orques !  Et du moteur jusqu'à la fin.
San Cristobal s'est fini, place à ??? . Je ne sais le nom du bateau, un Bali 4.0 comme U Neat. Et pour une fois ce n'est pas les tropiques. Nous allons le chercher en Suède, à Stockholm. Nous, Roland, Alain et moi ... Destination La Rochelle, le bateau doit être au grand pavois. Il faut que l'on fasse vite, 1 400 milles via le canal de Kiel. J'espère qu'il va faire beau, ça pourrait être une navigation amusante, dans le cas contraire ... Allez je croise les doigts et je vous dit  bientôt.

samedi 20 août 2016

San Cristobal, Délivrance ?

Samedi 20 Août

Le bout du tunnel enfin ? Peut être pas, le bout de l'Atlantique, c'est fort probable, Tarifa à 120 milles, nous sommes maintenant dans la baie de Cadix, nous voyons le bout de cette traversée. Avec la météo actuelle nous devrions passer Gibraltar sans trop de soucis demain dans la journée. Une bonne chose de faite, nous sommes quand même à 55 jours du départ, partis pour mettre 2 fois plus de temps que la normale ... Et toujours pas de poisson ...
Alors le bout du tunnel, peut être pas tout à fait, la météo en Méditerranée n'est pas terrible, terrible, à peine passer le détroit de Gibraltar les vents s'inversent, pile de face.
Nous n'avons plus de Gas Oil, nous n'avons fait que quelques heures de voiles depuis notre départ de Sao Miguel, il nous faut nous arrêter à Gibraltar refaire le plein.
Plein d'eau aussi, un robinet ouvert ... Plein de frais, pas de poisson égal plus de frais ...
J'ai le sentiment que Frédéric s'arrêterait bien un peu, visiter Gib, le caillou, il ne connait pas. Problème, demain c'est dimanche, il nous faut être sur d'arriver de jour pour le Gas Oil et tout le reste sera fermé. Par ailleurs les marinas de Gib sont minuscules, pas certain du tout que nous aurons de la place. Et surtout cela va dépendre de la météo. Si nous avons une chance de passer l'obstacle suivant, la mer d'Alboran, je ne ferai qu'un pit stop Gas Oil à Gib, on verra plus loin. Si par contre l'escale est "neutre", alors pourquoi pas, la suite risquant d'être un peu pénible, autant refaire les pleins, c'est bon pour le moral.
C'est un souci le moral, alors j'essaye de faire en sorte de ... Et cela semble fonctionner, puisque Roland et Frédéric semblent toujours très en forme, la traversée n'a pourtant pas été spécialement drôle ... C'est le moins que l'on puisse dire. A moins qu'ils ne jouent la comédie, dans ce cas rien à dire, ce sont de bons acteurs.
Quoiqu'il arrive, demain vous aurez sans doute des nouvelles, nous passerons à portée téléphonique, je déciderai de l'escale en fonction de la météo, je pourrai facilement en prendre une complète avec la 4G. Nous en saurons peut être un peu plus sur notre arrivée à Toulon, au mieux je dirai le 27, et encore je croise les doigts, et oui, nous n'avons pas encore explosé la Grand Voile mais ... Ça craque de partout.
Une dernière chose quant au téléphone, il se peut que Roland utilise le mien, un petit souci avec son code Pin, alors ne vous étonnez pas si vous recevez un appel d'un n° que vous ne connaissez pas forcément.
Je vous dis donc à très bientôt, tout le monde embrasse tout le monde

San Cristobal, le 20/8 à 15h45 TU : 36°20.18 N 008°00. 67 W à 118 NM de Tarifa

lundi 15 août 2016

San Cristobal, ne touchez plus à rien

Lundi 15 Aout

Décidément je manque à tous mes devoirs. Plus de nouvelles depuis, depuis si longtemps que je ne m'en souviens plus.
Je reprend donc mes notes et je m'aperçois que je vous avais laissé à 800 milles de Horta, le 25 juillet, avec encore l'espoir d'arriver à temps pour passer quelques jours en vacances en famille.
Espoir déçu, nous sommes encore en mer et si loin du but ... Notre espoir maintenant : arriver un jour !
Bon, j'ai quand même donné quelques nouvelles de ci de là, posté quelques photos, mais rapidement sur Face Book, tout le monde n'a pas Face Book.
Je vais donc reprendre pour ceux qui n'ont pas suivi.
Horta, nous y sommes arrivés, quelques jours sur place, réparation de la voile, le plein de frais, de Gas Oil et de tout ce qu'il faut. Le tour de l'ile, Frédéric a eu de la chance, il a fait beau et cette fois nous avons pu voir le fond de la caldeira. Une bonne surprise aussi, Roland qui est venu nous rejoindre, Roland et sa bonne humeur légendaire ...
Départ de Horta, un peu plus de 24 heures de mer, une mer formée, au prés, 21 noeuds de vent apparent, 3 ris (on ne peut pas dire que je surtoile) et craque, à nouveau la grand voile explose, elle est fatiguée, morte, cuite. Je choisi de faire demi tour, escale à Teircera, Praia Da Vitoria, une toute petite marina ou heureusement nous trouvons un voilier qui fait le nécessaire, un peu d'attente, nous sommes chanceux, nous sommes tombés en pleines festivités, lâché de taureau sur la plage, défilé et danse folklorique, feux d'artifice, une grande tente avec stands et restaurants proposant des produits et des spécialités des Açores et de tout le Portugal. Nous quittons la marina, les gens toujours aussi aimables, l'accueil, on me demande si j'ai apprécié mon séjour, évidemment c'est oui : "Alors ne le dites pas trop à vos amis", entre parenthèses "pas la peine que nous ayons trop de monde ..."
Et c'est reparti, encore plein d'espoir, espoir qui ne dure pas, encore une fois à peine 24 heures, le vent toujours au près mais dans l'autre sens, 18 noeuds apparents, 2 ris, et recraque ... À nouveau la voile complètement ouverte. Ce coup ci direction Sao Miguel, la plus grande des Açores, plus au sud, et la capitale Punta Delguada. Nouvel accueil aussi agréable, un nouveau voilier, qui me dit "je n'ai fait que ce qui avait cassé, le reste est mort", entre guillemet, à part une voile neuve, je me demande bien comment vous allez rentrer. Moi aussi ...
Le temps de la réparation nous laisse visiter, une ballade un peu rapide, une belle ile. Les Açores nous retiennent, ça doit être ça.
Bon, entre temps la météo évolue, les calmes s'installent et peut être du portant, pas trop fort, c'est reparti, et je touche du bois, "ne touchez plus à rien, s'il vous plaît".
Après 48 heures de moteur, un peu de vent, portant, à quelques degrés, pile comme il faut, 10/12 noeuds apparents à 115/120°, plus une mer plate, je ne dis plus rien, je croise les doigts, je fais des prières, des incantations, que sais je encore.
Alors de là à faire des prévisions ... 730 milles jusqu'à Gibralatar, on verra bien ... Un jour peut être ! Alors si vous voulez nous rendre service, prières et incantations, ajoutez y pêche, parce que là aussi c'est zéro pointé. Quant aux baleines, cachalots ou autres orques ... Dans les livres ? J'exagère un peu, quelques dauphins, 2/3 orques aperçues au loin, quelques souffles, probablement des cachalots, mais quand même, un grand désert.
Je vous laisse, le 15 Aout, à la plage ? Peut être en bateau ? Tout le monde embrasse tout le monde.

San Cristobal le 15/8 à 13h TU, 38°18.68 N 20°29.50 W à 726 NM de Tarifa