samedi 26 novembre 2011

Chevaux de bois

Samedi 26 Novembre

Une course de chevaux de bois ... c'est presque ça, les vagues en plus. Pas très rigolo et surtout dans ces conditions, difficile de remonter. Nous sommes où nous sommes, plus qu'une chose à faire : espérer avoir un peu plus de vent que les autres et surtout bien régler le bateau. Ce matin, le capitaine est de mauvaise humeur, je trouve le bateau mal réglé. Notre bout de corne est un poil trop long et la grand voile déverse trop dans les secousses, à chaque vague elle ouvre un grand coup, le génois un peu trop bordé, c'est pas ça et ça se ressent. Nous avons gagné quelques milles sur certains bateaux, 22 milles sur Thosyma, 8 sur Stadium, mais perdu sur d'autres, 18 sur l'Outremer et 5 sur le Lagoon !!! Je suis de très mauvaise humeur ... Remarquez, il n'y a pas que les réglages, à quelques milles près, de grosses variations de vents, la bonne veine et ça démarre, à ce petit jeu, c'est un peu la loterie. Je reprend vite la météo et en principe demain soir, l'alizé. Et là nous
n'aurons plus qu'à foncer ... En attendant, un avantage à ces conditions, stressantes pour le capitaine, mais plutôt cools, plus de grains, un vent de demoiselle, juste cette grosse houle venue du nord, c'est souvent comme ça dans le coin, la houle résiduelle des grandes tempêtes de l'atlantique Nord : "Pour FLEMISH, fort coup de vent à tempête en cours ou prévu. Pour FARADAY, MILNE, ACORES, IRVING, coup de vent à fort coup de vent en cours ou prévu." C'est la météo d'hier, vous avez beau temps en France ? Donc un avantage à ces conditions : tout le monde se repose et c'est tant mieux. Tant mieux parce que maintenant c'est fini, le spi est à nouveau en l'air, et maintenant, il faut barrer ... Je vous laisse j'y vais, ah non, avant de vous quitter une petite histoire : une histoire d'oiseau, connaissez vous les hirondelles de mer ? C'est un des seuls oiseaux que l'on voit en pleine mer, un peu plus gros qu'une hirondelle, je me demandais comment cela pouvait aller si loin, en fait elles se posent sur l'eau pour dormir. Jusqu'à présent je n'en avais vu que de loin, alors j'imaginais que cela devait être comme une hirondelle en plus gros. Et bien hier soir, l'une d'elle est venue se poser sur le bateau, elle a sans doute taper dans nos voiles, il faut dire qu'il fait nuit noire. Nous avons pu l'attraper, l'étudier et nous la posons sur le bimini, notre piste d'atterrissage, pour qu'elle reparte tranquillement, elle s'envole et nous pensions en être débarrassée, en fait elle profite de l'obscurité et se glisse dans le bateau, elle passera la nuit dans la coque tribord, cachée dans un coin et évidemment laissera quelques traces de son passage. Mais sinon, et bien c'est plutôt comme une petite mouette avec les couleurs d'une hirondelle, la forme des ailes de l'hirondelle, mais un bec crochu et des pattes palmées. Allez cette fois ci je vous laisse parce qu'en plus ça mord ... crrrrrr
CM

Pos : 21 06 62 N - 32 29 82 W à 1 681 NM de l'arrivée - 165 nm au 251.

vendredi 25 novembre 2011

Orages ... Ô désespoir

Orages ... Ô désespoir

Vendredi 25 Novembre

Fin d'après midi, fin de la cavalcade sous spi, les équipiers vont peut être pouvoir se reposer. C'est du moins ce qu'ils pensaient, mais si nous avons affalé le spi c'est que le vent refuse et que devant nous se profile une superbe barre nuageuse. Pour le coucher de soleil carte postale, c'est raté, pour le repos aussi.
Toute la nuit nous allons sauter de grains en grains, et je continue à mettre la pression, mais avec les résultats qui tombent, notre remontée et l'espoir de rattraper les premiers bateaux, le moral est au beau fixe. Les quarts se suivent, en cirés, un coup, pas de vent, un coup, 12 noeuds, de la pluie, un peu trop sud, un peu trop nord, mes instructions sont claires : VMG maxi, c'est pas clair pour vous ? Le cap : 265, le plus près possible du cap, le plus vite possible, mais il faut toujours avancer.
Au petit matin, une voile loin sous notre vent, et on l'avale littéralement, on revient dessus comme des bolides : Outremer ? Santa Maria ? Peut être Santa Maria (ou un simple touriste ... ) et cette fois ci on se dit qu'on va se reposer, et bien c'est encore raté. Après cette nuit d'orages, Ô désespoir ...
Bing, un bruit de roulement, je connais, un chariot qui glisse, le nez en l'air, le bout qui retient la corne de GV a lâché dans une secousse, et oui il y a des vagues ... zut ... Encore presque 2 heures de perdues, la réparation n'est pas très difficile, mais il nous faut recommencer avant de trouver le bon réglage et entre temps encore des problèmes avec l'enrouleur de génois léger, décidément je ne maitrise pas cette manoeuvre. Et c'est reparti, nous faisons un point des positions, ça se resserre, mais il faut remettre du charbon. Tout le monde est à fond, on va rattraper cette voile avant la nuit, et puis avec ces manoeuvres, je crois avoir trouvé le truc pour le génois.
Maintenant, un grib, les 2 jours qui suivent vont être chauds, il faut passer le mieux possible cette zone de calme devant nous. Mes WeatherMen en perdent leur latin, bon, c'est pas très grave je m'y retrouve encore et je crois, du moins j'espère que nous avons assez bien joué le coup. Je vous laisse, tout le monde à pris sa douche à l'eau de mer sur le trampoline, et de mon coté, non stop depuis cette nuit, grosse transpiration, il va falloir faire quelque chose aussi ... d'autant que pas de petit déjeuner ce matin, et là, Francis craque, vous ne connaissez pas l'appétit de Francis, étonnant ... du coup Francis à fond, donne un coup de main à Claudy et on va faire dans le léger : côtes de porcs à la crème et champignons et pommes de terres Sarladaises ... Je vous souhaite bon appétit, à bientôt.
CM

Pos : 22 32 71 N - 29 58 51 W à 1 834 NM de l'arrivée - 165 nm au 264

jeudi 24 novembre 2011

Les choses sérieuses

Jeudi 24 Novembre

Les choses sérieuses commencent. Cela se complique, pour la première fois, j'ai pris le classement avant de vous écrire ma petite littérature. OK, nous sommes remontés, mais devant ça se corse, les premiers ne vont pas se laisser avaler comme ça. L'outremer, second au classement, au départ nous l'avions déposé, là, ils ont trouvé la bonne pédale, et puis il devrait aller vite, mat carbone tournant, s'il vous plait, il est plus léger (en principe) et plus grand que nous, il ne sera pas dans notre classement, mais ... mais il faut le battre. Santa Maria, nous sommes revenus à 30 milles, pas mal si on considère que nous avons perdu une cinquantaine de milles au départ. Blue Ocean, un Lagoon 560 devant nous ? Je n'y crois pas, 20 milles à rattraper ... Soit ils sont très bons, soit ... je n'en sais rien, mais on lui rend du temps. Stadium, un peu loin, encore jouable. Phaedo, le Gun Boat, ouille, il s'échappe, faudrait pas que cela continue comme ça, il pourrait même sauver son r
ating ... Objectivement, nous verrons plus clair demain, voir après demain, après le passage des calmes. Plus aucun nordistes finalement, tout le monde est descendu, notre option n'en est plus une, il faut maintenant se concentrer, se concentrer sur la vitesse du bateau et pas autre chose. Du coup je deviens de plus en plus impopulaire ... la tension monte à bord, "Abat", "Loffe", "C'est quoi ce pilote", sous spi, il faut barrer, barrer tout le temps et bien barrer. Je met la pression, alors, mutinerie avant l'arrivée ? Moi quand je régate ... comme disait Marcel (Marcel Buffet, le grand Marcel ...) : t'es au bal, faut qu'tu danses ...
Rien d'autre à raconter, pas de pêche, pas question de mettre une ligne et pourtant les premiers poissons volants sont là, pas beaucoup d'eau non plus, bâbord amure, on ne peut pas ouvrir le coqueron tribord, donc on ne peut pas démarrer le dessal., on se rationne et je vous dit à demain en espérant que nous aurons doublé le Lagoon.
CM

Pos 12 TU : 23 21 09 N - 27 06 76 W à 1998 NM de l'arrivée - 199 nm au 250

mercredi 23 novembre 2011

Patience

Mercredi 23 Novembre

Je vous avais laissé hier alors que nous avions décidé de passer en mode "détente". Plein vent arrière, sinon, c'est soit une panne au 220, soit une panne au 290, 300. Comme prévu le vent est monté, j'ai préféré assurer, un VMG quasi optimum sur la route choisie avec nos 2 génois en papillon. Au classement, je ne l'ai pas encore vu, mais la remontée ne doit pas être spectaculaire, (hier c'était beaucoup mieux que ce que je craignais, de la 207ieme à la 107ieme place, mais surtout en temps réel nous sommes revenus devant Santa Maria et l'Outremer et Stadium sont à notre portée), intéressant de voir d'ailleurs ce que cela va donner. Par contre je pense que nous nous sommes pas mal placés par rapport à la zone de calme annoncée. Plus sud, trop de route, un peu plus de vent maintenant, mais moins sans doute à l'avenir. Plus Nord, un coup à tenter, passer Nord des calmes, ça peut marcher, il faut être très nord, Phaedo ? Et derrière plus de vent que pour nous. Mais ça, il fallait
le faire dès le début et au début, ce n'était vraiment pas marqué. Entre les deux, à mon avis, le mur, il va leur rester une solution, passer au moteur ... vous trouvez ça drôle ? Après quasiment 24 heures de patience, le vent petit à petit tourne vers la gauche, de plus en plus Est, il devrait passer Sud Est et nous, et bien j'espère que l'on va relever les compteurs. A nouveau sous spi et GV haute, avec 22/25 noeuds de vent j'ai l'estomac bien noué, pourvu que ça passe sans casser ... Mais le vent devrait tomber, encore quelques heures d'inquiétude, mais aussi refuser, nous sommes Bâbord, donc petit à petit nous devrions nous retrouver à la route, d'abord sous spi, puis sans doute Génois léger et puis, et puis ... on verra, mais on devrait être pas mal. Et à part ça ? Tout va bien ... en grande partie grâce à Claudy qui nous mitonne des petits plats, que dévore l'équipage, surtout Francis ... le même Francis radieux à la barre, qui nous annonce ses vitesses et que j'engueule parce qu'il loffe trop. Gilles, qui quand il ne barre pas, trouve le temps de faire ses mots croisés et Olivier qui quoiqu'il arrive peaufine son Weather4D. Tiens d'ailleurs un truc que nous avons pu tester, la prévision des satellites, cela indique les passages de satellites Iridium, on se connecte à ce moment là et roule ma poule, ça marche super, je ne suis plus là à m'arracher les cheveux à cause de ces satanés connections. Allez je vous laisse, il faut que j'aille surveiller Francis. A très bientôt et demain, après demain, on relève les compteurs ... et non, je n'oublie pas, tout le monde embrasse tout le monde.
CM

PS : Ah oui, j'ai oublié de vous dire, mais au vu de notre départ et des premières heures de course, je me suis fixé un petit objectif, second catamaran en temps réel, Phaedo devrait être intouchable, mais les autres ont peut essayer, l'équipage est à fond et Damocles n'a qu'a resté bien attaché.

mardi 22 novembre 2011

L’épée de Damoclès

Mardi 22 Novembre

Votre mission si vous l'acceptez, rattraper 206 bateaux. Premier classement, un peu bizarre ce classement, je n'ai pas tout compris, mais bon, nous voilà 207ième, remarquez avec tout le retard que nous avons pris et si peu de temps après le départ je pensais que nous repartirions bon dernier. Il y en a peut être quelques uns qui ont aussi eu des ennuis. Mais parmi nos adversaires, aucun, nous avons perdu à mon avis une cinquantaine de milles et nous avons déjà une position, Stadium serait 25 milles devant, bizarre je vous dis ces positions. Une fois remis de l'ordre, à l'attaque, spi, GV haute et en avant la musique. Très vite, je pense que nous doublons le gros de la flotte, hier matin, c'était déjà de gros monocoques, dans la journée quelques catas, en fin de journée, les premières résistances, il y en a un que nous n'arrivons pas à décoller. J'attend avec impatience le prochain classement. Et puis le vent qui rentre un peu, qui tourne, le casse tête météo, qu'elle est la
meilleure panne ? Est ce que ça va forcir ? Cette question tourne à l'obsession, un peu limite sous spi, record du jour, 18,9 noeuds, je n'ai qu'une trouille que la barre vienne en butée et lâche à nouveau. Sous spi, GV haute je n'ose même pas l'imaginer. C'est notre épée de Damoclès. Du coup en début d'AM, ras le bol, le vent est pile vent arrière, la panne tribord nous remet au nord, au 290, 300, la bâbord au Sud, 220, 230, zut, je fais route directe, génois en papillon. J'en profite pour redescendre l'hydrogénérateur qui remonte avec la vitesse, ouille, je prend du courant, dois plus être vraiment étanche, pourvu qu'il tienne ... Réparation de la lumière du coqueron moteur bâbord, sous spi, on ne peut pas y accéder, l'écoute de spi ferme le capot. Et une autre mauvaise surprise, nous avons perdu 4 vis de l'enrouleur du lourd. Et je ne m'en étais pas aperçu avant, zut et rezut, il va falloir monter dès que possible mais au portant comme ça ce n'est pas dramatique. Bon quoi d'autre ? Je délaye non ? Nous n'attendons plus que le vent grimpe, c'est ce qu'annonce les gribs, si ça ne monte pas, on renvoie le spi, mais j'aimerai bien que ça tourne un peu ... Il faut vraiment qu'on rattrape, et notre début en fanfare nous à au moins montré une chose, le bateau peut aller vite, très vite, il faut seulement faire un peu attention, sinon ... le fil casse et l'épée ... allez je me dépêche de me connecter pour avoir un dernier classement. Je vous dis donc à demain ... peut être (si j'ai quelque chose de drôle).
CM

Pos le 21 à 12h TU : 26 11 58 N - 20 39 87 W à 2 375 nm de l'arrivée., 194 NM au 271 (189 nm sur la route).

lundi 21 novembre 2011

ARC Acte 2 Le départ

Dimanche 20 Novembre 2011

Enfin nous y sommes. Fin prêts, c'est ce que nous pensions, heureux de partir, ça c'est certain. En cette belle matinée, il ne pleut pas, le vent souffle assez fort, une vrai carte postale et les bateaux sortent les uns après les autres. Cela en fait pas mal de bateaux sur l'eau. Une belle cacophonie, un peut inquiet avec tous ces bateaux plus ou moins bien menés et une ligne au portant, je préfère assurer le départ, le spi reste dans son sac pour le départ, Grand voile, Génois léger, nous passons la ligne plutôt bien placés, 1er peut être. J'espère ne pas avoir voler, 3 heures de pénalité si c'est le cas ... et maintenant place à la course.

Acte 3 : La course

1er Jour : Déception

La ligne franchie, le cap assuré, allez nous envoyons le spi. Une cosse dans le bout de chaussette, manoeuvre foireuse, zut ... pas grave on recommence. Ce coup ci c'est bon et notre départ nous permet d'être encore bien placé. Le GunBoat nous double, rien à faire. Le polonais, Santa Maria, nous avait doublé pendant la manoeuvre, il va vite, pas moyen de le rattraper. Bon, il fait 58 pieds quand même. Le gros Privilége 72 pieds cafouille un peu dans ses choix de voile, nous le doublons et Stadium qui lui aussi nous avait un peu lâché lors de notre manoeuvre semble hésiter, nous passons sous son vent. Nous passons l'île, continuons notre bord Bâbord au Sud Sud Est. En fin d'après midi nous nous décidons à empanner. Devant, et bien que des tous gros, dans notre classe, GunBoat et Santa Maria, tous les autres derrière, et toutes classes, peut être moins de 10 bateaux, ça y est on joue dans la cour des grands ...
Le vent forcit, il va atteindre 30 noeuds. Je décide de profiter de l'empennage pour affaler le spi. Nous repartons sur l'autre amure avec le Génois léger. C'est qu'à ce petit jeu, jouer avec les grands, et bien on tire assez fort sur le bateau, trop fort sans doute, Olivier à la barre : "Christophe j'ai plus de barre" ... On affale tout ... Les chaines ont sautées, un ridoir est tordu et la barre s'est inversée. Le temps de comprendre ce qui s'est passé, de remettre tout en place, 2 heures de perdues. Déception ...
Bon tant pis on va les rattraper. Et on remet la gomme. Gilles : "Allez il n'y a que 16 apparents", ouais, mais encore 30 réels. Je cède, j'ai trop envie des les rattraper moi aussi. A nouveau Grand voile haute et Génois léger. Je barre, dur, trop dur, je crois qu'il va falloir réduire. La nuit va tomber, une risée et repaf, plus de barre. Même punition, même remède, mais ce coup ci en prime nous n'avons plus assez de tours dans l'enrouleur du léger, il bat. Rassurez vous pas de dégâts, mais il va falloir remettre de l'ordre et avec la vitesse l'hydogénérateur a lâché. La manoeuvre de nuit, c'est pas que j'étais inquiet, mais avec 200 bateaux qui vous foncent dessus alors que vous êtes en panne et dans les fonds en train de remettre des drosses ... moyen, moyen. Du coup, et bien je calme franchement. Une fois le bateau remis en ordre nous repartons et je choisi mon allure fétiche : Captain Butterfly, les 2 génois en papillon ... Une nuit tranquille, nous rattrapons pas mal de
bateaux, quelques croisements surprenants de temps en temps. En seconde partie de nuit le vent tombe, nous repartons avec la Grand voile et le léger. Au petit jour, je bidouille l'hydrogénérateur, en fait une manille pour fixer le bout sur la lame, celle ci cisaille le bout. J'espère que ça tiendra, parce que sans lui je n'ai pas assez d'essence. Envoi du spi, nous doublons maintenant des catamarans et des bateaux de plus en plus gros. L'horizon se vide, mais où sont nos adversaires ... et bien sans doute assez loin devant, 6 heures ? Déception et fatigue quand même ... Allez un gros dodo, un bon repas et on va les rattraper. Mais le vent devrait rentrer plus fort demain, promis ce coup ci je ralentis, et puis comme ça j'aurai moins de choses à vous raconter. A bientôt et évidemment, ne perdons pas les bonnes habitudes : tout le monde embrasse tout le monde ...
CM

Pos à 12 h TU le 21 : 26°30,7 N - 17°04,5 W

vendredi 18 novembre 2011

L'ARC à Las Palmas, quelques photos

Comme promis, quelques photos de l'ARC, elles ne sont pas terribles, il ne fait pas un temps superbe et je ne suis pas très inspiré. Il faut que je trouve une photo des tortues, mais pensez y, Claudy a mis pas mal de photos de son coté. Demain, le briefing, les derniers papiers, les derniers préparatifs, surtout gros nettoyage du bateau et on s'en va, Dimanche 13 h locale ... Ouf ...
Au loin, le pic de la Teide, on ne le voit pas si souvent ... 
Atterrissage à Las Palmas, petit temps, moteur pendant 2 jours
Préparation, avec ça, les écoutes ne devraient plus se coincer
Notre voisin, un Catana 431, un couple d'Allemand, Magnificat
En face, encore un Catana, un 471, un couple greco américain, en famille et avec des amis ... nombreux quoi !
La fameuse visite de sécu, sur Magnificat, Frédérique craque ... 
Le ponton des "petits" catas
Encore la sécu, Santa Maria, un Wave 58 ? Polonais 
Anastasia, encore un Catana
Voile traditionnelle, Vela Latina


Le Gunboat 66, il devrait arriver le premier, 11 jours et quelques, record à battre
Et devant le GunBoat, Stadium, un graaand Catana, derrière lui, un grand Privilège et un Lagoon 620, les gros catas  de l'ARC

Et une vue d'ensemble des "petits bateaux"

jeudi 17 novembre 2011

ARC, Acte 1 suite : à bord de Rafale

Je ne sais pas si je vous l'ai dit, notre dernier équipier Olivier Bouyssou nous a rejoins accompagné de sa femme Mounia, qui reste à terre. Je crois qu'elle aimerait bien venir. En attendant ils sont tous partis faire un tour de l'île. J'en profite pour achever mon angine, rédiger le blog et checker les derniers détails : notre rating et l'installation de la balise.
Question préparation nous sommes prêt et archi - prêt. Je suis assez content de moi ... Euh, en fait une idée piquée à un autre bateau, je vous enverrai une photo, mais j'ai trouvé comment protéger à l'avant, taquets, feux de position et caillebotis de balcon. Les écoutes et bras de Spi avaient une fâcheuse tendance à se coincer la dedans, un des caillebotis avait faillit partir à l'eau. Vous verrez, c'est très beau.
Les photos, je vous en promet tout le temps, j'en prend quelques unes et puis vous pouvez compter sur Claudy, Gilles et Olivier, ils ont le nez derrière leurs appareils. Le problème c'est le WIFI, pas de Wifi dans notre petite marina et dans les bistros, 235 bateaux, plus tous ceux qui sont mouillés dehors, il y a bien 1 500 équipiers en vadrouille, alors le wifi ...
Et puisque je parle de Wifi, une transition facile vers l'informatique. Olivier est l'auteur d'une superbe application pour IPhone/IPad, Weather4D, si vous ne l'avez pas encore téléchargé, profitez en, une promo spéciale ARC, bon de toute façon elle n'est pas chère. Moins chère que son dernier bébé, Weather4D Pro. Il vient de le soumettre à Apple. Francis et moi même (et quelques amis) avons eu l'occasion de la tester. J'ai encore quelques suggestions qui je crois feront l'objet de nouvelles versions, mais dans l'état, c'est déjà super. Bon attention, un peu plus cher, une petite trentaine d'euros je crois, enfin vous verriez le truc ... Et d'ailleurs, une fois que vous l'aurez installez, vous créez la zone "Transat Arc" et vous allez voir : un phénomène un peu bizarre arrive de l'ouest, la météo j'y reviendrai.
J'y reviendrai d'autant plus qu'Olivier non content de venir avec sa dernière appli, nous a apporté un autre gadget, la c'est plus embêtant, c'est pourtant bientôt Noël, mais je ne suis pas certain que le père Noël ait les moyens, il va falloir que je négocie en tant que testeur ... Le nouvel Iridium avec un boîtier magique, on se connecte à l'Ipad et roule ma poule, mail, météo, on gère tout ça bien plus facilement qu'avec le Mac transformé en PC, d'autant plus facilement que dans Weather4D Pro, il y a une fonction qui permet de prédire le passage des satellites, donc il n'y a plus qu'à se connecter quand un satellite est là ... Je craque ... Je craque et je vous laisse, bientôt l'heure des festivités, les catamarans français et les autres, s'associe pour une partie "ponton" dans notre petite marina. À demain, j'espère avoir la table des ratings complète et je reviendrai sur la météo.
CM

ARC : acte 1 : les préparatifs

Donc nous sommes à pied d'œuvre pour le départ de l'ARC à Las Palmas Gran Canaria. L'ARC, Atlantic Rally for Cruisers, un peu l'équivalent de la défunte transat des assistés, euh non pardon, transat des alizés, mais à la mode anglo saxonne, une grande messe anglo saxonne, 215 bateaux devraient être au départ.

Cela existe depuis plus de 30 ans, parfaitement organisée, la mayonnaise a pris, et chaque année, c'est effectivement plus de 200 bateaux qui se retrouvent. Évidemment les anglo saxons sont majoritaires, anglais, américains, australiens, neo zélandais, ils viennent de partout ... Beaucoup d'allemands, de "nordiques", suédois, danois, finlandais, norvégiens, quelques hollandais ou belges. Des polonais, quelques espagnols, italiens et des français, 13 bateaux je crois.

L'ambiance, mi figue mi raisin pour nous autres français, cocktails et partys presque tous les soirs, mais finalement nous n'y rencontrons que peu de français, nous sommes allés au défilé des équipages, seuls 3 bateaux français étaient représentés, et l'ARC est un business, les dîners équipages sont à 26, voir 30 euros par personne et ils nous, il nous reste encore du thon ...
Chaque jour, plusieurs briefing, une quasi obsession la sécurité, à mon avis c'est un peu trop, mais bon, c'est en partie la cause du succès de cette manifestation, les gens ont un peu besoin d'être rassurés, non ? Une petite liste non exhaustive : Gérer les cas urgent, urgence moteur dans l'Atlantique, premier soins et santé en mer, gérer le stress en mer, démonstration sauvetage air-mer hélicoptère, démonstration radeau de sauvetage ... Ouf ... Personnellement, et bien j'ai envoyé Gilles au séminaire gréement, normal pour quelqu'un qui a fabriqué des mâts pendants 30 ans non ? Et je suis allé au séminaire communications, je vais vous expliquer par la suite comment ça marche et évidemment au séminaire météo, comment traverser l'Atlantique. Et bien, je dois reconnaître que c'était bien, il a pensé à tout, un exposé clair et précis, tellement clair qu'il a donné son avis sur la meilleure route pour les premiers jours de course, ça m'énerve, c'est à peu près ce que j'avais choisi, du coup, et bien tout le monde va être là ... Enfin, clair, pas pour tout le monde quand même, tous ces séminaires sont effectivement en Anglais, et quand je dis anglais, Chris Tibbs le marin météorologue, je ne sais pas exactement d'où il est, mais dès sa première phrase, j'ai compris que cela allait être dur ... J'ai eu du mal, mais pas trop, j'ai encore un peu l'habitude et je connais le sujet, pour mes équipiers, un calvaire ... Ils n'ont pas bossé chez Moorings et Sunsail eux ...

Et pour en finir avec le chapitre sécurité et business, la visite de sécurité, un calvaire. Nicolas Pistre et le chantier avait soigneusement préparé tout ce qu'il nous fallait et bien, et bien, il en fallait encore : un écran radar, qui va finir instantanément dans la cale, un sifflet, des fusées etc ... 150 euros quand même, (si je vous disais que RolNautic le ship de Las Palmas est sponsor de l'événement seriez vous étonnés). C'est pour tous le même calvaire, visite et contre visite, et la queue au ship. Parce que non seulement il faut avoir le matériel, mais ensuite il faut qu'il soit bien installé, et là les avis divergent ... Wilhem, notre contrôleur, charmant par ailleurs, nous sommes devenus copains ... n'avait sans doute pas tout à fait les mêmes idées que moi, au début, je suis gentil, au bout d'un moment ... Il a finalement compris que j'avais un petit peu d'expérience et que son expérience, expérience acquise sur un Via 42, pouvait ne pas toujours être la mieux adaptée sur un Catana 47. J'ai quand même un retour, une suggestion que je vais transmettre au chantier, et puis il s'intéresse à notre hydrogènerateur.

Tiens et puisque je parle de catamarans, presque tous sont réunis dans une petite marina au sud de la marina principale, la marina Vela Latina, ce sont de petits bateaux traditionnels, un peu l'équivalent des yoles antillaises, en moins sportifs quand même. Et là les français sont en force, je crois qu'il y a 30 catamarans d'inscrits, ils en manquent 2 ou 3 qui ne sont pas dans la marina, mais pour les autres, un GunBoat 66, une machine de course américaine, tout carbone, y compris les chandeliers (bon, moi, je ne raffole pas, il m'a paru démodé, ligne d'eau désuètes, gréement dépassé), il devrait quand même finir assez loin devant vu son poids. Il y a aussi hors catégorie un trimaran français de 50 pieds je crois, Rayon vert. Un gros cata polonais, 58 pieds, un petit allemand, mais sinon que des bateaux français, Lagoons, Privilèges, outremers, Fountaines et bien, très bien representés même, Catanas. Un 65 jumboisé, Stadium, un 522, un 471, un 50, un 431. Et alors que nous finissons nos préparatifs, ils sont venus assez nombreux nous demander des trucs et tous semblent enchantés de leur beaux bateaux, je les comprend un peu.

Un classement dans tout ça ? Et oui. Plusieurs catégories, les voiliers monocoques "de courses" qui courent selon les règles de l'IRC, pas le droit au moteur ont leur classement, pour les autres la catégorie croisière, avec dans cette catégorie un classement catamaran. Les organisateurs ont calculé pour chacun un TCF, un handicap fonction de la longueur, largeur, poids, surface de voilure etc ... Nous sommes le concurrent n° 109 et notre handicap est 1,182. Si j'ai bien compris le système, un exemple, le GunBoat à un handicap de 1,469. Si il finit en dix jours, 240 heures et bien nous devons finir en moins de 12,43 jours pour le battre. Au vue de la liste des handicaps, nous avons un handicap assez lourd par rapport aux monocoques, et dans la classe cata, pas terrible, il nous faut finir avant le Catana 522, avant les Lagoons 560, mais surtout, le Catana 50 et l'outremer 49, n'ont pas encore de handicap, donc je ne peux pas comparer, zut ... Remarquez si ce soir ils n'ont pas donné leurs chiffres ils seront hors catégorie ... Et le moteur dans tout ça, et bien c'est simple. C'est autorisé, et chaque heure que vous faite est à la fin ajoutée à votre temps, donc mettons que vous mettiez 10 jours dont une journée au moteur, et bien cela vous fera 11 jours, simple et de bon goût finalement. Un seul problème, cela repose sur la seule déclaration des skippers ...

Tout ça commence à être bien long, donc je vous laisse avec un dernier point avant de vous quitter : les positions, la météo, tout est disponible sur le site de l'ARC : www.worldcruising.com/arc.

J'espère revenir avec quelques photos, des nouvelles de nos préparatifs et de la météo avant le départ. Si ce n'est pas le cas, départ Dimanche, le 20, à 13h GMT, et promis je tiendrai mon blog à jour ...
À bientôt.

mercredi 16 novembre 2011

La marche des tortues

Et oui, j'ai mis du temps à mettre à jour mon blog, désolé, une bonne angine et les préparatifs de l'ARC. En fait, pas très inspiré ... Et pourtant une histoire, une histoire jolie j'espère, étrange en tous cas. Je reprend tout dans l'ordre.
Départ de Gibraltar : la météo est claire, si on veut garder un peu de vent pour aller aux Canaries, il faut partir Samedi matin et forcer un peu le passage. Je préviens donc mes équipiers, ça va un peu secouer, effectivement départ au moteur, nous forçons au delà de Tarifa et quand je pense que nous faisons le cap suivant (Espartel) d'un bord, c'est parti, 2 ris et génois lourd, au près dans le détroit, une mer forcément hachée, version shaker. Le cata au près dans ces conditions, une découverte pour certain, l'estomac un peu secoué, les emménagements mis à rude épreuve. Bon an, mal an nous approchons du cap, on double quand même 2 monocoques plus gros que nous, plus de cap, plus de vitesse, pas beaucoup plus, mais quand même, pas mal pour un cata de croisière. Je suis aussi rassuré par la GV. Je me demandais un peu comment allait se comporter la corne avec 2 ris, rien à dire, la voile est superbe.
Thurtle Road : une fois dans l'Atlantique, comme prévu le vent tombe petit à petit et adonne. L'occasion de tester à nouveau le Spi et ses manœuvres, empannage et autre. Bon au dessus de 17/18 nœuds parfait, après dans le petit temps, un peu lourd, on va faire avec ... Et puis, le moteur remplace le Spi et plus nous approchons des Canaries, plus nous voyons de tortues. Je n'en ai jamais vu autant, il y en a probablement des centaines, pas un moment ou nous en voyons au moins une. Je ne résiste pas, il y en a une devant nous, je passe au dessus et je plonge, évidemment elle nage plus vite que moi et disparaît en quelques minutes. Nous en profitons, baignade générale, et un coup d'éponge le long du bateau, il est tout propre. Quand à nos tortues, question, sont elles malades, une migration, la ponte ? En arrivant, alors que je fais mes papiers dans les bureaux de la marina, un marin en amène une, j'espère qu'elles ne sont pas malades. Finalement au moteur, nous avons fini par arriver. Nous prenons notre place dans une petite Marina où sont concentrés tous les catamarans de l'ARC. L'ARC, j'y reviens, un prochain post, des photos, en attendant je vous laisse, il faut que j'aille à une conférence, conférence sur la météo : comment traverser l'Atlantique. Promis je vous explique ça très vite.
CM