samedi 20 août 2016

San Cristobal, Délivrance ?

Samedi 20 Août

Le bout du tunnel enfin ? Peut être pas, le bout de l'Atlantique, c'est fort probable, Tarifa à 120 milles, nous sommes maintenant dans la baie de Cadix, nous voyons le bout de cette traversée. Avec la météo actuelle nous devrions passer Gibraltar sans trop de soucis demain dans la journée. Une bonne chose de faite, nous sommes quand même à 55 jours du départ, partis pour mettre 2 fois plus de temps que la normale ... Et toujours pas de poisson ...
Alors le bout du tunnel, peut être pas tout à fait, la météo en Méditerranée n'est pas terrible, terrible, à peine passer le détroit de Gibraltar les vents s'inversent, pile de face.
Nous n'avons plus de Gas Oil, nous n'avons fait que quelques heures de voiles depuis notre départ de Sao Miguel, il nous faut nous arrêter à Gibraltar refaire le plein.
Plein d'eau aussi, un robinet ouvert ... Plein de frais, pas de poisson égal plus de frais ...
J'ai le sentiment que Frédéric s'arrêterait bien un peu, visiter Gib, le caillou, il ne connait pas. Problème, demain c'est dimanche, il nous faut être sur d'arriver de jour pour le Gas Oil et tout le reste sera fermé. Par ailleurs les marinas de Gib sont minuscules, pas certain du tout que nous aurons de la place. Et surtout cela va dépendre de la météo. Si nous avons une chance de passer l'obstacle suivant, la mer d'Alboran, je ne ferai qu'un pit stop Gas Oil à Gib, on verra plus loin. Si par contre l'escale est "neutre", alors pourquoi pas, la suite risquant d'être un peu pénible, autant refaire les pleins, c'est bon pour le moral.
C'est un souci le moral, alors j'essaye de faire en sorte de ... Et cela semble fonctionner, puisque Roland et Frédéric semblent toujours très en forme, la traversée n'a pourtant pas été spécialement drôle ... C'est le moins que l'on puisse dire. A moins qu'ils ne jouent la comédie, dans ce cas rien à dire, ce sont de bons acteurs.
Quoiqu'il arrive, demain vous aurez sans doute des nouvelles, nous passerons à portée téléphonique, je déciderai de l'escale en fonction de la météo, je pourrai facilement en prendre une complète avec la 4G. Nous en saurons peut être un peu plus sur notre arrivée à Toulon, au mieux je dirai le 27, et encore je croise les doigts, et oui, nous n'avons pas encore explosé la Grand Voile mais ... Ça craque de partout.
Une dernière chose quant au téléphone, il se peut que Roland utilise le mien, un petit souci avec son code Pin, alors ne vous étonnez pas si vous recevez un appel d'un n° que vous ne connaissez pas forcément.
Je vous dis donc à très bientôt, tout le monde embrasse tout le monde

San Cristobal, le 20/8 à 15h45 TU : 36°20.18 N 008°00. 67 W à 118 NM de Tarifa

lundi 15 août 2016

San Cristobal, ne touchez plus à rien

Lundi 15 Aout

Décidément je manque à tous mes devoirs. Plus de nouvelles depuis, depuis si longtemps que je ne m'en souviens plus.
Je reprend donc mes notes et je m'aperçois que je vous avais laissé à 800 milles de Horta, le 25 juillet, avec encore l'espoir d'arriver à temps pour passer quelques jours en vacances en famille.
Espoir déçu, nous sommes encore en mer et si loin du but ... Notre espoir maintenant : arriver un jour !
Bon, j'ai quand même donné quelques nouvelles de ci de là, posté quelques photos, mais rapidement sur Face Book, tout le monde n'a pas Face Book.
Je vais donc reprendre pour ceux qui n'ont pas suivi.
Horta, nous y sommes arrivés, quelques jours sur place, réparation de la voile, le plein de frais, de Gas Oil et de tout ce qu'il faut. Le tour de l'ile, Frédéric a eu de la chance, il a fait beau et cette fois nous avons pu voir le fond de la caldeira. Une bonne surprise aussi, Roland qui est venu nous rejoindre, Roland et sa bonne humeur légendaire ...
Départ de Horta, un peu plus de 24 heures de mer, une mer formée, au prés, 21 noeuds de vent apparent, 3 ris (on ne peut pas dire que je surtoile) et craque, à nouveau la grand voile explose, elle est fatiguée, morte, cuite. Je choisi de faire demi tour, escale à Teircera, Praia Da Vitoria, une toute petite marina ou heureusement nous trouvons un voilier qui fait le nécessaire, un peu d'attente, nous sommes chanceux, nous sommes tombés en pleines festivités, lâché de taureau sur la plage, défilé et danse folklorique, feux d'artifice, une grande tente avec stands et restaurants proposant des produits et des spécialités des Açores et de tout le Portugal. Nous quittons la marina, les gens toujours aussi aimables, l'accueil, on me demande si j'ai apprécié mon séjour, évidemment c'est oui : "Alors ne le dites pas trop à vos amis", entre parenthèses "pas la peine que nous ayons trop de monde ..."
Et c'est reparti, encore plein d'espoir, espoir qui ne dure pas, encore une fois à peine 24 heures, le vent toujours au près mais dans l'autre sens, 18 noeuds apparents, 2 ris, et recraque ... À nouveau la voile complètement ouverte. Ce coup ci direction Sao Miguel, la plus grande des Açores, plus au sud, et la capitale Punta Delguada. Nouvel accueil aussi agréable, un nouveau voilier, qui me dit "je n'ai fait que ce qui avait cassé, le reste est mort", entre guillemet, à part une voile neuve, je me demande bien comment vous allez rentrer. Moi aussi ...
Le temps de la réparation nous laisse visiter, une ballade un peu rapide, une belle ile. Les Açores nous retiennent, ça doit être ça.
Bon, entre temps la météo évolue, les calmes s'installent et peut être du portant, pas trop fort, c'est reparti, et je touche du bois, "ne touchez plus à rien, s'il vous plaît".
Après 48 heures de moteur, un peu de vent, portant, à quelques degrés, pile comme il faut, 10/12 noeuds apparents à 115/120°, plus une mer plate, je ne dis plus rien, je croise les doigts, je fais des prières, des incantations, que sais je encore.
Alors de là à faire des prévisions ... 730 milles jusqu'à Gibralatar, on verra bien ... Un jour peut être ! Alors si vous voulez nous rendre service, prières et incantations, ajoutez y pêche, parce que là aussi c'est zéro pointé. Quant aux baleines, cachalots ou autres orques ... Dans les livres ? J'exagère un peu, quelques dauphins, 2/3 orques aperçues au loin, quelques souffles, probablement des cachalots, mais quand même, un grand désert.
Je vous laisse, le 15 Aout, à la plage ? Peut être en bateau ? Tout le monde embrasse tout le monde.

San Cristobal le 15/8 à 13h TU, 38°18.68 N 20°29.50 W à 726 NM de Tarifa

lundi 25 juillet 2016

San Cristobal, espoir et eau fraîche (plus un petit texte de Frédéric).

Lundi 25 juillet

L'espoir fait vivre, c'est bien connu, et heureusement parce que bientôt il ne nous restera plus que ça.
Espoir parce que nous avons encore du vent, pas franchement favorable, cela refuse de plus en plus, et après la pluie, nous avons maintenant le reaching dans une mer formée. Cela ne vous dit rien ? Si pour ceux qui connaissent, ils m'ont compris, ça veut dire que le bateau cogne dur et que les embruns giclent, bateau toujours fermé, rien ne sèche, mais même sous génois seul ça avance encore et tant mieux.
J'ai pu reprendre des fichiers, encore sans doute 2 jours comme ça, ensuite ? 500 milles en gros à inventer ? Je me creuse les méninges, aurons nous assez de fuel ? En fait la situation n'est pas catastrophique, après une période de calme le vent devrait revenir et nous permette d'atteindre les Açores au plus tard le 3. Mais je dois dire que j'aimerais arriver avant.
1 - Parce que j'aimerais passer quelques jours en vacances en famille
2 - Parce que question Gas Oil ça va être chaud. Quoi qu'il arrive nous sommes obligés de faire 1 h de moteur toutes les 2 heures (en gros) pour maintenir la charge des batteries, donc pas question de s'éterniser. Les batteries faiblissent, il nous faut démarrer le moteur de plus en plus souvent, et nous n'avons évidement plus la moindre jauge, alors nous notons soigneusement les heures moteurs et estimons ce qu'il nous reste, pourvu que nos calculs soient bons !
3 - Parce que espoir et eau fraîche, c'est bien gentil mais ça ne nourrit pas son homme. La pénurie nous guette, plus de sucre, dommage il nous reste des yaourts (sans sucre). Plus de frais, ah si encore un peu de jambon, quelques patates, oranges, pamplemousses, pommes, et toujours pas de poisson.
Plus de rhum, il y a longtemps, quelques bières, à raison d'une ou 2 par jours, 3 jours ?
Mais plus de cigarettes, ça c'est pas possible. Cela amuse Frédéric, il ne sait pas ce qui l'attend, je risque d'être de très, très mauvaise humeur.
Mais il garde le moral, à fond dans son projet qui nous occupe, "bourse aux idées" et il s'est même fendu d'un petit texte que je vous livre tel quel :

"Transat retour versus transat aller...

C'est ma deuxième transat. La première était une transat "aller" c'est à dire à bord d'un bateau neuf sortant d'un chantier en France et à livrer en l'occurrence aux Îles Vièrges. Celle-ci est une transat "retour" à bord d'un bateau récupéré après huit ans d'exploitation que l'on rapatrie en métropole. Deux expériences sur le même océan et pourtant assez différentes.
On prendra biensur une autre route en remontant d'abord vers le Nord Est pour rejoindre le Gulf Stream et s'écarter des zones cycloniques puis progressivement Est Nord Est en direction des Açores.
L'avitaillement à Cuba se fait dans des épiceries où l'on trouve le strict essentiel et des marchés où le cochon est livré au charcutier en pickup (pas vraiment réfrigéré). Par contre, il y a du rhum et le café a un arôme bien agréable...
Au départ d'une transat sur un bateau neuf, on teste, on cherche ce qui ne fonctionne pas. Sur San Cristobal, on cherche ce qui fonctionne encore ! Heureusement les Cubains sont des as de la bricole et du système D. Petit à petit, on rafistole, on resserre pas mal de vis et de boulons et on finit par se convaincre qu'on est prêt. Ça n'empêchera pas une escale aux Bahamas où nous avons été très gentiment accueillis par Bernard qui s'occupe de la base Dream Yachts Charters de Marsh Harbour et son épouse Marie-Anne. On rencontre aussi beaucoup d'Américains venus célébrer le 4 juillet en maillot de bain aux motifs du drapeau étoilé et en organisant une soirée autour de la piscine. Escale également aux Bermudes mais ce coup-ci, c'est surtout en raison de la météo. Ces escales impromptues repousse notre date d'arrivée à Toulon mais en ce qui me concerne, ce sont surtout des opportunités pour découvrir de nouvelles îles.
La vie à bord est différente aussi. Nous étions quatre pour ma première transat. Cette fois-ci c'est juste Christophe et moi. Nous manoeuvrons, regardons la météo et prenons nos repas ensemble. Sinon, quand Christophe veille sur le bateau, je dors et vice-versa, chacun dans sa coque de notre bi-coque."

Et voilà, nous vous laissons, à bientôt (peut être, j'espère, sans doute, un jour ?). Tout le monde embrasse tout le monde

San Cristobal le 25/7 à 15h30 TU : 38°19.50 N 45°35.26 W à 799 NM de Horta.

dimanche 24 juillet 2016

San Cristobal, train train quotidien

Dimanche 24 Juillet

Encore un Dimanche, 24 juillet, quasiment 3 semaines de retard sur le programme ... Mes vacances en famille s'éloignent de plus en plus, on ne se voit déjà pas beaucoup ...
Il nous faire vite, faire vite mais comment ?
Une seule chose, la météo, le vent, le courant, pourvu que cela soit favorable ... et je dois dire que depuis 2 jours ne nous plaignons pas, avec la GV nous aurions repris un peu de retard, sans ? Et bien au moins on avance.
Pour les spécialistes ou ceux qui regardent la météo, nous sommes juste devant un joli talweg qui s'avance en même temps que nous. Ce que nous avons ne correspond pas tout à fait aux fichiers, des calmes cette nuit, pas prévus, mais en gros c'est pas mal. Un truc qui correspond bien au fichier par contre c'est la pluie ... 2 jours sans interruption, de la vraie pluie, qui aplatit la mer, qui mouille vraiment, plus rien de sec à bord, les champignons poussent, les doigts de pieds se palment ... Et nous vivons enfermé.
Enfin un peu de soleil, ouf de l'air, l'occasion d'un post, et puis si ce vent peut durer ... Lectures, cinéma, et Frédéric a une idée, une idée de start Up ? Pas tout à fait, bien que, pourquoi pas ? Je lui garde la primeur. Toujours est t'il que cela nous occupe. La route est encore longue pour les Açores, si quelqu'un veux venir, une fois la GV réparée, je crois que je vais me mettre en mode régate pour essayer de rattraper un peu de retard, alors 1 ou 2 équipiers de plus serait de bienvenue.
En attendant, comme d'habitude, tout le monde embrasse tout le monde et nous vous souhaitons une bonne fin de Week End ou de bonnes vacances pour ceux qui y sont.

San Cristobal, le 24/7 à 19h35 TU : 37°49.81 N 48°06.61 W à 921 NM de Horta

vendredi 22 juillet 2016

San Cristobal, enfin des nouvelles

Vendredi 22 Juillet

Et elles ne sont pas bonnes, les nouvelles.
Je vous annonçais précédemment que nous envisagions une escale aux Bermudes. Ça c'est fait, j'y reviendrai, mais je vous faisais aussi part de mon inquiétude quant à la grand voile : "un sac qui risque d'exploser", et bien ça aussi c'est fait ...
Dans l'ordre, la météo n'a guère été favorable, pas ou peu de vent, quand il y en a, jamais beaucoup, de face ou surtout plein vent arrière. On se traîne. Escale obligatoire aux Bermudes, nous n'aurons jamais assez de Gas Oil pour aller directement aux Açores.
L'occasion donc de refaire les pleins, avitaillement compris, toujours pas de poissons, un petit frigo qui ne fait pas beaucoup de frais, quelques denrées fraîches sont de bienvenue.
Les Bermudes, c'est mignon tout plein, à la mode anglaise, je vous donnerai peut être des détails, mais qu'est ce que c'est cher ! Record battu, oublié Paris, la Polynésie et même les Bahamas, en gros c'est 2 fois plus cher que Paris.

Mais les Bermudes, du WIFI, l'occasion de prendre des nouvelles de France, et bien, le souffle coupé, premier titre, le drame de Nice. Pas grand chose à dire, plus de voix. Je retourne à mes petits soucis ... Et j'arrête de me plaindre ... Avec une pensée pour tous ces gens qui souffrent, à Nice, à Paris, Orlando, Bamako, j'en oublie, la litanie devient insupportable.

Les Bermudes, l'occasion de nettoyer un peu la carène, de revoir les moteurs et de faire une journée "Off". Toujours pas de vent, inutile de commencer par 2 jours de moteur, nous allons nous contenter d'une journée pour attraper un petit poil de vent, toujours trop vent arrière, mais on ne va pas s'éterniser non plus.
Progression lente mais régulière, et puis enfin des conditions plus favorables, ce n'est plus du vent arrière mais du largue qui doit refuser et forcir assez nettement. Nous sortons des contre courants, le bateau enfin retrouve des moyennes correctes, nous tenons le bon bout ?
Et bien non, ce matin le vent tombe, une mer résiduelle de travers, la voile bat, paf la grande latte saute à nouveau, c'est la quatrième ou cinquième fois, je sais la remettre, pas de vent, je bloque la voile dans l'axe pour pouvoir travailler, je n'y arrive pas, paf, la voile bat, repaf, bon tant pis, je vais pour affaler, je retourne au poste de barre pour démarrer les moteurs et me mettre bout, et là ?
Le haut de la GV est complètement parti, je n'ai rien entendu, même pas le hurlement de fatigue.
Et c'est embêtant, au dessus du 3ième ris, donc même pas possible de naviguer arisé, et à priori irréparable. Une laize est entièrement partie, ça encore ça irait, mais ensuite à la hauteur du renfort du ris, cela s'est découpé verticalement le long du renfort, puis horizontalement juste sous une latte, ça je ne peux rien faire.
Alors que faire justement ? Des prières ? Il ne nous reste plus que ça, le vent comme prévu est rentré, de travers, sous génois seul, 5 noeuds, et bien pourvu que ça dure, nous n'avons plus le choix.
Très certainement en train de battre un record de lenteur ...
J'espère que nous aurons assez de Gas Oil, pas certain, assez d'eau, peut être, assez à manger, pas certain non plus (d'autant plus, qu'une seule touche, une belle daurade, elle est là, sortie de l'eau, quasiment dans le bateau, le bas de ligne casse ... Grrrrr ... ).
Assez de Rhum, il y a longtemps que ce n'est qu'un souvenir ...
Assez de cigarettes, aie, aie, je ne crois pas ...
Je me demande bien dans quel état nous allons arriver, si nous arrivons ! Remarquez, Frédéric ne perd pas le moral, plus de cigarettes, ça l'arrange ... Plus rien à manger, ça va être moins drôle ...
Il nous reste de la lecture, c'est certain maintenant qu'avec juste le génois et les moteurs les quarts vont être cools. Je vais juste être très prudent avec le génois, pas question de l'abîmer, donc on va encore et encore se traîner ...
Allez, je vous laisse, j'espère que vous pensez un peu à nous, 2 hommes dans un bateau, une galère oui, mais si au moins on avait des rames ...
Tout le monde embrasse tout le monde.

San Cristobal, le 22/7 à 20h40 TU : 36°46.96 N 53°25.96 W à 1 183 NM de Horta

dimanche 10 juillet 2016

San Cristobal, Bermudes or not Bermudes

Dimanche 10 Juillet

Je vous ai laissé sur le grand banc des Bahamas il y a une semaine.
Depuis, comme prévu une escale aux Bahamas. Avec les bons outils c'est plus facile de réparer, en quelques heures, les réparations sont faites avec l'aide de l'équipe Dream sur place que je remercie encore. L'avitaillement, les pleins, nous nous accordons un Day Off. Une zone de calme entoure les Bahamas, alors ...
Un bon point pour San Cristobal, je me demandais si mon option Ouest, Yucatan était la bonne, aucun doute. 2 autres bateaux, un 50 et un 47, plus grands, plus rapides, partis je crois presque 2 semaines avant nous par l'Est et Windward ont finalement fait escale eux aussi à Marsh, avec pas mal de réparations et ne sont repartis que 3 jours avant notre arrivée, grosso modo, en 1 semaine ont leur a repris 10 jours, ça pourrait être pire ...
Toujours est t'il que je n'en ai pas fini avec le casse tête, quelle option, quelle bord choisir ?
Une météo pour le moins compliquée. Rien de grave, rien de dangereux, mais comment faire ?
Déjà, il me faut tenir compte de l'état de San Cristobal.
Le pilote, nous avons pu resserrer vis, fixation et tout le toutim, il marche mieux, mais pas de mode vent, il nous manque un cable, cable Furuno, j'ai du Garmin, du Brookes, du Raymarine, pas de Furuno, indisponible aux Bahamas. Du coup l'option plein vent arrière, voile en papillon est intenable sauf à rester en permanence la barre, à 2, vu l'âge du capitaine, ne rêvons pas.
La GV, là aussi j'ai pu refaire quelques réparations, retendre les lattes, rajuster le premier ris, mais définitivement elle est fatiguée et surtout trop grande, impossible à étarquer correctement, au delà de 12/13 noeuds apparents, c'est un sac qui risque d'exploser. Du coup ris obligatoire, alors des pannes sous génois lourd, 1 ris me mènent très loin de la route idéale.
Les moteurs, il y en a 1 que je ne peux plus utiliser si le réservoir est en dessous de 30% de remplissage et qui en plus à son réservoir de liquide de refroidissement percé, bon, il n'y avait pas que ça, le reste a été réparé, mais ça, on ne peut rien faire. Il faut donc que je ne vide pas complètement les réservoirs.
Reste les batteries, aucun doute, je n'ai pas de panneaux solaires, le technicien des Bahamas me l'a confirmé, fils sectionnés, plus de régulateurs. Du coup je n'ai que le moteur comme source d'électricité, raison de plus pour surveiller mon niveau de Gas Oil.
Bon, je vous embête, mais voilà, en tenant compte de ces éléments, de la météo, par où passer ? Au Nord, c'est certain, mais jusqu'où ? Il semblerait que la route idéale me fasse passer très Nord des Bermudes, mais une escale aux Bermudes pourrait être de bienvenue, refaire du Gas Oil et de la bouffe. Avec notre petit frigo le frais embarqué aux Bahamas est déjà presque fini, et décidément on ne pêche rien.
Les Bahamas, je pourrai vous en parler un peu non ? Je vais peut être laisser le soin à Frédéric, heureux de retrouver un petit bout d'Amérique, de se poser un peu, et il en a profité pour mettre en ligne un joli petit film, vous vous souvenez, Le Titien, sa première transat :

https://www.youtube.com/watch?v=sKQ7HijgNpE

Frédéric va bien, d'autant plus que finalement, j'ai choisi, on fait notre route, un peu nord de la route directe, cool sous génois seul. J'espère que l'on va pêcher, ça va pas bien vite ... Mais ça y va.
Il nous manque la télé, vous devez être nombreux devant non ? J'espère le résultat, bon en fait ça nous est un peu égal. Avec un bon Wifi, j'ai pu prendre pas mal de journaux aux Bahamas, Brexit, loi "ah la belle connerie", Macron, Valls ? Juppé, Sarkozy ? Oxit ? Les banques Italiennes, la France craque ? L'Europe craque ? La France championne d'Europe ?
San Cristobal, alors Bermudes ou pas ? En attendant tout le monde embrasse tout le monde et sans doute à bientôt ... On se traîne

San Cristobal, le 10/07/16 à 15h30 TU : 30°28.51 N 73°32.24 W à 2 256 NM de Horta

dimanche 3 juillet 2016

San Cristobal, arrête de de ramer, t'es sur un banc de sable

Dimanche 3 juillet

Et oui, nous sommes Dimanche, je me dois un petit mot, mais je vais être bref. C'est dans le titre, nous sommes sur un banc de sable, le grand banc des Bahamas, dans 2 petites heures nous devrions en sortir, et demain dans la journée atterrir à Marsh Harbour. En attendant, je suis un peu occupé à bien suivre mon cap, à consulter les différentes cartes. Je vais donc vous laisser. J'espère profiter de l'escale pour vous en dire plus, mais dans l'ensemble, rassurez vous, tout va bien, on survit.
Tout le monde embrasse tout le monde

San Cristobal le 3/7 à 18h45 TU : 25°28 N 78°16

mercredi 29 juin 2016

San Cristobal, un navire en mer

Mercredi 29 Juin 2016

Ça y est, je me décide, je reprend la plume. Je crois que je vous ai laissé avec Harmony à quelques jours de l'arrivée, c'est bien ça ?
Alors encore quelques ennuis, décidément jusqu'au bout le mat nous aura causé des soucis, la boîte à réa de la drisse de trinquette saute, une déchirure dans la GV à la hauteur de la barre de flèche, une de plus, mais celle là trop importante pour laisser la voile en place. Nous avons donc fini au moteur. Un peu dommage tout ces petits ennuis, sans ça cela aurait été une traversée presque sans histoire, en tout cas sans histoires de ... Poissons.
Je crois que le propriétaire est quand même content de retrouver son bateau, propriétaire qui me proposait gentiment de rester un peu remettre de l'ordre dans tout ça, mais à peine arrivé, en fait même avant, dès que mon portable accroche le réseau, un message en attente, "un bateau retour Cuba, ça t'intéresse ?". Ben évidemment ... C'est donc reparti, me voici à bord de San Cristobal.

Cuba. Vous connaissez, départ de Cienfuegos, comme avec Sénéque il y a 2 ans et Genéve l'année dernière.
Sur la base je retrouve Issandra III que j'avais emmené il y a déjà un moment et Victoria, un Catana 47, que j'avais traversé jusqu'en Martinique en Août (il y a ... longtemps ?) avec une "bande de jeunes", un de mes très bons souvenirs.

San Cristobal, ça aussi c'est plein de souvenirs, c'est un Catana 41, un des premiers, la coque 4, c'est avec ça que j'ai recommencé à faire du bateau, Ouessant, Hawaï, Albinoni, un tour d'Espagne, une transat, Tahiti, cette génération de bateaux, souvenirs, souvenirs. Bon à l'époque, ils étaient tout neufs, maintenant San Cristobal a 8 ans, ça ne marche plus tout à fait aussi bien, bon, nous ne sommes pas encore très loin, mais à priori pas de gros soucis.

"Nous", nous ne sommes que 2, Frédéric et moi, plein de place à bord.

Reprenons le cour des événements. Un vol le 22, à l'arrivée premier ennui, ma grosse valise avec "tout" dedans n'est pas là. 2 bonnes heures à attendre que le tapis se vide, puis le temps de trouver les réclamations, il semble qu'elle soit restée à Francfort. Cela va finalement me valoir une grosse inquiétude (d'autant que c'est un de mes cauchemars récurrents çà, la perte de mes bagages ... Il y a tout là dedans ... Le sac du marin. C'est un peu sa vie), 2 jours de perdus et un aller retour La Havane en supplément. Finalement je la récupère, ouf (mais quand même pas bravo à Condor, d'autant que j'avais quand même payé la modique somme de 160 € en bagages supplémentaires sur 2 tickets premium, tu parles de vols Low Cost!).

Nous profitons de ce contretemps pour préparer le bateau et pour une fois une petite ballade, Trinitad, patrimoine mondial de l'humanité, à 80 km de Cienfuegos, un peu bizarre, une ville où le temps c'est arrêté, mais ça vaut le déplacement.

Avant le départ, je me paye quand même une mauvaise chute, le grand capot du cockpit est ouvert je ne fais pas attention, et boum, me v'la avec le dos en vrac et en prime j'ai attrapé un bon gros rhume et oui ... N'importe quoi ...

Bon du coup, à 2, le capitaine transformé en vieux paralytique, je me dit "Tranquille". Donc je choisi de passer par le Yucatán. C'est toujours le dilemme au départ de Cienfuegos, il faut faire le tour de Cuba, alors soit passer par l'Est, Windward Passage, soit par l'Ouest, le détroit du Yucatán et le détroit de Floride.

L'Est c'est indéniablement plus court, le routage (toujours Weather 4D) indique 2 jours de moins, mais le routage n'intègre pas forcément tout.
Les orages d'abord, spectaculaires à cette saison, ils sont beaucoup plus violents à l'Est. Nous en avons quand même quelques uns, une tornade au loin, la première pour Frédéric, des nuits remplies d'éclairs, il y en a tellement que l'on ne sait plus d'où ça vient. Mais alors que nous approchons maintenant du Yucatán, c'est grand beau temps. Je crois qu'il ne fait pas très beau en France, chut, je n'en rajoute pas, vous allez être jaloux ... Toujours est il qu'à 2, Frédéric qui "apprend" encore ce bateau, et moi paralytique et toussotant, je crois que nous ne sommes pas plus mal par ici.
Le courant, ça aussi le routage ne l'intègre pas très bien, contraire dans Windward Passage, il est favorable dès maintenant, et quand je dis favorable, nous sommes encore à 100 milles du Yucatán, et c'est déjà 1 noeuds et demi qui nous pousse. Heureusement d'ailleurs, San Cristobal n'a que 2 petits moteurs, 30 Cv et de petites hélices bipales, de celles qui ne servent qu'à faire de la mayonnaise. Et une fois passé le Yucatán on embraye, la rivière, le fleuve, le monstre, le Gulf Stream ... Vavavoum ... Sauf que l'on va s'arrêter.

Et oui, quelque soit le côté choisit, on est quand même bon pour s'arrêter, au minimum pour refaire un plein de Gas Oil avant de traverser, mais dans notre cas, ces quelques jours de navigation permettent de déceler les petits défauts du bateau et nous n'avons guère d'outils pour réparer (Cuba est encore bien démuni), l'occasion de réparer, de faire un complément d'inventaire et de refaire de l'avitaillement ...
Pas de congélateur à bord, un frigo un peu poussif, nous avons été obligé de balancer toute la viande achetée à Cuba. Il n'y en avait pas beaucoup, mais à peine 24 h après le départ, c'est une infection ... Encore une fois, cela revient, il faut qu'on pêche.
En passant par le Nord donc, on se rapproche de Marsh Harbour, sur Great Abaco, ou Dream à une base, nous aurons donc toute la logistique sans trop perdre de temps. J'espère donc ne pas m'être trompé, mais j'ai le sentiment que finalement nous allons gagner du temps. 2 autres bateaux sont partis avant moi, plus gros, un 50 et un 47, passés par l'Est, j'ai cru comprendre qu'ils avaient fait un stop à Santiago et un autre aux Bahamas, on verra, ils sont censés allez plus vite et son partis bien avant nous. Mais cela va quand même me donner une idée.
Voilà vois savez tout ou presque tout, j'essaierai d'être plus régulier que ces derniers temps, mais je ne vous promet rien. Une dernière chose quand même avant de partir. Je vous l'ai dit, nous ne sommes que 2, avec 2 cabines de disponible, le bateau n'est pas tout neuf, tout neuf, mais bon, il y a pire (je ne donnerai pas d'exemple), nous arrivons en Juillet, les vacances pour certain, alors si quelqu'un parmi vous a envie de nous rejoindre, soit aux Bahamas, pour une traversée complète de l'Atlantique, nous y serons dans 5/6 jours, soit plus simplement aux Açores, pour une quinzaine de jours disons vers le 20 Juillet. Horta peut être mais si je peux j'essaierai bien Sao Miguel, donc ne vous génez pas, vous êtes nombreux à connaître mon mail en mer. Destination finale : Port Pin Rolland, dans la rade de Toulon. Les Açores, normalement, je dis bien normalement, à cette saison c'est sympa, hortensias en fleurs, baleines, cachalots, du thon au bout de la ligne ?
Je vous laisse, tout le monde embrasse tout le monde

San Cristobal le 29/6 : 21°28.48 N 84°04.34 W à 5 308 NM de Toulon

dimanche 5 juin 2016

Harmony, furieux

Dimanche 5 Mai

Je suis furieux, à peine écris ces quelques lignes ... Pleines d'espoir ? Allez, le vent diminue, même pour préparer une béarnaise autant caler le bateau, je déroule donc le génois, 17/18 noeuds réels, 13/14 apparents, rien de bien grave, avant de dérouler, coup d'œil dans le mat, tout à l'air d'aller bien, je déroule, oups, que ce passe t'il, drisse détendue ! Franck vient voir, rien d'anormal ? J'avais aussi vérifié, bon allez, je reprend un peu de drisse, et là Paf, drisse cassée, bilan, plus de génois, je met la trinquette, y'a encore un peu de vent, mais nous risquons de souffrir face au vent, ce fameux nordet dans le golfe ... Et pourtant, zut de zut, j'y ai fait attention cette drisse, des tours dans le génois en permanence, pour ne pas trop tirer. Satané mat trop souple, à mon avis à arrivée les gars de Z vont m'entendre, des noms ? ... Allez pas tout de suite Christophe, calme toi ... Bon toujours est t'il que c'est Dimanche, qu'au point où j'en suis ... Avec ma toute petite expérience de transat, Bénéteau, Lagoon même combat ... Mais pas fait pour traverser l'Atlantique ... Finalement sur ce bateau, on va avoir cassé tout ce que nous n'avons pas changé ... Ridicule.

Vous l'avez deviné, je suis de très mauvaise humeur, donc ETA, je sais plus, allez Samedi, mais je déteste casser ...

Harmony, à 653 NM de St Gilles

Harmony, bientôt l'écurie ?

Dimanche 5 Juin

Encore une fois ne vendons pas la peau de l'ours, mais quand même ... Nous approchons, un peu plus de 4 jours que nous avons quitté Horta et les Açores et déjà presque la moitié du chemin. Des conditions favorables donc, favorables mais pas forcément très confortables. Au début un peu de mer résiduelle après le coup de vent qui nous est passé dessus pendant notre escale. Une nuit de mauvais temps, beaucoup de pluie, quelques fortes rafales, des grains quoi, puis une très belle journée, gennaker pendant 24heures, sur une mer assez plate. Nous accrochons un flux de Sud Sud Ouest bien soutenu, la mer se forme de plus en plus, quelques grosses vagues maintenant, succession de belles éclaircies et de passages nuageux, le gennaker est roulé depuis un bon moment, 2/3 de génois, une petite GV, encore une nuit de grains, cela devrait durer jusqu'à demain matin.
Du coup pépères, et puis le bateau n'est pas très confortable, on se fait chahuter par les vagues, difficile de faire la cuisine, difficile d'écrire, je m'y reprend à 3 fois pour taper chaque mot. Avec ce vent variable, cela devient un peu lassant, on roule, on déroule, il pleut, on s'enferme, j'ai même essayé le chauffage, je crois que c'est la première fois que je fais ça en bateau ... Mettre le ciré, l'enlever ... Finalement il n'y a un endroit où je suis bien, la bannette à dévorer des polars ... Ou à ronfler comme un sonneur ?
Dehors, même quand il fait beau, c'est un peu la déception, à peine 3/4 souffles de baleines, le dos d'un grand rorqual, une vision très fugitive, quelques dauphins, quelques oiseaux, mais franchement dans ce coin, j'ai déjà vu mieux, beaucoup mieux. La pêche ? Un petit germon au début, à 2 cela nous fait quand même 3 repas. Ce midi, je ne renvoie pas trop de toile, je garde le bateau à plat pour permettre à Franck de nous faire sa spécialité : côtes de bœuf béarnaise et pommes de terres sautées ... Avec juste quelques oignons ... Ils nous reste pas mal de bonnes choses achetées aux Açores mais je dois dire qu'un ou 2 petits thons ... Et d'ailleurs en s'approchant, de plus en plus de bateaux, en particulier depuis hier une flotte de chalutiers Basques, ceux qui, dans le temps, pêchaient à la ligne le thon dans le golfe de Gascogne, pimpants, de toutes les couleurs, avec de grandes étraves évasées, de jolis bateaux, beaucoup plus loin qu'avant, que pêchent ils maintenant ?
À suivre ? Ce flux devrait lentement faiblir, une période de calme (il nous reste plein de fuel), après c'est un peu plus embêtant, il semble que nous ayons droit à du Nordet dans le golfe de Gascogne, bein évidement, il fallait bien que Murphy nous fasse un petit bonjour, le nordet que l'on attend quand on veut dégolfer, qui n'est jamais là, il est là quand on rentre ...
Bon cela ne devrait pas trop durer, j'espère que cela ne sera pas trop fort. Sans ça, je vous aurai dit à Vendredi, voir Jeudi, là c'est un peu moins certain, Vendredi au mieux, Samedi, c'est le plus probable, au pire Dimanche ?
Je vais reprendre une météo. Avec le Go, c'est super, ce truc, Sms, mails, météo, quasiment à volonté. Il faut juste que j'ai envie d'écrire et qu'il n'y ait pas trop de nuages ... Weather 4D pour le routage, un p'tit bug Olivier, je t'ai envoyé un mail ... mais vraiment avec ça, je met mon réveil à 3h14 du matin parce que je sais qu'il me faut le temps d'enfiler mon ciré, un grain passe à 3h19, il va falloir réduire ... j'exagère à peine ... je vous souhaite un bon Dimanche, une pensée pour ma fille, alors c'était bien ta fête ? Tout le monde embrasse tout le monde

Harmony, le 5/6 à 12h00 TU : 43°24.01 N 17°05.19 W à 672 NM de St Gilles